Agression dans l’Est : Bruxelles et Kigali en couteaux tirés
Agression dans l’Est : Bruxelles et Kigali en couteaux tirés
AFP
Des tensions montent d’un cran entre Kigali et Bruxelles, au lendemain d’une tentative d’un processus de paix amorcé par Luanda, capitale angolaise, dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Ce lundi, contre toute attente, le Rwanda est allé sur un front à ciel ouvert, annonçant décidément la rupture des relations diplomatiques avec la Belgique.
« le Gouvernement du Rwanda a notifié aujourd’hui le Gouvernement de Belgique de sa décision de rompre les relations diplomatiques, avec effet immédiat. Cette décision a été prise après une réflexion approfondie de plusieurs facteurs, tous liés aux tentatives pitoyables de la Belgique de maintenir ses illusions néocoloniales », a-t-on lu dans une déclaration rendue public par le Ministère des affaires étrangères du Rwanda.
Dans sa gibecière des griefs, Kigali pointe du doigt le régime belge de « miner » le Rwanda, bien avant et pendant le conflit en cours en République Démocratique du Congo, dans lequel, affirme Kigali, la Belgique détient un « rôle historique et profondément violent, notamment en agissant contre le Rwanda ».
Pour le régime Kagame, la décision d’aujourd’hui reflète l’engagement du Rwanda à protéger ses intérêts nationaux et la dignité des Rwandais, ainsi qu’à défendre les principes de souveraineté, de paix et de respect mutuel. Ainsi, Kigali a appelé tous les diplomates belges présents au Rwanda de quitter le pays dans un délai de 48 heures.
Une décision « disproportionnée »
La Belgique n’a pas tardé à réagir. Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a indiqué sur X que décision était « disproportionnée ». Bruxelles qui prévoit un traitement d’égal à égal à Kigali, a dit regretter la décision du Rwanda de rompre les relations diplomatiques avec la Belgique et de déclarer les diplomates belges persona non grata.
« Cette décision est disproportionnée et illustre que lorsque nous sommes en désaccord avec le Rwanda, il préfère ne pas dialoguer », a réagi Maxime Prévot.
À en croire ce diplomate belge, la Belgique va tout de même prendre des mesures notamment la convocation du chargé d’affaires rwandais a.i., la déclaration des diplomates rwandais persona non grata et la dénonciation de leurs accords de coopération gouvernementale.
Pendant ce temps, Luanda s’active dans une médiation entre les parties en conflit. Les rebelles du M23 ont annoncé le voyage d’une délégation de cinq représentants aux discussions directes ce mardi à Luanda. Kinshasa prévoit d’envoyer aussi une importante délégation, qui ira, selon des sources proches, écouter les revendications des rebelles.
Serge SINDANI
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