Santé Ebola en RDC : le bilan dépasse 200 morts pour 875 cas confirmés

Ebola en RDC : le bilan dépasse 200 morts pour 875 cas confirmés

L'Africa CDC a annoncé le 18 juin un bilan de 875 cas confirmés et 202 décès en RDC, un mois après la déclaration de l'épidémie. La riposte se renforce sans vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, mais l'OMS la juge encore loin du compte.

A man is carried from an ambulance as he arrives at Bunia General Referral Hospital following confirmation of an Ebola outbreak involving the Bundibugyo strain in Bunia, Ituri province, Democratic Republic of Congo, May 16, 2026. Picture taken with a mobile phone. REUTERS/Victoire Mukenge TPX IMAGES OF THE DAY
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 19 JUIN 2026 - 06:09 WAT · 3 min de lecture

BUNIA — Un peu plus d’un mois après sa déclaration, l’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo a franchi la barre des 200 morts. Le 18 juin, l’agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) a fait état de 875 cas confirmés et de 202 décès sur le sol congolais. La létalité parmi les cas confirmés avoisine 23 %.

Le rythme reste soutenu. Le dernier bilan consolidé de l’Institut national de santé publique (INSP) recensait 837 cas confirmés et 196 décès au 16 juin, répartis sur 31 zones de santé des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Ituri demeure l’épicentre. En Ouganda voisin, 19 cas, dont deux mortels, ont été confirmés.

Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola déclarée en RDC, la première due à la souche Bundibugyo. Cette souche ne dispose à ce jour d’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique : le vaccin Ervebo, déployé lors des précédentes flambées, ne protège que contre la souche Zaïre. La riposte repose donc sur les mesures éprouvées de santé publique : détection précoce, isolement, recherche des contacts, enterrements dignes et sécurisés.

Sur le terrain, les capacités ont nettement augmenté. Quelque 400 lits sont disponibles et quatre laboratoires fonctionnent, dont deux capables d’analyser près de 1 000 échantillons par jour. L’effort reste pourtant insuffisant, selon l’OMS. « Dans l’objectif que doit être cette riposte, sur une échelle de 0 à 10, je pourrais dire que nous sommes au niveau 3 ou 4 », a déclaré à ONU Info la Dre Marie Roseline Bélizaire, responsable de la réponse d’urgence de l’OMS pour l’Afrique.

Le profil des malades se déplace. Au début de l’épidémie, les hommes de 20 à 49 ans étaient les plus touchés ; ce sont désormais les femmes, et les cas augmentent chez les enfants. « Dans les épidémies de maladies infectieuses, les femmes sont généralement les plus touchées. Ce sont elles qui prennent soin des membres de leur famille, de leur mari, de leurs parents et de leurs enfants », explique la responsable de l’OMS.

La riposte se heurte à l’insécurité. Les conflits armés en Ituri et au Nord-Kivu entravent le transport des échantillons et la recherche des contacts. La méfiance d’une partie des communautés et les pratiques funéraires traditionnelles compliquent encore l’isolement des cas. Le taux de létalité provisoire, environ 23 %, demeure inférieur à la létalité historiquement attribuée à la souche Bundibugyo, entre 30 et 50 %. L’OMS, qui a déclaré le 17 mai une urgence de santé publique de portée internationale, juge le risque de propagation régionale élevé. Un numéro vert, le 151, permet de signaler tout cas suspect.

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B
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