« Si notre peuple le décide, on va changer la Constitution », dit le vice-président de l’Assemblée
Le premier vice-président de l’Assemblée nationale renvoie la révision au référendum. La proposition Ngondankoy est en seconde lecture, la session s’ouvre le 15 septembre.
« Si notre peuple le décide, on va changer la Constitution », dit le vice-président de l’Assemblée
AFP
Le premier vice-président de l’Assemblée nationale a déplacé la question constitutionnelle du terrain juridique vers le terrain référendaire. « Si notre peuple le décide ainsi parce qu’il en a le pouvoir, on va changer la Constitution », déclare Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, dans un entretien à Radio France internationale repris le 7 septembre 2026 par l’Agence congolaise de presse.
La session parlementaire s’ouvre le 15 septembre. La proposition de loi qui porte cette révision y figure parmi les priorités.
Un texte déjà passé par la Cour constitutionnelle
La proposition de loi portée par le député Ngondankoy a suivi un parcours institutionnel complet avant de revenir devant les chambres.
Elle a été déclarée conforme par la Cour constitutionnelle, puis retournée au Parlement pour une seconde lecture par le chef de l’État. C’est cette seconde lecture qui est inscrite parmi les priorités de la session de septembre.
Le calendrier de cet examen n’a pas été publié. L’ordre du jour de la session est arrêté par le bureau de chaque chambre après l’ouverture.
La question du mandat renvoyée au référendum
Interrogé sur l’hypothèse d’un troisième mandat présidentiel en 2028, le premier vice-président ne l’écarte pas et ne la revendique pas. Il la renvoie au corps électoral.
Le déplacement est de méthode. La Constitution du 18 février 2006 verrouille en son article 220 un ensemble de dispositions déclarées non révisables, dont la durée et le nombre des mandats présidentiels. Une révision par la voie parlementaire ne peut donc y toucher.
Le renvoi au peuple est le seul chemin par lequel cette clause peut être discutée. C’est ce que la formule du premier vice-président énonce.
Qui est invité au dialogue, et qui ne l’est pas
Le même entretien fixe deux positions sur le dialogue national annoncé par le chef de l’État le 27 août 2026.
L’AFC/M23 en est exclue en raison de son caractère armé. « On ne peut pas aller autour d’une table républicaine, Kalachnikov en main », déclare Isaac Jean-Claude Tshilumbayi.
Le Front commun pour le Congo est admis sous condition. « S’ils sont de ces personnes qui savent être capables de se désolidariser de cette pratique, de ce recours récurrent aux armes, alors bien évidemment, ils peuvent être invités », déclare-t-il.
La condition posée au FCC est donc la même que le motif d’exclusion de l’AFC/M23 : le rapport aux armes.
Le dialogue annoncé part des provinces
Le processus annoncé le 27 août prévoit des consultations dans les chefs-lieux de provinces, puis une phase finale à Kinshasa. Sa présentation officielle en fait un processus partant de la base.
Aucun calendrier de ces consultations provinciales n’a été publié, ni la liste des participants, ni l’autorité chargée de les convoquer.
Les accusations de répression visant l’opposition sont rejetées dans le même entretien.
Elles ont pourtant une actualité datée. Le parti Ensemble pour la République a annoncé le 6 septembre l’interpellation à Lubumbashi de John Mbangu, coordonnateur provincial de sa Ligue des jeunes au Haut-Katanga, arrêté le 4 septembre au soir. Aucune autorité n’a répondu publiquement sur ce cas.
Ce que le premier vice-président avait déjà dit
La position n’est pas neuve. Nous avions rapporté en juin les propos du même responsable qualifiant la Constitution de prime à la criminalité.
Ce qui change en septembre, c’est le calendrier. Le texte est en seconde lecture, la session s’ouvre dans une semaine, et le budget 2027 doit être déposé le même jour.