Affaire Alingete-Rawji : le parquet général confirme que l’interdiction de sortie du territoire n’existe plus
Dans un communiqué officiel du 4 juillet, le procureur général près la Cour de cassation confirme que la mesure d'interdiction de sortie visant Jules Alingete et les Rawji avait été levée avant même de devenir virale, et souligne qu'aucune culpabilité n'est établie.
Affaire Alingete-Rawji : le parquet général confirme que l’interdiction de sortie du territoire n’existe plus
AFP
Le Parquet général près la Cour de cassation a confirmé que la mesure d’interdiction de sortie du territoire visant l’ancien inspecteur général des finances Jules Alingete Key, des membres de la famille Rawji et d’autres personnes n’est plus en vigueur. Dans un communiqué officiel signé le 4 juillet par le procureur général Firmin Mvonde Mambu, le parquet précise que cette mesure conservatoire, datée du 20 juin, « avait été rapportée il y a belle lurette », au fil de l’évolution des investigations, avant même que la lettre ne devienne virale sur les réseaux sociaux le 3 juillet.
Le parquet confirme l’authenticité du document tout en encadrant sa portée. L’instruction, explique-t-il, a été ouverte à la suite d’une injonction du ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, par une lettre du 18 juin, afin d’examiner les faits dénoncés à charge des personnes citées et des entreprises du groupe Rawji, dont Rawbank, et d’en dégager, le cas échéant, les responsabilités pénales.
Le communiqué insiste sur la nature de la mesure. L’interdiction de sortie, écrit le procureur général, « loin d’être une sanction découlant d’une quelconque culpabilité », était une mesure conservatoire destinée à garantir la disponibilité des présumés auteurs pour comparaître devant l’officier du ministère public, le temps de la collecte des données dans un dossier de corruption et de blanchiment de capitaux.
Sur le fond, le parquet se garde de toute conclusion. « À ce jour, il est hasardeux de soutenir, au regard des éléments en présence, la culpabilité des incriminés, la preuve de leur implication n’ayant pas été apportée », indique le communiqué. Le procureur général ajoute que certains de ces faits avaient, par le passé, fait l’objet d’instructions judiciaires, voire de décisions de justice ayant abouti à un non-lieu.
La mise au point intervient au terme d’une séquence de deux jours. La lettre d’interdiction du 20 juin, largement partagée le 3 juillet, avait laissé penser qu’une mesure active pesait sur les personnes visées. Des proches des intéressés avaient, les premiers, assuré à BETO que le dispositif appartenait au passé. Le communiqué du parquet leur donne raison sur ce point, tout en rappelant que l’instruction, elle, se poursuit. Pour comprendre le fond du dossier, les accusations qui le sous-tendent restent au cœur de l’enquête. « Toute conclusion émanant d’interprétations ne découlant pas des faits en présence ne peut engager que son auteur », conclut le procureur général.