Ebola en RDC : 5 656 cas confirmés et 2 715 décès au 24 août, une 58e zone de santé touchée au Bas-Uélé
Le rapport de situation n°102 de l'Institut national de santé publique, publié le 25 août, porte le bilan de la 17e épidémie à 5 656 cas confirmés et 2 715 décès au 24 août, soit une létalité de 48,0 %. Ganga, au Bas-Uélé, devient la 58e zone de santé touchée.
Ebola en RDC : 5 656 cas confirmés et 2 715 décès au 24 août, une 58e zone de santé touchée au Bas-Uélé
AFP
L’épidémie de maladie à virus Ebola, due à la souche Bundibugyo, a fait 2 715 morts pour 5 656 cas confirmés au 24 août, selon le rapport de situation n°102 de l’Institut national de santé publique (INSP), publié le 25 août. La létalité s’établit à 48,0 %. Le bulletin dénombre 1 245 guéris depuis le début de l’épidémie et 792 patients en isolement ou en centre de traitement.
Le 24 août, 72 nouvelles confirmations ont été enregistrées : 61 en Ituri, 7 au Nord-Kivu, 3 au Haut-Uélé et 1 au Bas-Uélé. Dix-huit d’entre elles sont des décès communautaires. Dix-sept décès sont survenus à l’intérieur des centres de traitement, dont seize en Ituri, et trente patients ont été déclarés guéris après deux résultats négatifs. Sur l’ensemble de l’épidémie, 60 % des décès surviennent hors des centres de traitement. Ganga, au Bas-Uélé, devient la 58e zone de santé touchée sur les 151 que comptent les six provinces concernées.
L’Ituri concentre 4 716 cas, le Nord-Kivu affiche la létalité la plus élevée
L’Ituri totalise 4 716 cas confirmés et 2 119 décès, soit 83 % des cas du pays et une létalité de 44,9 %, dans 28 de ses 36 zones de santé. Le Nord-Kivu compte 735 cas pour 501 décès, une létalité de 68,2 %, la plus élevée des six provinces, dans 13 de ses 34 zones de santé. Suivent le Haut-Uélé (184 cas, 85 décès), la Tshopo (15 cas, 8 décès), le Bas-Uélé (3 cas, 1 décès, 3 zones de santé sur 11) et le Sud-Kivu (3 cas, 1 décès), circonscrit à une seule de ses 34 zones de santé. Ni la Tshopo ni le Sud-Kivu n’ont rapporté de nouvelle confirmation le 24 août.
Le suivi des contacts s’établit à 80,9 %, en dessous du seuil de 85 %
Sur 24 106 contacts à suivre, 19 495 ont été vus le 24 août, soit 80,9 %. L’Ituri atteint 87,2 % (11 865 contacts vus sur 13 611), mais l’INSP relève un faible suivi au Haut-Uélé et au Bas-Uélé, lié à une insuffisance des équipes dédiées. Le bulletin fait état de 1 800 alertes enregistrées ce jour-là, dont 1 663 vérifiées ; sur ces dernières, 311 ont été validées comme cas suspects, toutes investiguées, et 175 transférées vers les centres de traitement. Aux points d’entrée, un corps sans vie intercepté au poste de Mangina, dans la zone de santé de Komanda, n’a pas pu être prélevé pour des raisons sécuritaires. L’INSP signale une pré-rupture de plusieurs intrants de prévention et contrôle de l’infection, qui retarde le briefing de 500 prestataires.
L’OMS demande une trêve de six mois aux belligérants du Nord-Est
À l’ouverture de la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, le 25 août à Addis Abeba, le directeur régional, le Dr Mohamed Yakub Janabi, a demandé une trêve humanitaire de six mois aux groupes armés qui s’affrontent dans le Nord-Est du pays. « Lorsque nous parvenons à atteindre les populations, nous stoppons la transmission. Lorsque nous ne le pouvons pas, le virus continue de se propager », a-t-il déclaré, selon Radio Okapi. Au 20 août, 158 professionnels de santé avaient été infectés et 45 étaient décédés.
Deux jours plus tôt, après la prière de l’Angélus, le pape Léon XIV avait dit sa préoccupation devant la propagation du virus en RDC. Sur son compte X, le souverain pontife a ajouté : « J’encourage la communauté internationale à réagir, en associant également les communautés locales aux efforts de prévention, afin de sauver de nombreuses vies humaines », propos rapportés par Vatican News.
70 000 doses d’Ervebo allouées, un vaccin homologué contre la seule souche Zaïre
L’OMS et Africa CDC ont rendu publique, le 20 août, l’allocation par le Groupe international de coordination de 70 000 doses d’Ervebo à la RDC : 20 000 pour un essai clinique de phase 3 sur la souche Bundibugyo, 50 000 pour les agents de première ligne et les personnels de santé. Le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a réceptionné le 21 août à l’aéroport de N’djili 16 520 doses, sur les 50 120 attendues entre le 21 et le 24 août. L’Ervebo est homologué contre la seule souche Zaïre, précise l’OMS, qui écrit qu’on ignore s’il protège l’être humain contre le virus Bundibugyo, des données de laboratoire et animales suggérant une protection possible. Le même 20 août, le gouvernement et ses partenaires ont lancé à Kinshasa l’initiative « Fleuve Congo Sans Ebola », qui vise à renforcer la surveillance le long du corridor fluvial reliant Kisangani à Kinshasa.
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