RDC : après sa rupture avec le MLC, Me Djagast Djamba lance un courant fondé sur le souverainisme congolais
L'avocat annonce un courant de pensée plutôt qu'un parti, avec une structure tournée en priorité vers les questions sécuritaires. « Penser, former, avant de prétendre diriger. »
RDC : après sa rupture avec le MLC, Me Djagast Djamba lance un courant fondé sur le souverainisme congolais
AFP
Me Djagast Djamba a annoncé, mercredi 26 août à Kinshasa, la création d’un courant politique fondé sur le souverainisme congolais. L’avocat et acteur politique venait de rompre ses amarres avec le Mouvement de libération du Congo, le parti de Jean-Pierre Bemba.
Sa démarche n’est pas celle d’un nouveau parti. Lors d’un point de presse, il a tenu à écarter d’emblée cette lecture. « Je ne suis pas en train de vouloir supprimer le pluralisme politique, ni m’attaquer aux partis politiques. Je veux que le souverainisme soit le socle qui gouverne et qui dirige », a-t-il déclaré. Le concept doit selon lui s’imposer comme un courant de pensée, capable de dépasser les discours et les débats théoriques.
Penser et former avant de prétendre diriger
L’ordre des étapes qu’il propose est explicite. « Au lieu de créer un parti politique, parce que je suis un acteur politique, je veux d’abord asseoir avant tout un courant qui aura d’abord pour vocation de penser, de former, avant de prétendre diriger », a-t-il expliqué.
Il dit son irritation devant le parcours de certains diplômés. « Lorsque je vois des personnes, une fois terminée l’université, où d’ailleurs elles sont formées comme chercheurs dans un État qui a besoin d’ouvriers et de cadres, vouloir devenir ministre sans jamais avoir travaillé… C’est pourquoi, à un moment, nous devons penser puissance congolaise au lieu et place de puissance des animateurs politiques. Nous devons penser puissance structurelle étatique au lieu et place de puissance partisane. »
L’opposition qu’il pose entre la puissance de l’État et celle des appareils partisans est le cœur de son argument. Elle revient à dire que la faiblesse congolaise ne tiendrait pas au nombre d’acteurs politiques, mais à la solidité des structures qu’ils occupent.
Une structure annoncée, tournée vers la sécurité
Pour donner corps à cette vision, Me Djamba annonce la mise en place prochaine d’un cadre formel, chargé de porter la doctrine souverainiste par des travaux de réflexion. Cette structure se penchera en priorité sur les questions sécuritaires et sur les autres enjeux stratégiques de la République démocratique du Congo.
Le terrain choisi n’est pas neutre. Il recoupe celui sur lequel le chef de l’État s’est exprimé une semaine plus tôt, en clôture des dix ans du Collège des hautes études de stratégie et de défense : « Lorsqu’une Nation renonce à penser elle-même sa sécurité, d’autres finiront par la penser à sa place ». Le vocabulaire de la souveraineté traverse aujourd’hui l’ensemble du champ politique congolais, du pouvoir aux formations qui s’en séparent.
Trois éléments manquent pour situer précisément cette initiative. La date et les motifs de la rupture avec le Mouvement de libération du Congo n’ont pas été détaillés, le nom et la forme juridique de la structure annoncée n’ont pas été communiqués, et aucun calendrier n’a été donné pour son installation.
Azarias Mokonzi
Ultimatum C64 du 15 août : ce qui s’est vraiment passé en coulisses et les « opérations chirurgicales » annoncées
Nord-Kivu : les mouvements citoyens manifestent contre l’insécurité et l’arrestation de leurs militants