Société Accidents et congestion à Kinshasa : Judith Suminwa appelle à renforcer la sécurité routière
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Accidents et congestion à Kinshasa : Judith Suminwa appelle à renforcer la sécurité routière

Accidents et congestion à Kinshasa : Judith Suminwa appelle à renforcer la sécurité routière
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 1 DÉCEMBRE 2025 - 08:00 WAT · 4 min de lecture

Le gouvernement congolais, à travers la voix de sa Première ministre Judith Suminwa Tuluka, a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence alarmante des accidents de circulation à Kinshasa et dans d’autres agglomérations du pays.

Lors du conseil des ministres tenu le vendredi 28 novembre, la Cheffe de l’exécutif a notamment évoqué un dramatique accident- survenu le lundi 24 novembre 2025 sur la route de Matadi, dans la commune de Ngaliema-qui a coûté la vie à une dizaine de personnes et causé d’importants dégâts matériels. Le véhicule, chargé de matériaux de construction, s’est renversé, soulignant non seulement les risques liés à l’état des routes, mais aussi à l’état des véhicules.

Au nom du gouvernement, Mme Suminwa a adressé ses condoléances attristées aux familles endeuillées. Elle a condamné fermement cette situation et appelé les autorités compétentes-en particulier le vice-Premier ministre chargé des Transports, ainsi que les ministres de la Communication et des Infrastructures — à redoubler d’efforts. Elle a insisté sur la nécessité d’instaurer des contrôles techniques rigoureux pour tous les véhicules affectés au service public, assortis d’un suivi strict mené par les services compétents.

Un problème plus vaste : la sécurité routière mise en cause

Le drame de Ngaliema n’est pas un cas isolé. Selon un député provincial, de nombreux accidents mortels sur la route nationale 1 (RN1), notamment dans la zone dite « marché Matadi-Kibala », sont dus à plusieurs facteurs : circulations de véhicules en mauvais état, non respect du code de la route, absence de signalisation adéquate, manque de ralentisseurs, absence de barrières de sécurité…

À cela s’ajoute l’anarchie ambiante: des camions souvent rapides, parfois surchargés, des infrastructures routières dégradées ou mal entretenues-autant d’éléments qui fragilisent la sécurité des usagers.

Ainsi, l’appel de la Première ministre à des contrôles techniques réguliers n’intervient pas en vain. Il répond à un besoin urgent de responsabiliser les transporteurs, d’améliorer l’état des véhicules et des axes routiers, et de prévenir des tragédies évitables.

Mais l’urgence ne se limite pas aux accidents. La capitale congolaise connaît depuis plusieurs mois des embouteillages persistants, décrits par les usagers comme «insoutenables ».

Les causes sont multiples : croissance démographique effrénée, augmentation rapide du nombre de véhicules, insuffisance et vétusté des infrastructures, manque d’un système de transport public efficace, stationnement anarchique des poids lourds, absence d’un réseau routier cohérent, indiscipline et non-respect du code de la route.

Dans les rues de la ville, que ce soit le boulevard du 30 Juin, le boulevard Lumumba, l’avenue Sendwe, le boulevard Triomphal, l’axe Pont Cabus/Limete, ou encore les artères reliant Kintambo, Lemba, Ngaba, UPN-, les embouteillages constituent un fléau quotidien.

Pour les Kinois, c’est un calvaire : retards, fatigue, perte de productivité, réduction des moyens de transport disponibles, stress, impossibilité de planifier les déplacements… Ce chaos urbain affecte aussi bien les élèves et étudiants, que les travailleurs, les commerçants ou les fonctionnaires.

Face à cette double crise-accidents graves et embouteillages chroniques-le gouvernement a commencé à formaliser une stratégie d’urgence. Depuis le 25 septembre 2025, il prévoit une approche globale : réhabilitation des routes, construction de nouvelles voies, embellissement des artères, modernisation de la signalisation, amélioration de la sécurité routière, et renforcement de la régulation du trafic.

Le projet inclut également un renforcement de la régulation via des policiers, l’installation de feux de circulation intelligents et le déploiement de caméras aux carrefours stratégiques. La Commission nationale de prévention routière (CNPR) est chargée de mener des campagnes de sensibilisation pour encourager le respect du code de la route.

Ces mesures sont perçues comme indispensables pour alléger le chaos quotidien de la mobilité à Kinshasa, prévenir de nouveaux drames, et améliorer la qualité de vie des habitants.

Le drame de Ngaliema rappelle tragiquement ce que subissent quotidiennement des milliers de Kinois : un réseau routier surchargé, des infrastructures insuffisantes, des véhicules inadaptés, et trop souvent l’imprudence. La conjugaison des contrôles techniques rigoureux, de la modernisation des routes, de la régulation stricte de la circulation des poids lourds, et de la sensibilisation des usagers apparaît comme la seule voie crédible pour sortir de ce cercle vicieux.

Gilbert N.

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