Économie RDC: 491 millions de dollars ratifiés le jour du constat sur les décaissements

RDC: 491 millions de dollars ratifiés le jour du constat sur les décaissements

Le Conseil des ministres du 14 août a adopté quatre accords avec l'IDA pour 491,3 millions de dollars, dont 475 millions de prêts, le jour où il constate 8,3 milliards de financements extérieurs non décaissés.

Doudou Fwamba, lors d’un échange avec la presse organisé par l’ASBL Toile d’Araignée. DROIT PHOTO TIERS
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 17 AOÛT 2026 - 14:08 WAT · 4 min de lecture

Le Conseil des ministres du 14 août a adopté quatre textes soumis par le ministre des Finances. Tous portent sur des accords conclus avec l’Association internationale de développement, le guichet concessionnel de la Banque mondiale. Additionnés, ils engagent la République démocratique du Congo pour 491,3 millions de dollars, dont 475 millions en prêts et 16,3 millions en dons.

Le détail est le suivant. Un financement additionnel de 200 millions de dollars « au titre du Financement additionnel du Projet d’autonomisation des Femmes entrepreneures et de mise à niveau des MPME pour la transformation économique en République Démocratique du Congo », par les accords de prêt A n°8077-ZR et B n°8078-ZR du 22 juin 2026. Un financement additionnel de 200 millions pour le « Projet d’urgence pour l’Equité et le Renforcement du Système Educatif en République Démocratique du Congo », par l’accord de prêt n°6692-ZR du 8 juin 2026. Un troisième prêt de 75 millions, « au titre du deuxième Financement Additionnel du Projet Multisectoriel de Nutrition et de Santé », par l’accord n°8119-ZR du 19 juin 2026. Pour le même projet de nutrition et de santé, un don de 6,3 millions et un second de 10 millions, tous deux du 19 juin 2026.

Les trois destinations sont donc l’entrepreneuriat des femmes et les petites entreprises, l’école, et la nutrition et la santé. Ce sont les postes que le budget de l’État finance mal : au 30 avril, le budget d’équipement s’exécutait à 0,24 %.

Le paradoxe de la même séance

Ces quatre ratifications ont été adoptées lors du Conseil qui a constaté, sur la foi d’une analyse de l’Inspection générale des finances, que le portefeuille actif des projets financés sur ressources extérieures atteint plus de 10,7 milliards de dollars. « Seuls 24,3 % des financements engagés ont été décaissés », rapporte le compte rendu. Plus de 8,3 milliards restent disponibles et non mobilisés.

L’État signe donc pour 491,3 millions de plus au moment où il établit que huit milliards déjà obtenus ne parviennent pas aux projets. Le président a réclamé le même jour un plan de redressement du taux de décaissement. Les quatre accords du 14 août viendront s’ajouter au portefeuille dont la lenteur vient d’être mesurée.

Trois des quatre textes sont des prêts, pour 475 millions de dollars. Ils augmentent la dette publique congolaise, à des conditions que le compte rendu ne détaille pas : ni taux, ni maturité, ni différé d’amortissement ne figurent dans le document. Le service de cette dette sera payé par le contribuable congolais, et il commencera à courir que les projets décaissent ou non.

Deux questions restent ouvertes. Les conditions financières exactes des trois prêts, d’abord. Le taux de décaissement des financements initiaux de TRANSFORME, du PERSE et du projet multisectoriel de nutrition et de santé, ensuite, puisque les quatre textes du 14 août sont des financements additionnels à des projets déjà en cours.

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