Ebola en RDC : 1 406 cas confirmés et 438 décès au 30 juin, l’Ituri reste l’épicentre
Dans son rapport arrêté au 30 juin et publié le 1er juillet, l'INSP fait état de 1 406 cas confirmés et 438 décès, soit 73 cas et 39 décès supplémentaires en vingt-quatre heures. La létalité grimpe à 31,2 %. L'Ituri concentre l'épidémie de la souche Bundibugyo, contre laquelle il n'existe aucun vaccin homologué.
Ebola en RDC : 1 406 cas confirmés et 438 décès au 30 juin, l’Ituri reste l’épicentre
AFP
L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo a franchi le seuil des 1 400 cas. Dans son rapport de situation arrêté au 30 juin et diffusé le 1er juillet, l’Institut national de santé publique (INSP) recense 1 406 cas confirmés cumulés et 438 décès, soit 73 nouveaux cas et 39 nouveaux décès en vingt-quatre heures. La riposte reste concentrée dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le taux de létalité officiel monte à 31,2 %, contre 25,5 % au point du 21 juin. Ce niveau rejoint le bas de la fourchette historique de la souche Bundibugyo, dont la mortalité a oscillé entre 30 % et 50 % lors des épisodes passés. À la même date, 192 personnes avaient vaincu la maladie, 609 patients restaient en prise en charge et 82,5 % des contacts identifiés dans les trois provinces faisaient l’objet d’un suivi. L’INSP précise que ces données restent susceptibles d’évoluer avec le nettoyage et l’harmonisation de sa base DHIS2.
La courbe de l’épidémie en chiffres
L’Ituri demeure l’épicentre, avec vingt-quatre zones de santé touchées, parmi lesquelles Bunia, Komanda, Mambasa, Mongbwalu, Nyankunde et Nia-Nia. La cartographie s’est précisée en fin de période : une nouvelle zone de santé, celle de Lolwa, a été atteinte, tandis que des cas signalés dans le Haut-Uélé et la Tshopo ont pu être retracés et rattachés à la zone de Nia-Nia, ce qui affine l’analyse des chaînes de transmission. Le Nord-Kivu compte onze zones de santé placées sous surveillance prioritaire, dont Beni, Butembo, Goma et Katwa. Le Sud-Kivu se limite à trois cas confirmés et un décès dans la seule zone de Miti-Murhesa, sans nouvelle transmission depuis le 26 mai.
Une souche sans vaccin homologué
Cette souche constitue le principal défi de la riposte. Contrairement au virus Zaïre, ciblé par le vaccin Ervebo, la souche Bundibugyo ne dispose à ce jour d’aucun vaccin ni traitement spécifique homologué ; des essais cliniques de candidats sont en préparation avec la RDC et l’Ouganda, mais aucun n’est déployé comme outil de riposte. En visite à Bunia le 30 mai, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait écarté le fatalisme : « Il est possible de survivre à l’Ebola causé par le virus Bundibugyo grâce à des soins médicaux de qualité, et certaines personnes ici, en Ituri, se sont déjà rétablies. Se faire soigner rapidement fait toute la différence. »
Sur le terrain, le rapport de l’INSP fait état d’une consolidation des capacités opérationnelles : mise à disposition de véhicules et d’ambulances, approvisionnement en réactifs, médicaments et intrants de prévention et de contrôle des infections, intensification de la communication sur les risques et de la mobilisation sociale. Après les premières guérisons enregistrées à Bunia, le directeur général de l’INSP, le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, avait insisté sur la valeur de la prise en charge précoce : « C’est un message fort qui montre qu’il est possible de se remettre d’Ebola lorsqu’on se fait soigner rapidement dans un établissement de santé spécialisé. »
L’OMS souligne toutefois que des défis persistent : la détection précoce et l’isolement des cas, la recherche des contacts, les enterrements sûrs et dignes, ainsi que la prévention des infections dans les structures de soins. Des épisodes de violence ont visé des installations sanitaires, et l’insécurité qui touche l’est complique l’accès aux communautés. En Ouganda, le foyer voisin reste circonscrit à 20 cas et deux décès, sans nouveau cas signalé depuis le 21 juin.
À lire aussi
Ebola en Ituri : un centre de traitement incendié, la riposte fragilisée
Ebola en RDC: le coût économique de l’épidémie chiffré jusqu’à 3,6 milliards de dollars et des dizaines de milliers d’emplois menacés