Politique Bujumbura : pour G. Kambinga, l’opposition « se fait de la publicité » pour retrouver une existence politique
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Bujumbura : pour G. Kambinga, l’opposition « se fait de la publicité » pour retrouver une existence politique

Bujumbura : pour G. Kambinga, l’opposition « se fait de la publicité » pour retrouver une existence politique
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 17:11 WAT · 3 min de lecture

Le report de la marche de la coalition C64, initialement prévue le 8 juillet à Kinshasa, continue de susciter des commentaires et diverses lectures politiques. Alors qu’une délégation de cette plateforme de l’opposition est attendue à Bujumbura, au Burundi, sur invitation des autorités burundaises, certaines voix estiment que cette dynamique s’inscrit davantage dans une stratégie de repositionnement politique que dans une véritable logique de confrontation.

C’est notamment l’analyse de Germain Kambinga, président du regroupement politique Le Centre, qui voit dans les initiatives actuelles de l’opposition une tentative de reconstruire un leadership fragilisé, plutôt qu’une réelle volonté d’empêcher le processus de révision constitutionnelle.

Selon lui, l’opposition congolaise est consciente de ses limites actuelles. «L’opposition sait qu’elle ne peut pas empêcher cela. Parce que le peuple ne les suit pas et parce qu’ils n’ont pas les ressorts institutionnels », affirme-t-il, évoquant à la fois un déficit de popularité et l’absence de leviers politiques capables d’influencer les grandes décisions.

Le paysage institutionnel issu des dernières élections laisse, selon lui, peu de marge de manœuvre à l’opposition. Entre les défaites électorales des uns et le boycott du scrutin par les autres, celle-ci se retrouve largement marginalisée dans les institutions. En face, la majorité présidentielle dispose d’une confortable majorité avec plus de 450 députés à l’Assemblée nationale ainsi qu’une domination similaire au Sénat, ce qui lui permet de porter des réformes d’envergure, y compris sur le plan constitutionnel.

Dans cette optique, Germain Kambinga estime que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution est surtout utilisé comme un outil de visibilité politique.

«Ils essayent, dans une espèce de concurrence non dite, de courir vers un sujet qui, ils l’espèrent, va permettre de créer un nouveau leadership », explique-t-il, décrivant une opposition en quête de repositionnement face à une opinion publique qu’elle peine à mobiliser.

Pour cet ancien ministre, l’enjeu est avant tout de reconquérir une audience politique et de réaffirmer son existence dans un espace largement dominé par la majorité au pouvoir.

«Leur but, c’est de se dire : comment redevenir populaires ? Comment imposer notre existence à une population qui ne nous suit plus ? », poursuit-il, estimant que cette stratégie repose sur la mise en avant de sujets sensibles, à l’instar de la révision constitutionnelle.

Dans cette logique, le report de la marche de la C64 et le déplacement annoncé à Bujumbura s’inscrivent, selon lui, dans une stratégie de recherche de légitimité politique. À ses yeux, l’opposition « se fait de la publicité », cherchant à susciter des émotions et à capter l’attention à travers des scénarios politiques déjà éprouvés.

Il va plus loin en estimant que ces méthodes s’inscrivent dans une tradition politique façonnée au fil des années, y compris par l’actuelle majorité.

« Ils essayent d’exister, de se créer un leadership, dans l’espoir d’avoir peut-être demain le poids politique qui leur donnerait la possibilité d’agir et de réagir avec plus d’efficacité », insiste-t-il.

Au-delà de l’opposition, Germain Kambinga élargit son analyse à d’autres acteurs influents du débat public, notamment la CENCO, qu’il considère, dans ce contexte, comme des « alliés objectifs » participant, volontairement ou non, à cette dynamique politique.

Christian T. Ézéchiel

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