Après le Mondial, les Léopards de la RDC préparent l’avenir
Le parcours mondial des Léopards a rebattu les cartes. Desabre est maintenu, la CAN 2027 se profile, et une génération portée par la diaspora entre dans une phase charnière.
Après le Mondial, les Léopards de la RDC préparent l’avenir
AFP
La question du banc, elle, est tranchée. Le 3 juillet 2026, le président Félix Tshisekedi a confirmé le maintien de Sébastien Desabre à la tête des Léopards, au lendemain de l’élimination en seizièmes de finale face à l’Angleterre. Il s’agit d’une déclaration de confiance présidentielle, non de la signature d’un nouveau contrat. Le technicien français est en poste depuis 2022, avec à son actif une quatrième place à la Coupe d’Afrique des nations 2023 et la qualification pour le Mondial, obtenue au printemps par un barrage remporté contre la Jamaïque.
La suite est déjà au calendrier. La RDC disputera les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027, dans un groupe E qui la place face à la Guinée équatoriale, à la Sierra Leone et au Zimbabwe. Les matchs s’étaleront de septembre 2026 à mars 2027, les deux premiers de chaque groupe se qualifiant pour la phase finale, prévue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda du 19 juin au 17 juillet 2027. Pour les éliminatoires du Mondial 2030, en revanche, aucun calendrier africain n’a encore été fixé, le processus de la Confédération n’étant pas lancé.
Le vrai chantier est celui de la génération. L’ossature qui a brillé au Mondial repose largement sur des binationaux issus de la diaspora, un modèle que la quatrième place de 2023 a contribué à consolider en convainquant des joueurs hésitants. Or plusieurs cadres avancent en âge. L’attaquant Cédric Bakambu, recordman de buts et pivot du recrutement, a dépassé la trentaine bien avancée, tout comme le défenseur Chancel Mbemba, joueur le plus capé de la sélection. Le cœur de l’effectif, lui, reste dans la force de l’âge, de l’attaquant Yoane Wissa aux latéraux Aaron Wan-Bissaka et Axel Tuanzebe, arrivés récemment.
La relève, elle, existe déjà. Le gardien Matthieu Epolo, vingt ans, formé au Standard de Liège, était le plus jeune de la liste mondiale. Entre les cadres sur le déclin et cette jeunesse, Desabre devra gérer une transition sans casser la dynamique. « Le football congolais se construit ainsi. On apprend, on continue à progresser et on poursuit notre route calmement », a résumé le sélectionneur après l’élimination.
Reste un débat de fond, que le Mondial a ravivé. Le choix se pose entre continuer de bâtir la sélection sur la diaspora, plus expérimentée et immédiatement compétitive, et investir davantage dans le championnat local et la formation, pour ne pas dépendre des passeports européens. Les deux voies ne s’excluent pas, mais elles supposent des choix, sur les infrastructures, les centres de formation et la professionnalisation de la ligue nationale.
Pour Kinshasa, l’après-Mondial est un moment de vérité. Garder Desabre et viser la Coupe d’Afrique donne un cap, mais un cap ne remplace pas une politique. Capitaliser sur cette génération, c’est préparer sa succession autant que célébrer son présent. Les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient exister au plus haut niveau. Il leur reste à prouver qu’ils peuvent y rester, une fois passée l’ivresse de l’été.
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