Mercato : comment le Mondial a rebattu les cartes des Léopards
Un mois de Coupe du monde a transformé plusieurs internationaux congolais en cibles du marché des transferts. Signatures, fins de contrat, cotes qui montent : état des lieux, joueur par joueur.
Mercato : comment le Mondial a rebattu les cartes des Léopards
AFP
Brian Cipenga a signé avant même de marquer. Le 25 juin 2026, l’ailier paraphe un contrat de trois ans, assorti d’une année en option, à l’UD Almería, pensionnaire de la deuxième division espagnole. Il arrive libre du CD Castellón, où deux saisons ont laissé 47 matchs, 9 buts et 10 passes décisives. Six jours plus tard, à Atlanta, il ouvre le score à la septième minute contre l’Angleterre. La RDC s’inclinera 2-1, éliminée en seizièmes de finale. Le timing résume l’époque. Un joueur inconnu du grand public la veille, buteur mondial le lendemain, déjà sous contrat ailleurs.
Le Mondial a fonctionné comme une vitrine, et Lionel Mpasi en est le cas d’école. Le gardien du Havre, doublure de Mory Diaw en Ligue 1, a disputé quatre matchs de la phase finale et multiplié les parades, cinq contre les seuls Anglais. Au coup de sifflet, Harry Kane a tenu à saluer son vis-à-vis : « Respect à lui », a déclaré l’attaquant anglais. Avant le tournoi, Mpasi fixait déjà le cap : « Une seule victoire peut suffire à donner une joie indescriptible au peuple congolais », confiait-il sur Radio Foot Internationale. Un mois plus tard, sa cote n’est plus celle d’un remplaçant.
Mbemba, le dossier qui traîne
Tous les cas ne se règlent pas à la même vitesse. Chancel Mbemba, capitaine des Léopards, trente ans, est libre depuis la fin de son contrat à l’Olympique de Marseille, au terme d’une saison blanche sans la moindre minute officielle. L’ancien du FC Porto n’a pas manqué de prétendants. Le Paris FC, promu en Ligue 1, a sondé le défenseur pour renforcer son arrière-garde, avant que le capitaine ne rebondisse au LOSC. À son âge et avec son statut, Mbemba a négocié moins un transfert qu’un dernier grand contrat.
La réserve avance derrière
Derrière ces noms, une génération de binationaux pousse. Sébastien Desabre a bâti sa qualification sur la stabilité plutôt que sur la révolution. Arnaud Kalimuendo à Rennes, Willy Kambwala à Villarreal, Samuel Mbangula à la Juventus, Senny Mayulu au Paris Saint-Germain : ces profils forment la réserve dans laquelle la sélection puisera pour les éliminatoires de la CAN 2027. Le tournoi leur a donné une valeur d’étalonnage. Un international qui a tenu tête à l’Angleterre pèse plus lourd, sur une fiche de club comme sur une table de négociation.
Reste la part d’incertitude. Une fin de contrat n’est pas une signature. Une cote qui grimpe n’est pas un chèque encaissé, et les valorisations qui circulent sur les bases de données spécialisées sont des estimations, pas des montants versés. Ce que le Mondial a changé tient en une ligne. Des joueurs que les recruteurs surveillaient de loin sont désormais regardés de près. Le prochain rendez-vous, dès septembre, dira lesquels ont transformé l’essai.
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