Politique Détention de Shadary et Minaku : Maître Jean Mbuyu appelle le président Tshisekedi à « mettre fin aux agissements du Conseil national de cyberdéfense »
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Détention de Shadary et Minaku : Maître Jean Mbuyu appelle le président Tshisekedi à « mettre fin aux agissements du Conseil national de cyberdéfense »

Détention de Shadary et Minaku : Maître Jean Mbuyu appelle le président Tshisekedi à « mettre fin aux agissements du Conseil national de cyberdéfense »
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 29 JUILLET 2026 - 15:58 WAT · 4 min de lecture

L’avocat de Ramazani Shadary et Aubin Minaku désigne le sommet de l’État. Maître Jean Mbuyu, qui coordonne le collectif de défense des deux cadres du parti de Joseph Kabila, estime que seul le président de la République peut mettre fin aux agissements du Conseil national de cyberdéfense, la structure rattachée à la présidence qui détient ses clients depuis janvier 2026, sans procès. Il y voit le nœud d’une affaire où, selon lui, la justice a été mise hors jeu.

Me Mbuyu reproche au Conseil national de cyberdéfense, le CNC, d’avoir procédé aux arrestations en s’affranchissant du ministère de la Justice et des autorités judiciaires compétentes. Une pratique qui violerait, selon lui, les articles 17, 18 et 19 de la Constitution, garants des droits fondamentaux, dont celui de l’assistance d’un avocat dès l’enquête policière. L’avocat affirme avoir saisi les autorités judiciaires comme les services de sécurité, sans obtenir de réponse. Il appelle donc le chef de l’État, qu’il juge seul habilité à agir en sa qualité de garant du fonctionnement des institutions et placé hors de toute responsabilité devant le Parlement, à laisser la justice fonctionner, contre ce qu’il qualifie de « prolifération » d’agences échappant au contrôle légal.

Ces arrestations remontent au début de l’année. En janvier 2026, Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, Aubin Minaku, vice-président du parti et ancien président de l’Assemblée nationale, ainsi que le secrétaire national à la mobilisation Dunia Kilanga, ont été interpellés à leur domicile et placés en détention sous l’autorité du CNC. Plus de huit mois plus tard, aucun procès ne s’est tenu et les charges retenues n’ont pas été rendues publiques. La défense et les familles dénoncent un isolement total, l’épouse de M. Minaku ayant décrit des conditions de détention « éprouvantes ».

La mise en cause du CNC dépasse le seul cercle de la défense. Créé par Félix Tshisekedi et rattaché à la présidence, l’organe fait l’objet de critiques répétées. En avril, le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a alerté sur la détention de quarante-deux membres de partis politiques depuis janvier, certains dans des centres clandestins gérés par le CNC. Des organisations de la société civile ont qualifié le Conseil de « bras séculier de la répression », et Human Rights Watch a dénoncé la multiplication des arrestations visant l’opposition, les journalistes et les proches de l’ancien président.

Le pouvoir, lui, récuse la lecture d’une justice instrumentalisée. Interrogé plus tôt dans l’année sur les interpellations dénoncées par l’opposition, le ministre de la Justice Guillaume Ngefa avait répondu que « tout citoyen qui enfreint la loi doit en répondre ». Les autorités présentent ces procédures comme relevant de l’application de la loi, non d’une répression politique, sans toutefois exposer publiquement les faits reprochés aux détenus, qui bénéficient de la présomption d’innocence.

En s’adressant directement au président, Me Mbuyu déplace le débat du terrain judiciaire vers celui de la responsabilité politique. Son argument, qui fait du chef de l’État le seul recours face à un organe placé sous son autorité, pose une question qui dépasse le sort de ses clients, celle du contrôle des structures sécuritaires rattachées à la présidence, au moment où la RDC débat de l’état de ses institutions.

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B
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