Diplomatie Ebola : Bruxelles rejette la demande de Washington de fermer les frontières de la RDC

Ebola : Bruxelles rejette la demande de Washington de fermer les frontières de la RDC

Alors que l’épidémie d’Ebola suscite des inquiétudes croissantes à l’approche de la Coupe du monde de football, la Belgique et l’Union européenne ont rejeté une demande des États-Unis visant à restreindre l’entrée sur leur territoire des ressortissants de la République démocratique du Congo, du Soudan du Sud et de l’Ouganda.

Ebola : Bruxelles rejette la demande de Washington de fermer les frontières de la RDC
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 11 JUIN 2026 - 08:26 WAT · 3 min de lecture

Selon des informations rapportées par Radio France Internationale (RFI), Washington a sollicité plusieurs pays européens afin qu’ils suspendent l’accueil de voyageurs en provenance de ces trois pays africains. Cette démarche aurait été menée par l’intermédiaire des diplomates américains en poste en Europe, notamment l’ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White.

Les autorités américaines craignent que l’épidémie d’Ebola ne se propage jusqu’à leur territoire via l’Europe, à l’occasion des importants flux de voyageurs attendus pour le Mondial de football. Selon plusieurs sources, Washington aurait également averti que les ressortissants des pays refusant d’appliquer ces restrictions pourraient eux-mêmes se voir refuser l’accès au territoire américain.

Réunis le 5 juin dernier, les ministres européens de la Santé ont examiné la réponse commune à apporter à cette requête. La proposition d’interdire l’entrée des Congolais, des Sud-Soudanais et des Ougandais dans l’Union européenne a été rapidement écartée. Les États membres ont convenu d’adopter une position unifiée face aux États-Unis.

La Belgique s’est particulièrement distinguée en exprimant publiquement son opposition à cette mesure. Le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, a dénoncé la démarche américaine, estimant qu’elle n’était ni justifiée ni conforme aux recommandations sanitaires internationales.

« Une interdiction d’entrée, personne ne propose cela en Europe. Et je vais aller encore plus loin. Les États-Unis, en tant que pays, portent une responsabilité écrasante dans ce qui se passe en Afrique, du fait qu’ils ont drastiquement réduit leur coopération au développement et leur aide médicale », a-t-il déclaré.

Pour l’heure, ni l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ni le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ne recommandent la fermeture des frontières ou la mise en quarantaine systématique des voyageurs en provenance des pays touchés par Ebola.

Fidèles à ces orientations, les pays de l’Union européenne privilégient plutôt le renforcement des dispositifs de surveillance sanitaire et des contrôles dans les aéroports, notamment au départ de la RDC et de l’Ouganda. Une approche qui vise à limiter les risques de propagation du virus tout en évitant des mesures jugées disproportionnées à l’encontre des populations concernées.

Silas MUNGINDA

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