Santé Ebola : 573 personnes touchées en une journée au marché Kolomani, à Bunia
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Ebola : 573 personnes touchées en une journée au marché Kolomani, à Bunia

Le PNUD a publié le 16 septembre le bilan d’une sensibilisation menée le 11 septembre par des Volontaires des Nations unies dans un marché de Bunia. La province de l’Ituri compte 5 659 cas et 2 583 décès, sur 28 de ses 36 zones de santé.

Ebola : 573 personnes touchées en une journée au marché Kolomani, à Bunia
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 16 SEPTEMBRE 2026 - 15:57 WAT · 5 min de lecture

Le Programme des Nations unies pour le développement a publié le 16 septembre 2026 le bilan d’une action de sensibilisation menée cinq jours plus tôt au marché Kolomani, à Bunia. Cinq cent soixante-treize personnes ont été touchées en une journée, dont près de 60 % de femmes. L’opération relève de la réponse non médicale à une épidémie qui a tué 2 583 personnes dans la seule province de l’Ituri.

Cinq cent soixante-treize personnes touchées au marché Kolomani

L’action a eu lieu le 11 septembre 2026 dans un quartier populaire de Bunia, chef-lieu de l’Ituri. Elle a été conduite par des Volontaires des Nations unies déployés par le PNUD, qui présente cette catégorie d’intervention comme de la « mobilisation communautaire au cœur de la réponse non médicale ».

La proportion de femmes touchées est mise en avant par l’agence. « En ciblant ces actrices clés du commerce et de la vie familiale, l’initiative favorise un relais rapide des gestes de prévention au sein des foyers et des étalages », écrit le PNUD.

Les marchés sont visés comme points de passage obligés

L’agence annonce la poursuite de la démarche dans d’autres marchés de Bunia, en association avec les responsables locaux et les associations de vendeurs, et précise que les échanges se tiennent notamment en langues locales.

L’objectif annoncé est de faire de chaque lieu de commerce « un véritable espace de prévention et un rempart communautaire contre la maladie ». Les Volontaires des Nations unies y interviennent pour « briser les rumeurs », selon les termes du PNUD.

L’Ituri concentre 5 659 cas et 2 583 décès

La province est de loin la plus touchée. Elle compte 5 659 cas et 2 583 décès, répartis sur 28 de ses 36 zones de santé, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Le Nord-Kivu suit avec 1 281 cas et 797 décès sur 16 de ses 34 zones.

Au niveau national, le même relevé totalise 7 258 cas confirmés et 3 510 décès, soit une létalité de 48,4 %, avec 905 patients hospitalisés en isolement et 1 726 guéris. L’épidémie touche 62 zones de santé sur 167, dans sept provinces.

Ce relevé enregistre 58 cas confirmés et 35 décès de plus que le précédent, dont 44 cas en Ituri, 12 au Nord-Kivu et 2 au Haut-Uélé. Le virus en cause est le Bundibugyo.

La dissimulation des malades est documentée depuis juillet

Le travail sur les rumeurs répond à un obstacle identifié de longue date dans la province. « Jusqu’à ce jour, il y a encore des résistance. Beaucoup de malades se cachent dans la communauté et le taux de mortalité ne cesse de s’accroître », déclarait le 22 juillet 2026 Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile de l’Ituri, en lançant un plan de sensibilisation de trois mois.

« La société civile est plus proche de la communauté. Nous pensons casser les barrières, améliorer la confiance entre l’équipe de la riposte et la population, et couper la chaîne de transmission », expliquait le même jour Pierre Akili Mali, coordonnateur provincial de la riposte contre Ebola.

À cette date, 27 des 36 zones de santé de l’Ituri étaient touchées. Elles sont 28 aujourd’hui.

Cent volontaires de la Croix-Rouge ont été formés pour la zone de santé de Bunia

D’autres dispositifs de proximité opèrent dans la même ville. Cent volontaires ont été formés pour la zone de santé de Bunia, indique Delphin Chanamula, chargé de l’engagement communautaire à la Croix-Rouge.

« La communication communautaire reste l’arme la plus efficace pour barrer la route à cette 17ᵉ épidémie », déclare-t-il. Il décrit une adhésion majoritaire assortie d’exceptions : « Il y a une bonne acceptation dans la communauté, sauf quelques-uns qui résistent à cause de certaines croyances. A cause peut être de l’affection pour tel ou tel autre membre. »

Ces volontaires assurent aussi les enterrements dignes et sécurisés. « Au premier contact avec le corps, nous faisons le prélèvement appelé communément swab. Après le prélèvement, on sécurise le corps avant de le placer dans le sac mortuaire puis dans le cercueil », détaille Raphael Olangi, responsable de l’équipe chargée de ces enterrements.

La MONUSCO a lancé un dispositif comparable à Djugu

Le 30 juillet 2026, la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo a lancé à Miala, dans le territoire de Djugu, un projet d’engagement communautaire porté par sa section démobilisation, désarmement et réinsertion communautaire.

Une centaine d’anciens combattants en cours de réinsertion y sont formés pour servir de relais communautaires, avec pour cible plus de 20 000 personnes. Le dispositif associe dialogues communautaires, émissions de radio et mécanismes de traque des rumeurs. Il est mis en œuvre par les organisations Hope for Peace and Development et Réseau des associations pour le développement durable, et doit s’étendre à Balingina-Sota et à Tchomia.

Le suivi des contacts approche les 80 %

Le taux de suivi des contacts est l’indicateur par lequel se mesure l’effet de ce travail de terrain. Environ 78,6 % des contacts identifiés restent sous surveillance dans les provinces touchées, selon le relevé européen.

Le gouvernement congolais annonçait de son côté, lors de son briefing du 15 septembre 2026, un passage de moins de 40 % à plus de 80 %, ainsi qu’une augmentation du nombre de laboratoires de deux à vingt-quatre.

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B
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