Politique Agression dans l’Est : Tshisekedi s’attend à des actions offensives de la Force régionale de l’EAC conformément à son mandat
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Agression dans l’Est : Tshisekedi s’attend à des actions offensives de la Force régionale de l’EAC conformément à son mandat

Agression dans l’Est : Tshisekedi s’attend à des actions offensives de la Force régionale de l’EAC conformément à son mandat
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 11 FÉVRIER 2023 - 10:31 WAT · 5 min de lecture

Le Chef de l’État, Félix Tshisekedi a, au cours de la quatre-vingt-sixième réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 10 février à la Cité de l’Union africaine, fait restitution de sa participation au 20ème Sommet extraordinaire de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) qui s’est déroulé à Bujumbura.

Invité par son homologue burundais Évariste Ndayishimiye, le Président de la République Félix Tshisekedi a pris part à ces assises qui avaient été consacrées à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo ainsi qu’à l’évaluation de la mise en œuvre de la feuille de route de Luanda signé le 23 novembre de l’année dernière dans le cadre de processus de Nairobi.

Dans sa lecture du compte-rendu de la quatre-vingt-sixième réunion du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a indiqué que comme tous les participants, le Président de la République a noté la non-observance de la feuille de route de Luanda par le M23 et de son mentor le Rwanda, ce qui est à la base de la dégradation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu.

« Il a été révélé par ailleurs des pesanteurs fonctionnelles qui affectent la Force régionale de la communauté d’Afrique de l’Est dans l’exécution de son mandat. A ce sujet, le Président de la République a fait remarquer sans équivoque que le mandat conféré à cette force est offensif, et ce, au terme des résolutions des conclaves des Chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est tenus à Nairobi en avril et juin 2022 ainsi que le communiqué final du mini-Sommet de Luanda », a expliqué le ministre de la Communication et médias.

De ce fait, l’opérationnalisation de la Force régionale devrait donc en principe ne pas s’écarter de la nature des termes du dit mandat.

« Il aurait donc dû s’en suivre comme convenu, le désarmement forcé des terroristes du M23 par ladite Force régionale à l’échéance du 15 janvier 2023, qui par ailleurs n’a pas été respecté. Consécutivement à la position de la République démocratique du Congo résumé par le communiqué du vice-Premier ministre des Affaires étrangères, il est clair que seul le respect strict des résolutions sus-évoqué ainsi que les termes du mandat de la Force régionale permettent de réaliser les conditions d’une paix durable et la confiance entre les États au sein de cette communauté régionale », a conclu Patrick Muyaya.

La Force régionale de plus en plus « contestée »

En début de cette semaine, les mouvements citoyens ont appelé à une journée ville morte à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, pour dénoncer « la passivité » de la Force régionale de l’EAC mais également exiger le « retrait de ladite Force ».

De son côté, le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso s’était entretenu le 08 février dernier avec le ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, Gilbert Kabanda accompagné du commandement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sur l’épineuse question relative à la présence de la Force régionale de l’EAC et son « inactivité » face à la progression du M23 dans le Nord-Kivu.

A cet effet, Christophe Mboso avait, au nom de la représentation nationale, demandé au Président de la République, commandant suprême des Forces armées « si dans un délai raisonnable, la Force régionale n’arrive pas à soutenir les Forces de défense du pays contre l’agresseur et que ses soldats se complaisent à soutenir où à aider les ennemis, nous demanderons au commandant suprême des forces armées qui est le Président de la République, Chef de l’État pour qu’il prenne la décision qui s’impose ».

Dans un communiqué de presse publié un jour plus tôt, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) indiquait que la Force régionale d’intervention de l’EAC, avait en lieu et place de défendre l’intégrité territoriale du pays et d’assurer la sécurité des populations meurtries, en collaboration avec les FARDC, constitue paradoxalement une « stratégie, mieux une arnaque politico-militaire dont le dessein est de participer à la balkanisation de la République démocratique du Congo, sous-couvert de l’EAC ».

Par conséquent, cette association dirigée par Georges Kapiamba avait appelé le gouvernement central à assurer le retrait, sans délai, des Forces régionales d’intervention de l’EAC déployées en République démocratique du Congo, « incapables de contenir l’activisme et l’avancée du M23 ».

Monge Junior Diama

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