Sports Léopards: comment bâtir l’après-2026, le vrai chantier de Desabre
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Léopards: comment bâtir l’après-2026, le vrai chantier de Desabre

Approchez, mes frères. Le Mondial est fini, les larmes d'Atlanta séchées. Le Coach ne pleure pas sur le lait renversé, il compte les briques qui restent. Et il en reste de solides. Voici sur quoi bâtir.

Léopards: comment bâtir l’après-2026, le vrai chantier de Desabre
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 5 JUILLET 2026 - 00:30 WAT · 6 min de lecture

Cinquante-deux ans. Voilà le temps qu’a attendu ce pays entre le Zaïre de 1974 et cette bande de gamins qui, le 1er juillet 2026, a fait trembler l’Angleterre à Atlanta avant de tomber deux à un. On peut ruminer la défaite. Le Coach, lui, préfère regarder ce que ce tournoi a mis au jour, une ossature. Car un parcours mondial, ce n’est pas un feu d’artifice, c’est une radiographie. Elle nous a montré nos os. Certains sont en acier, d’autres commencent à fatiguer. Parlons des deux.

Le gardien, le capitaine, le buteur : les trois piliers déjà debout

Commençons par les fondations, celles qu’on ne rejoue pas chaque été. Dans les buts, Lionel Mpasi, trente et un ans, du Havre, a été la révélation du tournoi. Des arrêts décisifs devant Bellingham, un ballon de Rashford sorti sur sa ligne, un match de titan contre les Anglais. Un pays qui tient son gardien tient sa maison, et nous tenons le nôtre.

Devant lui, le capitaine Chancel Mbemba, la trentaine bien tassée, a fait ce qu’il fait depuis dix ans, il a commandé. C’est lui qui a transformé le penalty qui a sorti le Nigeria en barrage, à Rabat. Un patron. Et puis il y a Yoane Wissa, vingt-neuf ans, la pointe de Newcastle, notre référence offensive, celui qui a planté un doublé contre l’Ouzbékistan pour offrir à la RDC sa toute première victoire en Coupe du monde. Un gardien de classe, un capitaine de fer, un buteur de Premier League. Voilà trois briques posées. Le hic, mes frères, c’est qu’elles ont toutes passé la trentaine.

Le milieu de demain a vingt et un ans, et il joue déjà en Angleterre

Maintenant, la bonne nouvelle, celle qui fait sourire le vieux Coach dans sa toque. Le cœur du prochain projet ne se cherche pas, il est déjà là, et il a l’âge de mes petits-enfants. Noah Sadiki, vingt et un ans, milieu, joue à Sunderland après un joli chèque venu d’Union Saint-Gilloise. Ngal’ayel Mukau, vingt et un ans lui aussi, tient l’entrejeu à Lille. Deux garçons formés en Europe, déjà rodés à l’exigence, et dont le meilleur football est devant eux, pas derrière.

C’est sur ce socle-là qu’il faut construire, pas sur les gloires vieillissantes. Cette génération a une particularité, elle est largement binationale, née à Paris, à Bruxelles, à Anvers, à Manchester, et elle a choisi le léopard. Ce choix-là, il faut le chérir et le protéger, car d’autres sélections viendront chanter à l’oreille de nos pépites. Fidéliser Sadiki et Mukau pour la décennie qui vient, voilà un chantier aussi important qu’un recrutement.

Ce que le tournoi a caché, et le chantier que personne n’ose nommer

Le Coach ne va pas vous mentir en vous servant de la bière tiède. Il y a des trous. La charnière centrale a fait un beau Mondial, mais elle vieillit, et derrière Mbemba, il faudra bâtir. La profondeur de banc, cette réserve de fauves que Tuchel a lâchée contre nous à Atlanta, nous ne l’avons pas encore. Fiston Mayele, Meschack Elia, le revenant Cédric Bakambu à trente-cinq ans et désormais sans club, ce sont de bons soldats, mais l’avenir réclame du sang neuf à côté de Wissa. Bakambu, lui, a posé la barre après l’élimination. « On a fait cinquante-deux ans d’absence et on a su rétablir la vérité », a-t-il déclaré, avant d’ajouter son vœu. « Ce que moi je veux, c’est de voir le Congo tous les quatre ans à la Coupe du monde. » Voilà l’ambition. Reste à lui donner des jambes.

Et puis il y a la question que tout le pays murmure sans oser la poser fort. Sébastien Desabre. L’homme a fait un travail remarquable depuis 2022, une demi-finale de CAN, une qualification mondiale, un tour à élimination directe atteint au Mondial. Mais son contrat, celui de quatre ans qui visait précisément ce Mondial, arrive à son terme avec lui. Restera-t-il ? À l’heure où le Coach vous parle, la fédération n’a rien tranché publiquement. Bâtir un socle sans savoir qui tiendra la truelle, c’est bâtir sur du sable. La première décision de l’après-Mondial n’est pas un transfert, c’est une signature.

Le verdict du Coach

Le prochain rendez-vous ne nous laissera pas rêvasser. Dès septembre, les éliminatoires de la CAN 2027 démarrent, et la RDC est logée dans le groupe E, avec la Guinée équatoriale, la Sierra Leone et le Zimbabwe. Le règlement ne pardonne pas, il faudra finir en tête du groupe, ou tout près, selon le format que la CAF arrêtera. Après avoir goûté au Mondial, il serait indigne de rater la fête continentale.

Alors voici mon ordonnance, mes frères. On garde les trois piliers tant qu’ils tiennent, Mpasi, Mbemba, Wissa. On confie les clés du milieu aux gamins de vingt et un ans. On règle d’abord la question du sélectionneur, avant tout le reste. Et on n’oublie jamais la leçon d’Atlanta, ce n’est pas le talent qui nous a manqué, c’est l’expérience et la profondeur, deux choses qui s’achètent avec du temps et de la patience. Le sélectionneur lui-même, au coup de sifflet final, a choisi la sérénité plutôt que les lamentations. « On apprend, on continue à progresser et on poursuit notre route calmement », a déclaré Desabre. Le Coach veut bien signer cette phrase, à une condition, que ce soit encore lui qui tienne le volant sur la route en question. Le socle est là. Il est jeune, il est bon, il a fait trembler l’Angleterre. Maintenant, il faut un architecte qui reste. Le Coach a parlé. Et il boit à la santé de ces gamins.

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B
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