Partis & Coalitions Dialogue national : huit jours d’adhésions, et toujours pas d’ordonnance

Dialogue national : huit jours d’adhésions, et toujours pas d’ordonnance

Patrick Muyaya a redit le 3 septembre qu'une ordonnance préciserait « prochainement » le cadre du comité d'organisation. Huit jours après l'adresse à la nation, aucun des deux textes annoncés n'a été publié, alors que les ralliements s'accumulent.

Le président Félix Tshisekedi lors d'une allocution officielle

Félix Tshisekedi. Photo d'archives.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 SEPTEMBRE 2026 - 11:40 WAT · 4 min de lecture

Le porte-parole du gouvernement a redit le 3 septembre, sur les ondes de Radio Okapi, qu’une ordonnance présidentielle préciserait « prochainement » le cadre de fonctionnement du comité d’organisation du dialogue national. « Ce dialogue ne sera pas une messe de plus à l’étranger, mais un débat au cœur du pays », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias. L’adverbe est le même depuis l’adresse à la nation du 27 août.

Deux ordonnances annoncées, aucune publiée

Le dispositif présenté par le chef de l’État repose sur deux actes successifs. Une première ordonnance, annoncée « dans les tout prochains jours », doit créer un comité d’organisation chargé de la préparation administrative et logistique et d’un rapport préliminaire. Une seconde, prise sur la base de ce rapport, doit convoquer officiellement le dialogue, instituer une commission préparatoire et fixer les principes directeurs ainsi que les modalités de représentation.

Huit jours après l’adresse, aucune des deux n’a été publiée. Le site de la Présidence de la République ne diffuse ni le texte de l’adresse, ni aucune ordonnance s’y rapportant. Sa page consacrée aux ordonnances n’expose publiquement que des textes de 2020.

L’absence n’est pas passée inaperçue des acteurs politiques eux-mêmes. Le 3 septembre, la plateforme Alternative 2028 déclarait attendre cette ordonnance avant de trancher sur sa participation. L’acte juridique est donc devenu, pour une partie de la classe politique, la condition d’entrée dans le processus.

Les ralliements, eux, s’accumulent

Le contraste est mesurable article par article. En huit jours, l’UNC de Vital Kamerhe a apporté un soutien sans réserve, relayé par sa fédération du Kasaï-Central. L’Alliance Bloc 50 de Julien Paluku a publié un communiqué qualifiant l’initiative d’acte de portée patriotique. L’UDPS a annoncé le déploiement de ses structures dans les 26 provinces. La société civile de Kananga a appelé à saisir l’occasion. À Kisangani, le député Patrick Matata mobilise, et la plateforme de Laddy Yangotikala salue une démarche historique.

Les contributions de fond commencent aussi à remonter. Le 1er septembre, le parti BNCFP proposait la suppression du Sénat et des assemblées provinciales, le remplacement du Premier ministre par un vice-président et la suppression des gouvernements provinciaux. Ce sont des propositions de révision constitutionnelle, formulées avant que le cadre du dialogue ne soit fixé.

Sur l’autre versant, la Coalition Article 64 a opposé un refus le 28 août et appelle à manifester le 15 septembre. La CENCO n’a pas réagi à l’adresse, alors que c’est son président, le cardinal Fridolin Ambongo, qui avait annoncé le 17 juillet au Palais de la Nation l’engagement du chef de l’État dans un dialogue inclusif.

Ce qu’un acte fondateur détermine

La question n’est pas de procédure pour la procédure. Une ordonnance fixe quatre choses qu’aucune déclaration ne fixe : qui compose le comité, selon quelle clé de représentation, sur quelle ligne budgétaire, et quelle est la valeur juridique des conclusions.

Le précédent congolais le plus proche est instructif. Les Concertations nationales de 2013 avaient été convoquées par ordonnance et coprésidées par les présidents des deux chambres. Leurs recommandations avaient été remises au chef de l’État, qui avait annoncé un gouvernement de cohésion nationale devant le Congrès. Ce gouvernement n’a été formé que quatorze mois plus tard.

L’accord de la Saint-Sylvestre de 2016, lui, n’était pas issu d’une ordonnance mais d’une médiation de la CENCO. Il prévoyait un Conseil national de suivi et des élections avant fin 2017. La CENCO s’est retirée de la médiation le 28 mars 2017, le Premier ministre a été nommé hors du consensus prévu, et les élections se sont tenues le 30 décembre 2018, deux ans après la signature.

Le dispositif de 2026 se distingue des deux par une contrainte que le chef de l’État s’est imposée : une durée maximale de trois mois et une matrice publique de mise en œuvre. Ces trois mois n’ont pas commencé à courir, faute d’acte qui les déclenche.

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B
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