Société Beni : l’Ouganda accusé d’intoxiquer la jeunesse avec de l’alcool interdit
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Beni : l’Ouganda accusé d’intoxiquer la jeunesse avec de l’alcool interdit

Des liqueurs fortement alcoolisés prohibés sur le marché ougandais et importés en RDC
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 16 JUILLET 2025 - 19:43 WAT · 3 min de lecture

Dans la région de Beni, au Nord-Kivu, un fléau aussi discret que ravageur mine silencieusement l’avenir de toute une génération : la consommation abusive de boissons fortement alcoolisées. Malgré leur interdiction formelle par les autorités congolaises, ces produits, souvent en provenance de l’Ouganda voisin, traversent illégalement les frontières et inondent les villages, entités rurales et quartiers urbains de Beni.

Dans les chefferies de Bashu et Watalinga, ainsi que dans les secteurs de Beni-Mbau et Rwenzori, ces boissons connaissent une popularité inquiétante chez les jeunes, première cible de ce poison social. Leur consommation excessive provoque non seulement des dégâts physiques, mais entraîne aussi un affaiblissement moral et intellectuel profond.

« Certains jeunes ont sombré dans la folie, d’autres sont morts après avoir abusé de ces boissons. C’est un désastre silencieux », confie un notable de Mutwanga sous anonymat.

Une arme déguisée ?

Pour plusieurs leaders communautaires, cette situation ne relève pas du simple commerce illicite. Elle est perçue comme une stratégie bien orchestrée visant à affaiblir la jeunesse congolaise, pilier du développement et de la sécurité nationale.

« Nos ennemis utilisent aujourd’hui l’alcool comme une arme. L’Ouganda, qui interdit la consommation de ces boissons chez lui, les laisse passer en RDC pour nous affaiblir. Quelle armée pouvons-nous espérer bâtir avec une jeunesse abrutie par l’alcool ? », dénonce Kambale Kaluma, responsable de la CECA 20 à Mutwanga Centre.

L’État appelé à agir urgemment

Face à cette menace, les voix s’élèvent pour réclamer une réaction ferme des autorités.

« Le silence des autorités est complice. Il faut interdire catégoriquement la commercialisation de ces produits et punir sévèrement les contrevenants », martèle Kambale Kaluma, appelant à une réponse rapide et coordonnée de l’État congolais.

Ce fléau alimente également la paresse, décourage le travail et érode l’espoir d’un avenir meilleur. Dans certaines zones, on voit des jeunes déjà ivres dès les premières heures du matin. Toutefois, tout n’est pas perdu :
« Il existe encore des jeunes qui se battent, qui s’engagent et participent activement à la sensibilisation contre ce phénomène. Dans nos églises, nous menons cette lutte avec les moyens du bord », souligne le pasteur Kaluma.

Les effets dévastateurs de l’alcool fort sur la santé

Les conséquences de cette consommation abusive sont bien documentées : troubles cognitifs, troubles de la mémoire, démence précoce, accidents, violence, perte de repères sociaux, marginalisation… Le tout sur fond d’une dépendance croissante, souvent irréversible.

La jeunesse de Beni, déjà éprouvée par les affres de l’insécurité et du terrorisme, est aujourd’hui menacée par une autre forme d’attaque : l’alcool fort. Un combat s’impose — celui de sauver l’avenir d’une génération en danger, avant qu’il ne soit trop tard.

Azarias Mokonzi

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