Ebola : le ministre congolais de la Santé à Kampala pour coordonner la riposte avec l’Ouganda
Ebola : le ministre congolais de la Santé à Kampala pour coordonner la riposte avec l’Ouganda
AFP
Le ministre congolais de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, Samuel-Roger Kamba, est arrivé mercredi à Kampala pour une mission de travail consacrée au renforcement de la coopération sanitaire entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Effectuée à l’invitation du président ougandais et sur instruction de Félix Tshisekedi, la visite a été marquée par une audience entre le ministre et le chef de l’État ougandais.
Les échanges ont porté sur la collaboration bilatérale dans la lutte contre la maladie à virus Ebola, en particulier dans les zones frontalières entre les deux pays. Les deux parties ont examiné les dispositifs de riposte en place, le partage d’expériences et les mécanismes de coordination transfrontalière en matière de surveillance, de prévention et de gestion des urgences sanitaires.
Cette coordination n’a rien de théorique. Les deux pays affrontent la même épidémie, causée par la souche rare Bundibugyo. Partie de l’Ituri, elle a franchi la frontière et touché l’Ouganda, qui a enregistré une vingtaine de cas et deux décès. Les mouvements de populations et de commerçants de part et d’autre de la ligne frontière font des zones frontalières un point de passage possible du virus, ce qui rend la surveillance conjointe déterminante.
Les situations des deux voisins divergent pourtant. L’Ouganda approche de la fin de son épidémie, n’ayant enregistré aucun nouveau cas confirmé depuis le 21 juin, et il est entré le 16 juillet dans le compte à rebours de quarante-deux jours qui doit mener à la déclaration officielle de fin de flambée. En RDC, à l’inverse, l’épidémie progresse, avec plus de 2 260 cas et près de 900 décès à la mi-juillet. La coopération vise donc autant à empêcher une réimportation du virus en Ouganda qu’à profiter de l’expérience ougandaise pour la riposte congolaise.
La démarche s’inscrit dans une approche régionale que défendent les institutions sanitaires africaines. Le directeur général du Centre africain de contrôle des maladies, Jean Kaseya, plaide pour que « la détection précoce, le partage transparent des informations et une action régionale coordonnée » soient au cœur de la lutte contre Ebola. Cette logique de coopération contraste avec les fermetures de frontières décrétées par plusieurs capitales occidentales, que l’Organisation mondiale de la santé juge contre-productives, estimant que « la stigmatisation dissuade les gens de se faire soigner et peut rendre les épidémies plus difficiles à contrôler ».
En se rendant à Kampala, Kinshasa mise sur la concertation avec son voisin plutôt que sur l’isolement. Reste à traduire les principes en dispositifs, le partage des données de surveillance, la coordination des équipes aux points de passage et l’harmonisation des ripostes, seuls à même d’empêcher que la frontière ne devienne une voie de propagation.