Santé Ebola en Ituri : un centre de traitement incendié, la riposte fragilisée

Ebola en Ituri : un centre de traitement incendié, la riposte fragilisée

L’incendie d’un centre de traitement d’Ebola à Mambasa a fait deux morts et ouvert une brèche dans une riposte déjà minée par la défiance des populations.

FILE PHOTO: Red Cross workers wearing personal protective equipment (PPE) prepare to lower the coffin of Dr Tibenderana Katho Blaise who worked at the Centre Medical Evangelique (CME) in Hoho commune and died of Ebola virus, as aid agencies intensify efforts to contain a new Ebola outbreak caused by the Bundibugyo virus, at the Nyamurongo cemetery in Bunia town, Ituri province, Democratic Republic of Congo, May 26, 2026. REUTERS/Gradel Muyisa Mumbere TPX IMAGES OF THE DAY/File Photo
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 JUILLET 2026 - 10:01 WAT · 3 min de lecture

Un centre de traitement d’Ebola a été incendié le 30 juin à Bafwabango, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Les violences, qui ont opposé une partie de la population aux forces de l’ordre, ont fait deux morts, dont un policier, ainsi qu’un blessé par balle. La destruction prive la zone d’une structure de soins au moment où l’épidémie continue de progresser.

L’incident ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans une série de frictions entre les communautés et les équipes de riposte. Depuis le début de cette épidémie, due à la souche Bundibugyo, les enterrements dignes et sécurisés constituent l’un des piliers de la lutte, et l’un de ses points les plus sensibles. La manipulation de la dépouille d’un malade demeure l’une des principales voies de transmission du virus.

Un enterrement refusé, puis l’embrasement

À l’origine des violences, une dépouille disputée. Une partie des habitants de Bafwabango a refusé de remettre aux équipes le corps d’un cas suspect d’Ebola, destiné à un enterrement encadré. Le désaccord a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, avant que le centre de traitement ne soit incendié. La localité se situe sur la route nationale 25, à une cinquantaine de kilomètres de Nia-Nia, en direction d’Isiro.

Le bilan de deux morts, dont un policier, et d’un blessé par balle reste à consolider auprès de sources indépendantes. Il illustre la tension qui entoure la gestion des corps en période d’épidémie, lorsque les rites funéraires se heurtent aux protocoles sanitaires.

Une brèche dans la riposte

La perte du centre dépasse le dommage matériel. Elle ouvre une faille sanitaire dans une zone déjà exposée. Le médecin chef de la zone de santé, le docteur Joseph Pemamakuwe, a constaté que la structure était « parti en fumée ». Il insiste surtout sur le risque attaché au geste qui a déclenché les violences. « La manipulation par des habitants de la dépouille d’un cas suspect constitue également une source majeure de contamination », avertit-il.

Le rappel renvoie à la mécanique même de l’épidémie. Un enterrement non sécurisé peut relancer une chaîne de transmission que des semaines de suivi des contacts cherchaient à interrompre. Chaque centre détruit, chaque équipe tenue à distance, allonge d’autant le temps nécessaire pour endiguer la propagation.

La province durcit les règles

Les autorités provinciales avaient anticipé le durcissement. Un arrêté du gouverneur militaire de l’Ituri, pris le 29 juin, interdit de toucher tout corps avant l’arrivée des équipes spécialisées, plafonne les rassemblements à cinquante personnes et encadre les transports en commun et les motos-taxis. Les communes de Mongbwalu et le centre commercial de Nia-Nia ont été placés sous surveillance sanitaire renforcée, et des contrôles de température installés aux points de passage.

Reste la question qui commande toutes les autres, celle de la confiance. Les autorités reconnaissent elles-mêmes que le respect des mesures se heurte à la réticence d’une partie de la population. Tant que les équipes de riposte seront perçues comme une menace plutôt que comme un secours, les centres resteront des cibles, et le virus conservera son avance.

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B
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