Santé Ebola : à Bunia, l’essai clinique PARTNERS teste deux traitements contre la souche Bundibugyo
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Ebola : à Bunia, l’essai clinique PARTNERS teste deux traitements contre la souche Bundibugyo

À Bunia, l'essai PARTNERS, parrainé par l'OMS, teste l'anticorps MBP134 et le remdésivir contre la souche Bundibugyo d'Ebola. « L'inclusion avance malgré les difficultés », rapportent les chercheurs, alors que l'épidémie a fait plus de 500 morts et que la riposte est sous tension.

Ebola : à Bunia, l’essai clinique PARTNERS teste deux traitements contre la souche Bundibugyo
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 6 JUILLET 2026 - 09:49 WAT · 4 min de lecture

Les premiers patients ont commencé à recevoir des traitements expérimentaux contre Ebola, à Bunia, en Ituri, épicentre de l’épidémie. Baptisé PARTNERS et parrainé par l’Organisation mondiale de la santé, l’essai clinique doit déterminer si deux molécules améliorent la survie des malades atteints de la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologué. « Cet essai offre un réel espoir », a estimé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, y voyant la possibilité de « résultats concrets pour et avec les communautés au cœur de l’épidémie ».

L’étude compare l’anticorps monoclonal MBP134, du laboratoire Mapp Biopharmaceutical, et l’antiviral remdésivir, de Gilead Sciences, à des soins de soutien optimisés. Les patients éligibles sont répartis au hasard entre plusieurs bras : une perfusion unique de MBP134, une cure de remdésivir sur dix jours, les deux, ou les seuls soins de soutien. Le critère principal est la mortalité vingt-huit jours après l’inclusion ; les chercheurs suivent aussi la vitesse d’élimination du virus, la charge virale et la fonction des organes. Femmes enceintes, femmes allaitantes et enfants peuvent participer, des groupes longtemps écartés de la recherche en situation d’épidémie alors qu’ils comptent parmi les plus exposés.

Sur le terrain, l’inclusion avance malgré les difficultés. « Les gens accueillent très bien l’étude et la perspective de nouveaux traitements efficaces », rapporte Laurens Liesenborghs, médecin infectiologue de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, qui participe à la conduite de l’essai à Bunia. Il est encore trop tôt, selon lui, pour avancer des chiffres d’inclusion, et d’autres sites doivent ouvrir prochainement. Le principal défi, ajoute-t-il, aura été de monter à la fois les centres de traitement et l’essai « à une vitesse record », sans que la recherche n’empiète sur les soins.

Les deux molécules testées offrent des profils différents. Le MBP134 a montré une activité contre plusieurs espèces du virus Ebola, dont Bundibugyo, en laboratoire et chez l’animal, mais son expérience chez l’humain reste limitée. Le remdésivir, commercialisé sous le nom de Veklury et abondamment documenté depuis le Covid-19, agit sur les filovirus en laboratoire, mais son bénéfice contre Ebola demeure incertain après des essais décevants sur la souche Zaïre. L’essai est conçu comme une plateforme adaptative : il pourra se poursuivre lors de futures épidémies si celle-ci s’achève avant d’avoir réuni assez de participants. L’université d’Oxford en assure la coordination, aux côtés de l’Institut national de recherche biomédicale, de l’organisation ALIMA et de l’OMS, sous la direction nationale du médecin-chercheur Placide Mbala Kingebeni.

Le calendrier reste incertain. « Si les médicaments sont vraiment efficaces, une solution sera trouvée plus vite », explique Amanda Rojek, professeure associée à Oxford. Advenant un résultat probant, l’objectif est de le porter au plus grand nombre de patients « aussi vite que possible ». Mais la chercheuse rappelle une contrainte qui prime sur tout : « Le vrai défi, pour nous, reste toujours la sécurité de nos équipes et de nos patients. » En parallèle, un autre antiviral expérimental, le galidesivir, a reçu des autorisations d’urgence pour un usage en Ouganda dans le cadre d’un programme de l’OMS, et pourrait être disponible plus tard dans l’année.

L’épidémie, la plus vaste jamais causée par le virus Bundibugyo, a infecté près de 1 600 personnes en RDC et en Ouganda et fait plus de 500 morts. La transmission reste intense en Ituri, où les centres de traitement peinent à absorber l’afflux. La riposte se heurte à des obstacles qui débordent le virus : des prestataires ont déposé un préavis de grève pour des primes impayées, et l’Institut national de santé publique fait état d’attaques contre ses équipes, dont un véhicule caillassé lors d’une opération de décontamination au Nord-Kivu. Malgré tout, le dispositif s’étend, avec de nouveaux laboratoires de diagnostic, des capacités de traitement supplémentaires et la gratuité des soins dans plusieurs zones parmi les plus touchées, alors que des pays voisins comme l’Afrique du Sud se préparent à un éventuel cas importé.

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B
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