De Doha à Washington: Muyaya appelle les étudiants à s’approprier le narratif congolais pour une paix durable
De Doha à Washington: Muyaya appelle les étudiants à s’approprier le narratif congolais pour une paix durable
AFP
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a animé, ce mercredi 23 juillet, une conférence-débat à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) sur le thème : « Au cœur du processus de pacification de la RDC : Comprendre pour agir, l’appropriation du narratif congolais par la jeunesse pour la construction d’une paix durable ».
Devant un public composé du Recteur de l’UNIKIN, de professeurs, de députés provinciaux, de journalistes et d’étudiants, le porte-parole du gouvernement a livré une intervention marquante sur les enjeux du conflit en RDC, l’importance du récit national, le dialogue interne, ainsi que les récents processus diplomatiques en cours.
« L’origine de la crise, c’est l’agression extérieure »
Patrick Muyaya a rappelé sans détour que l’instabilité à l’Est de la RDC trouve son origine dans l’agression du pays par le Rwanda, appuyée par plusieurs rapports onusiens. « Tous les six mois, les rapports du Groupe d’experts des Nations Unies sont clairs : c’est le Rwanda. Mais ce que Kagame a réussi à faire, c’est de nous diviser, en s’appuyant sur certains Congolais qui trahissent la patrie », a-t-il martelé.

Le ministre a appelé à une prise de conscience collective, surtout chez les jeunes, dénonçant les discours relativisant cette agression. « Ce n’est pas parce qu’on a des frustrations qu’il faut aller chercher des armes de l’ennemi pour revenir tuer des Congolais et prétendre accéder au pouvoir. C’est inacceptable. »
Ouverture au dialogue, mais avec des lignes rouges
Évoquant l’éventualité d’un dialogue national interne, Patrick Muyaya s’est montré favorable, à condition de respecter certaines balises fondamentales. « Le Président de la République n’est pas opposé à l’idée de discuter avec d’autres compatriotes. Mais il faut se mettre d’accord sur l’essentiel : l’intégrité territoriale de la RDC n’est pas négociable. »
Il a aussi insisté sur le respect de la volonté populaire exprimée lors des élections de 2023 : « Aucune revendication politique ne peut justifier la violence contre la nation. »
Le processus de Doha et les engagements diplomatiques

Revenant sur les récentes avancées diplomatiques, le ministre Patrick Muyaya a retracé les différentes étapes ayant mené à la signature d’un accord de paix à Washington, précédé d’une rencontre décisive entre les présidents Tshisekedi et Kagame à Doha, sous la médiation de l’émir du Qatar.
« Le Qatar, soucieux de sécuriser ses investissements dans la région, a favorisé ce processus. Et tant que la paix n’apportera pas de résultats concrets, le Rwanda restera sous sanctions », a rappelé Patrick Muyaya.
Il a également appelé à une lecture sérieuse des textes fondateurs du processus de paix : la feuille de route de Luanda (novembre 2022), la déclaration du 18 mars 2025 à Doha, le communiqué du 23 avril entre le gouvernement congolais et le M23, ainsi que la Déclaration de principes signée à Washington le 25 avril entre la RDC et le Rwanda.
Une jeunesse responsable face à l’histoire
S’adressant aux étudiants, le ministre a lancé un vibrant appel à l’engagement intellectuel et patriotique : « Vous êtes les lumières. Vous avez le devoir d’éclairer les autres. Le moment n’est plus à la polémique, mais à l’application des solutions trouvées. »
Il a souligné le rôle historique et stratégique de la RDC dans le monde : « Notre forêt contribue à l’équilibre climatique mondial. Nos ressources sont convoitées. Mais nous devons préserver notre souveraineté et refuser toute forme d’imposition étrangère. »

Avec cette conférence, Patrick Muyaya a non seulement réaffirmé les positions de l’État congolais dans le processus de paix, mais il a surtout mis en lumière le rôle crucial de la jeunesse dans la construction d’un narratif national solide et fédérateur.
Christian Okende
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