Santé Ebola : 5 794 cas et 2 786 morts au 26 août, et le suivi des contacts qui recule
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Ebola : 5 794 cas et 2 786 morts au 26 août, et le suivi des contacts qui recule

Le Conseil des ministres du 28 août a reçu les chiffres arrêtés au 26. La létalité monte à 48,1 %, le suivi des contacts descend à 82,2 %. La vaccination a démarré à Kisangani.

MSF medical teams debrief from the red zone after patient rounds, communicating with medical staff in the green zone. Patient files are considered contaminated and remain in the red zone, with information relayed verbally to ensure infection prevention measures are maintained at the Ebola Treatment Centre in Lwiro, South Kivu.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 31 AOÛT 2026 - 12:53 WAT · 4 min de lecture

Un indicateur baisse quand tous les autres montent. Le suivi des contacts, qui mesure la capacité de la riposte à retrouver les personnes exposées avant qu’elles ne tombent malades, est passé de 84,0 % au 18 août à 82,2 % au 26 août. Sur la même période, le nombre de cas confirmés a progressé de 586 et celui des décès de 310.

Ces chiffres sont ceux que le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a présentés au Conseil des ministres du vendredi 28 août. Au 26 août, la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola totalise 5 794 cas confirmés et 2 786 décès, soit une létalité de 48,1 %. Le pays compte 1 293 guéris et 840 malades pris en charge en isolement dans les centres de traitement.

Trente-neuf morts par jour

Le rythme se lit dans l’écart entre deux bulletins. Au 18 août, l’Institut national de santé publique dénombrait 5 208 cas confirmés et 2 476 décès. Huit jours plus tard, la moyenne s’établit à 73 nouveaux cas et 39 décès par jour.

La létalité, elle, ne cesse de grimper : 47,5 % au 18 août, 48,1 % au 26. Sur ce point, la moyenne nationale masque des écarts considérables. Au Nord-Kivu, Médecins sans frontières a relevé 714 cas et 490 décès au 22 août, soit une létalité de 68,6 %.

Huit cent quarante lits occupés

Le chiffre des malades en isolement mérite d’être rapproché de la capacité totale. Ils étaient 730 au 18 août, ils sont 840 au 26. Or MSF indique gérer plus de 400 lits, soit un tiers de l’ensemble des lits disponibles pour toute la riposte, ce qui situe la capacité nationale aux alentours de 1 200 places. À ce compte, sept lits sur dix sont occupés.

Le nombre de guéris progresse en parallèle, de 1 115 à 1 293. Le gouvernement indique que les actions de riposte se poursuivent et s’intensifient sur le terrain.

La vaccination lancée à Kisangani

La campagne de vaccination contre Ebola a été lancée à Kisangani le 27 août. Le Conseil des ministres y voit la matérialisation de l’engagement du gouvernement à protéger les populations et les personnels de santé dans les zones affectées.

Ce lancement intervient six jours après la décision du Groupe international de coordination de libérer 70 000 doses d’Ervebo, dont 20 000 destinées à un essai clinique de phase 3 et 50 000 aux agents de première ligne et au personnel de santé. Kinshasa en avait demandé 500 000. Le vaccin est homologué contre la souche Zaïre, et l’OMS comme Africa CDC ont écrit qu’on ignore s’il protège contre la souche Bundibugyo chez l’homme.

Un nouveau plan, et le fleuve dans le dispositif

Le Conseil a adopté un nouveau Plan multisectoriel de préparation et de riposte à la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo. Il intègre les principes « Une seule santé », une stratégie centrée sur les villages, la sécurisation du corridor fluvial du fleuve Congo, ainsi que les volets humanitaire et éducatif.

La mention du corridor fluvial n’est pas anodine. Le fleuve relie la Tshopo, où la vaccination vient de démarrer, au reste du bassin et jusqu’à Kinshasa. La stratégie centrée sur les villages rejoint pour sa part le constat que plus de 60 % des décès surviennent en dehors des centres de traitement.

Le ministre a également rendu compte de la mise en œuvre des instructions relatives à la sensibilisation et à la mobilisation des populations. Le Conseil a pris acte de la note d’information.

Quatre éléments manquent pour lire ces chiffres autrement qu’en cumul. Le nombre de personnes déjà vaccinées à Kisangani n’a pas été communiqué, non plus que le calendrier d’extension de la campagne aux autres provinces. Le budget du nouveau plan multisectoriel n’a pas été rendu public. Et aucune explication n’a été donnée sur le recul du taux de suivi des contacts, qui est l’indicateur le plus étroitement lié à la capacité d’arrêter une chaîne de transmission.

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B
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