Les défis de Douglas Carpenter, nouvel ambassadeur de l’UE en RDC
Bruxelles a nommé Douglas Carpenter ambassadeur de l'UE en RDC. Ancien ambassadeur en Centrafrique, il prendra ses fonctions après l'agrément de Kinshasa.
Les défis de Douglas Carpenter, nouvel ambassadeur de l’UE en RDC
AFP
Le 3 juin, en rendant publique une série de nominations diplomatiques, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a désigné Douglas Carpenter pour diriger la délégation de l’UE à Kinshasa. Le diplomate n’a pas encore présenté ses lettres de créance au président Félix Tshisekedi. Sa prise de fonctions dépend d’une formalité que Bruxelles rappelle dans le même document : elle interviendra après réception de l’agrément des autorités du pays hôte, au titre de la rotation 2026 des ambassadeurs européens. Entre-temps, c’est un dossier qui n’attend pas qui l’accueille, la guerre dans l’est.
Carpenter n’est pas un inconnu du continent. Selon l’annonce du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), il a occupé le poste de chef de division au quartier général des opérations civiles de l’Union, et, avant cela, celui d’ambassadeur de l’UE en République centrafricaine, où il était aussi accrédité auprès de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. À Bangui comme à Kinshasa, la mission relève du même métier, représenter une Union de vingt-sept États dont les intérêts et les prudences ne se recouvrent pas toujours.
Il succède à Nicolás Berlanga-Martinez. L’Espagnol, passé par les délégations européennes au Togo et en Somalie, avait présenté ses lettres de créance au président Tshisekedi le 11 janvier 2024. Sur le site de la délégation, il vantait un lien ancien entre l’Europe et le Congo, « un partenariat dynamique de plus de 60 ans » nourri dans des secteurs comme la santé et l’éducation. Ce vocabulaire du partenariat, son successeur va devoir le tenir devant une opinion congolaise qui juge l’Union sur un autre terrain, celui du conflit à l’est.
Sur ce terrain, la position européenne tient dans une suite de communiqués. Le plus net remonte au 13 mars, au lendemain d’une frappe de drone sur Goma qui avait coûté la vie à plusieurs civils, dont une humanitaire française de l’UNICEF. Dans une déclaration conjointe, Kaja Kallas et la commissaire Hadja Lahbib ont condamné l’attaque et réclamé une enquête indépendante. « L’Union européenne appelle à la désescalade et au respect du cessez-le-feu », écrivaient-elles, exhortant les parties « à respecter les engagement pris et à poursuivre les efforts entrepris dans le cadre des processus de Washington et de Doha ». Ces deux cadres, l’accord conclu à Washington entre Kinshasa et Kigali et les discussions parrainées par le Qatar, structurent la diplomatie de sortie de crise sans avoir fait taire les armes.
C’est là que se mesurera le mandat qui s’ouvre. L’Union dit soutenir l’intégrité territoriale de la RDC et le règlement pacifique des différends. Elle entretient aussi des intérêts, autour des minerais critiques notamment, qui la conduisent à ménager plusieurs capitales de la région. Cette ligne d’équilibre, tenue à distance depuis Bruxelles, devra désormais s’expliquer à Kinshasa, où beaucoup attendent des actes davantage que des formules protocolaires.
En attendant la présentation des lettres de créance, la délégation européenne est dirigée par un chargé d’affaires. La date de l’accréditation de Carpenter, elle, n’a pas été rendue publique. Elle dira quand commence vraiment, pour l’Union, la séquence congolaise ouverte le 3 juin à Bruxelles.
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