Santé Ebola en Ituri : plus de 300 enfants morts, et des services de santé qui se vident
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Ebola en Ituri : plus de 300 enfants morts, et des services de santé qui se vident

Au 2 août, l'UNICEF recense 743 cas confirmés et 330 décès d'Ebola chez les enfants en RDC. Recours aux soins en baisse de 42 %, vaccination en chute, déficit de financement de 89,9 millions.

Ebola en Ituri : plus de 300 enfants morts, et des services de santé qui se vident
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 10 AOÛT 2026 - 07:44 WAT · 3 min de lecture

L’UNICEF documente l’autre facture de l’épidémie : une chute de 42 % du recours aux soins dans les foyers les plus touchés, une vaccination en effondrement et des enfants qui paient le prix fort.

Un médecin de l’Ituri recevait 500 patients par mois avant la flambée. Aujourd’hui, ce chiffre est « quasiment tombé à zéro ». Le témoignage, rapporté par l’UNICEF dans un communiqué publié le 6 août depuis Bunia, résume le second front de l’épidémie d’Ebola : au-delà des morts qu’elle provoque, elle vide les centres de santé, et fait remonter les maladies qu’ils traitaient.

Les enfants en sont les premières victimes. Au 2 août, l’agence recensait 743 cas confirmés et 330 décès chez les moins de 18 ans. Ils représentent près d’un cas confirmé sur quatre, mais près d’un décès sur trois. Chez les moins de cinq ans, la létalité dépasse 60 % des cas confirmés, contre moins de 30 % chez les adultes.

La désertion des soins est mesurée. Entre avril et juin, dans les quatre principaux foyers de la province, Bunia, Mongbwalu, Nizi et Rwampara, le recours aux services de santé essentiels a chuté de 42 %. À l’échelle de l’Ituri, la baisse atteint près de 13 %, soit un recul du volume global des consultations de 140 921 à 123 142, sans équivalent saisonnier l’année précédente.

La vaccination de routine s’effondre dans les zones les plus exposées, où elle a été plus que divisée par deux. À Mongbwalu, épicentre de la flambée, l’administration de la première dose du vaccin contre la rougeole a chuté de 69 %. Sur l’ensemble de la province, plus de 23 000 doses de vaccins de routine en moins ont été administrées en mai et juin par rapport au mois d’avril.

La santé maternelle recule dans les mêmes proportions. Les accouchements assistés dans les structures de santé ont diminué de 13 % en Ituri, une baisse qui atteint 38 % à Bunia, 30 % à Rwampara et 70 % à Nizi. Les premières consultations prénatales ont, elles, reculé d’environ 28 % dans ces trois zones.

« Les données indiquent que la crainte d’être contaminées, conjuguée aux perturbations des services, dissuade de nombreux enfants et leurs familles de solliciter des soins », explique John Agbor, représentant de l’UNICEF en RDC. L’agence appuie son constat sur les données de routine de trente-six zones de santé de la province, croisées avec le bulletin quotidien du ministère de la Santé.

Pour l’UNICEF, le danger dépasse Ebola. « L’épidémie perturbe gravement l’ensemble du système de santé, avec des conséquences inévitables sur la prise en charge du paludisme, des maladies diarrhéiques et d’autres affections qui peuvent être traitées mais figurent parmi les principales causes de mortalité des enfants », avertit John Agbor, qui appelle à garder « des postes de santé ouverts, sûrs et dignes de confiance ». L’organisation dit avoir formé et déployé environ 13 000 acteurs communautaires, touché plus de 2,4 millions de personnes par des messages de prévention et effectué plus de 505 000 visites à domicile.

Le nerf de la riposte manque. L’UNICEF a porté son appel de fonds à 113,45 millions de dollars pour étendre ses interventions de 21 à 51 zones de santé touchées ou à haut risque. À ce jour, 23,5 millions ont été mobilisés, laissant un déficit de 89,9 millions. Sur le terrain, l’épidémie reste active : le centre des opérations d’urgence sanitaire dénombrait, au 6 août, 950 cas confirmés et 289 décès pour la seule ville de Bunia, épicentre provincial.

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B
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