Économie Ebola en RDC: le coût économique de l’épidémie chiffré jusqu’à 3,6 milliards de dollars et des dizaines de milliers d’emplois menacés

Ebola en RDC: le coût économique de l’épidémie chiffré jusqu’à 3,6 milliards de dollars et des dizaines de milliers d’emplois menacés

L'épidémie d'Ebola qui frappe l'est de la République démocratique du Congo n'est pas qu'une crise sanitaire. C'est aussi un choc économique, et le Programme des Nations unies pour le développement, le PNUD, vient d'en donner la mesure. Selon son analyse, la facture pourrait atteindre jusqu'à 3,6 milliards de dollars pour le continent africain, et menacer des dizaines de milliers d'emplois. Pour la seule RDC, la perte de production dépasserait le milliard de dollars.

Ebola en RDC: le coût économique de l’épidémie chiffré jusqu’à 3,6 milliards de dollars et des dizaines de milliers d’emplois menacés
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 JUILLET 2026 - 09:18 WAT · 3 min de lecture

L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo n’est pas qu’une crise sanitaire. C’est aussi un choc économique, et le Programme des Nations unies pour le développement, le PNUD, vient d’en donner la mesure. Selon son analyse, la facture pourrait atteindre jusqu’à 3,6 milliards de dollars pour le continent africain, et menacer des dizaines de milliers d’emplois. Pour la seule RDC, la perte de production dépasserait le milliard de dollars.

Ce que dit l’analyse du PNUD

Les chiffres sont lourds. Le PNUD estime que près d’un million de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté. Les pertes de PIB à l’échelle du continent atteindraient jusqu’à 2,37 milliards de dollars. En RDC, l’agence évalue à 55 000 le nombre d’emplois menacés. Elle chiffre aussi un effet indirect et redouté : la réaffectation des ressources sanitaires vers la riposte pourrait entraîner jusqu’à 2 520 décès infantiles supplémentaires. Les ménages les plus pauvres, ceux du cinquième inférieur de la population, verraient leur consommation reculer de 1,76 %.

« Ebola ne s’arrête pas aux portes des hôpitaux »

L’analyse insiste sur la diffusion du choc à toute l’économie. « Ebola ne s’arrête pas aux portes des hôpitaux. Cela affecte les moyens de subsistance, l’éducation, la sécurité alimentaire, le commerce, les finances publiques et la confiance », résume Ahunna Eziakonwa, directrice régionale du PNUD pour l’Afrique. L’agence en tire un appel à changer de méthode. « Nous devons aller au-delà des modèles traditionnels de réponse aux épidémies », plaide le PNUD, qui prône une riposte intégrant dès le départ la protection des revenus et de l’activité.

La géographie du choc épouse celle de la crise. L’Ituri en est l’épicentre. Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Haut-Uélé figurent parmi les provinces exposées. Le risque déborde les frontières : l’Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud sont cités comme zones de propagation possible. Au moment de l’analyse, le rapport faisait état de plus de 1 200 cas et de plusieurs centaines de décès, des chiffres qui varient selon les sources et les dates. La leçon économique, elle, est stable. Une épidémie qui dure coûte, et elle coûte d’abord aux plus pauvres.

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B
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