Football Passeport léopard (6/12) : les « oui » qui ont changé le visage des Léopards
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Série Passeport léopard Partie 6 sur 12
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Partie 6 — Football

Passeport léopard (6/12) : les « oui » qui ont changé le visage des Léopards

En deux ans, une vague de binationaux formés en Europe a choisi la RDC. Desabre, Mokio, Pululu, la bascule U23 : anatomie d'une politique devenue le moteur des Léopards.

La Rédaction 14 juillet 2026
La Rédaction
Kinshasa - 14 JUILLET 2026 - 06:59 WAT · 3 min de lecture

En deux ans, une vague a modifié la carte d’identité de la sélection congolaise. Des joueurs nés et formés en Europe, longtemps happés par les sélections de jeunes belges, françaises ou néerlandaises, ont dit oui à la République démocratique du Congo. Le mouvement n’est plus anecdotique. Il est devenu une politique.

Sébastien Desabre en avait posé les mots dès juin 2025, en présentant l’un de ses renforts. « On l’a sollicité depuis un an, aujourd’hui, il est prêt à nous rejoindre », résumait le sélectionneur au sujet de Willy Kambwala. La méthode tient en trois temps: repérer tôt, courtiser longtemps, attendre le déclic. Chez les intéressés, ce déclic ressemble rarement à un calcul. « Une question de ressenti », disait Jorthy Mokio. « Je veux représenter la République démocratique du Congo », tranchait Afimico Pululu après avoir repoussé l’Angola.

Derrière les têtes d’affiche, une liste s’est allongée. Willy Kambwala, défenseur central né à Kinshasa et passé par Manchester United avant Villarreal, a été l’un des visages de cette bascule, honoré d’une première convocation en juin 2025. Warren Bondo, milieu de l’AC Milan prêté à Cremonese, formé à Nancy et international français chez les jeunes, a acté son choix fin 2025. Jean-Victor Makengo, relayeur du FC Lorient passé par les équipes de jeunes de France, a donné à son tour son accord pour les Léopards.

La vague ne se limite pas aux championnats majeurs. Marvin Kaleta, arrière droit formé à Manchester City et aujourd’hui à Rotherham, a déjà porté les couleurs congolaises en équipe de jeunes et parle le tshiluba, signe d’un attachement qui précède le maillot. Afimico Pululu, l’attaquant de Jagiellonia sacré champion de Pologne, a bouclé un long feuilleton avant d’être déclaré éligible début 2026.

Le signal le plus net est venu des catégories de jeunes. Au printemps 2026, la Fédération a convoqué pour le tournoi Maurice Revello une sélection U23 truffée de Belgo-Congolais: le défenseur Manoël Verhaeghe (RWDM), le milieu Ludovic Wola (Anderlecht), Joël Kana, cadet de Marco Kana et lui aussi passé par Anderlecht. Cette antichambre est devenue l’outil favori de la RDC: faire jouer les binationaux en U23, terrain qui n’engage pas définitivement, pour créer le lien avant l’équipe A. Le Congo y ajoute des profils venus d’ailleurs, comme Metinho, milieu défensif du Sparta Rotterdam, natif de Matadi.

Cette stratégie n’est pas née d’un hasard. Elle prolonge un choix assumé de faire de la diaspora un vivier, avec une détection précoce dans les académies européennes et un projet de statut particulier pour les binationaux. Après le Mondial, la sélection a fait de ce chantier une priorité, consciente que la génération suivante se gagne dans les bureaux et les salons familiaux autant que sur les pelouses.

Reste une nuance que la ferveur oublie souvent. Choisir la RDC ne signifie pas encore la représenter au plus haut niveau: ni Kambwala, ni Bondo, ni Pululu ne figuraient dans la liste finale du Mondial 2026. La vague des « oui » a rempli le réservoir. Il appartient maintenant au terrain de transformer ces promesses en Léopards.

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B
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