Santé Ebola : dans le Bas-Uélé, où aucun cas n’est recensé, l’INSP déploie des équipes dans trois zones de santé
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Ebola : dans le Bas-Uélé, où aucun cas n’est recensé, l’INSP déploie des équipes dans trois zones de santé

La province ne compte aucun cas confirmé. L'INSP y déploie pourtant des experts dans trois zones de santé jugées prioritaires, Vianda, Poko et Ganga, et a acheminé un lot d'intrants à Buta. Ce que recouvre la préparation d'une province indemne, à côté d'un Haut-Uélé touché sur cinq de ses treize zones.

Ebola : dans le Bas-Uélé, où aucun cas n’est recensé, l’INSP déploie des équipes dans trois zones de santé
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 1 AOÛT 2026 - 15:35 WAT · 5 min de lecture

Trois zones de santé du Bas-Uélé, Vianda, Poko et Ganga, accueillent des équipes venues du niveau national. La province ne compte aucun cas confirmé de maladie à virus Ebola. Elle ne figure pas parmi les cinq provinces touchées que recense le Centre d’opérations d’urgence de santé publique (COUSP) dans son rapport de situation n°077, arrêté au 30 juillet, lequel liste l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Ce qui se met en place à Vianda, Poko et Ganga porte un autre nom que la riposte : la préparation.

L’Institut national de santé publique (INSP) en a détaillé le contenu dans un communiqué publié le 30 juillet. Des experts du ministère de la Santé publique, mobilisés via l’INSP et son COUSP, et de la Division provinciale de la santé du Bas-Uélé sont « actuellement déployés dans les zones de santé de Vianda, Poko et Ganga, identifiées comme prioritaires en raison de leur niveau élevé de risque », écrit l’institut. Leur mandat couvre quatre axes : la surveillance épidémiologique, la communication sur les risques et l’engagement communautaire, la prévention et le contrôle des infections, la coordination des interventions sur le terrain. L’objectif que fixe l’INSP tient en une ligne : renforcer les activités de préparation contre « une éventuelle flambée de la maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appuie l’opération.

Le volet logistique a fait l’objet d’un communiqué distinct, publié le 27 juillet. Une mission conjointe de l’OMS et de l’INSP, à travers le COUSP, est arrivée à Buta, chef-lieu de la province, avec un lot destiné aux structures sanitaires : « des intrants de prévention et contrôle des infections (PCI), des médicaments, des équipements, ainsi que divers matériels et consommables », énumère l’INSP, qui présente cet acheminement comme un moyen de « renforcer la capacité des équipes de santé à faire face à toute éventuelle urgence sanitaire ».

La raison du choix se lit dans les chiffres de la province voisine. Le Haut-Uélé totalise, au 30 juillet, 53 cas confirmés et 28 décès, soit une létalité de 52,8 %, répartis sur 5 de ses 13 zones de santé : Boma Mangbetu, Isiro, Pawa, Rungu et Wamba. Six nouveaux cas y ont été confirmés ce jour-là, quatre à Boma Mangbetu et deux à Isiro, dont un reprélèvement positif. Le gouverneur Jean Bakomito Gambu attribuait en juillet l’extension de l’épidémie dans sa province à la mobilité minière et au déni.

Le COUSP inscrit cette avance de phase dans sa lecture de l’épidémie. Le rapport n°077 souligne « la nécessité de maintenir simultanément des interventions intensives au niveau de l’épicentre et des activités de préparation dans les provinces voisines ». Son tableau des défis classe en huitième position l’« Extension géographique (Haut-Uélé, Tshopo) et forte mobilité », dont il décrit l’impact comme un « Risque de diffusion urbaine, fluviale et transfrontalière », et demande en réponse d’activer les 23 points d’entrée et de contrôle prioritaires du Haut-Uélé.

La 17e épidémie, déclarée le 15 mai 2026 et partie de la zone de santé de Mongbwalu, en Ituri, est due au Bundibugyo ebolavirus. Cette souche ne dispose ni de vaccin ni de traitement homologués, et le rapport n°077 relève qu’« Aucune activité de vaccination n’est rapportée par les provinces ce jour ». Le premier volontaire d’un essai clinique conçu contre elle a reçu une dose le 24 juillet à Oxford. Préparer une province indemne revient donc à y installer ce qui reste disponible avant l’apparition d’un cas : la surveillance, la détection précoce et la prévention des infections, exactement le mandat confié aux équipes de Vianda, Poko et Ganga.

Le Haut-Uélé montre ce que ce mandat recouvre pièce par pièce. Son pilier laboratoire rapporte au 30 juillet qu’« Un seul des treize laboratoires planifiés est opérationnel, aux Cliniques universitaires de l’Uélé à Isiro », les installations de Wamba et de Boma Mangbetu étant programmées et un kit solaire de 10 kW ayant été reçu de l’OMS. Sur le volet communautaire, 3 des 14 radios ciblées ont diffusé ce jour-là, 3 816 personnes ont été touchées lors de visites dans 1 272 ménages, et la traduction des outils d’information en mayogo et en mangbetu a commencé. Le suivi des contacts y atteint 369 personnes vues sur 458, soit 80,6 %, le taux provincial le plus élevé du jour, la zone de santé de Rungu n’ayant pas de données exploitables au moment de la consolidation, quand la moyenne nationale s’établit à 75,3 % pour un seuil opérationnel de 95 %.

L’INSP décrit lui-même les obstacles rencontrés au Bas-Uélé. « L’enclavement de plusieurs localités, l’état des infrastructures routières et les difficultés d’accès constituent des contraintes majeures pour le déploiement des interventions », indique le communiqué du 30 juillet, qui ajoute que les équipes poursuivent leurs missions afin de garantir que « les populations vivant dans les zones les plus isolées bénéficient des mêmes mesures de protection, de prévention et de préparation que le reste du pays ».

Au niveau national, le cumul arrêté au 30 juillet s’établit à 3 605 cas confirmés et 1 587 décès, soit une létalité de 44,0 %, dans 49 zones de santé sur 140. Aucune des trois zones où l’INSP a envoyé ses experts n’y figure.

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B
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