Politique Après des crimes de guerre documentés, les États-Unis imposent des sanctions sévères à l’armée soudanaise
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Après des crimes de guerre documentés, les États-Unis imposent des sanctions sévères à l’armée soudanaise

Après des crimes de guerre documentés, les États-Unis imposent des sanctions sévères à l’armée soudanaise
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 23 MAI 2025 - 21:07 WAT · 3 min de lecture

Le Département d’État américain a annoncé jeudi une nouvelle série de sanctions ciblant l’armée soudanaise, après avoir confirmé l’utilisation d’armes chimiques par les forces gouvernementales dans le cadre du conflit civil en cours. Cette décision marque une escalade dans la réponse de Washington face aux atrocités commises contre les civils soudanais et traduit sa volonté de tenir les responsables pour compte.

À compter du 6 juin, les forces loyalistes à Abdel Fattah al-Burhan, retranchées à Port-Soudan, feront l’objet de mesures économiques punitives : restrictions à l’exportation, blocage des lignes de crédit, et embargo sur les équipements militaires. Ces mesures visent à perturber l’approvisionnement en armes du régime et à affaiblir ses capacités de répression.

Washington désigne désormais officiellement le gouvernement de Port-Soudan comme une « autorité de facto », lui refusant toute légitimité politique. Cette posture est en continuité avec la position adoptée sous les administrations Biden et Trump, qui tiennent Burhan pour principal responsable de l’éclatement de la guerre civile en avril 2023.

Crimes de guerre et usage d’armes prohibées

Les nouvelles sanctions américaines reposent sur un faisceau de preuves accablantes. Plusieurs rapports internationaux, corroborés par des organisations de défense des droits humains, ont documenté des crimes de guerre : exécutions sommaires, incinération de cadavres, attaques aveugles contre des zones civiles, et utilisation d’armes chimiques aux effets dévastateurs.

Entre la fin de 2024 et le début de 2025, les forces d’al-Burhan ont multiplié les attaques chimiques, provoquant des malformations congénitales, des maladies chroniques et des souffrances à long terme dans les zones visées. Lors de la bataille du Palais présidentiel en mars dernier, le porte-parole militaire Nabil Abdullah a implicitement reconnu ces actes, se vantant d’avoir « exterminé » des centaines de combattants des Forces de soutien rapide (RSF), ce qui a été interprété comme un aveu de l’utilisation de gaz toxiques par drones.

Les RSF accusent également l’armée soudanaise d’avoir utilisé des barils explosifs, notamment dans les États du Darfour, d’Al Jazira, de Khartoum et du Kordofan, visant délibérément des populations civiles.

Outre l’usage d’armes interdites, les forces de Port-Soudan ont également recouru à la famine comme tactique de guerre. Des sources onusiennes et des ONG rapportent des niveaux d’insécurité alimentaire sans précédent, aggravés par le blocus de l’aide humanitaire. Des milliers de civils sont privés de vivres, d’eau potable et de soins médicaux.

Malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement de Port-Soudan continue de nier l’existence de la famine, ce que les observateurs interprètent comme une stratégie de désinformation pour éluder les accusations internationales.

La communauté humanitaire redoute que ces sanctions, bien que justifiées, provoquent des représailles contre les civils ou contre les ONG sur le terrain. Déjà, plusieurs rapports signalent une intensification des restrictions contre les acteurs humanitaires, ainsi que la saisie et la revente illicite de l’aide internationale par des responsables du régime.

Face à l’ampleur des crimes, les analystes appellent la communauté internationale à dépasser le simple levier économique. Des initiatives locales s’organisent pour constituer un dossier judiciaire solide, compilant vidéos, enregistrements et témoignages sur les atrocités perpétrées par les forces de Port-Soudan et leurs milices alliées.

En l’absence d’une réponse coordonnée, préviennent les experts, les crimes pourraient se poursuivre dans l’impunité, prolongeant les souffrances d’un peuple déjà à bout.

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B
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