Ebola en RDC : 4 449 cas confirmés et 2 061 décès au 10 août, le pic n’est pas atteint selon le ministre de la Santé
Le rapport de situation du gouvernement et de l'INSP, publié le 11 août et arrêté au 10 août, porte l'épidémie à 4 449 cas confirmés et 2 061 décès, pour une létalité de 46,3 %. Le cap des 2 000 morts est franchi et le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, affirme que le pic n'est pas atteint.
Le gouvernement congolais et l’Institut national de santé publique ont publié le 11 août leur rapport de situation arrêté au 10 août 2026. La 17e épidémie de maladie à virus Ebola recensée dans le pays, due à la souche Bundibugyo, y totalise 4 449 cas confirmés et 2 061 décès, pour une létalité globale de 46,3 %. Le document compte 886 guéris et 716 patients en isolement ou hospitalisés, et fixe le taux de suivi des contacts à 82,7 %.
L’épidémie franchit ainsi le cap des 2 000 morts, moins de trois mois après sa déclaration le 15 mai. Selon l’AFP, la flambée de 2018-2020 avait fait près de 2 300 morts pour environ 3 500 malades recensés. Le rapport de l’INSP arrêté au 7 août donnait 4 209 cas et 1 916 décès, et le point gouvernemental arrêté au 8 août 4 294 cas et 1 960 décès, soit 155 cas confirmés et 101 décès de plus du 8 au 10 août. L’AFP a fait état le même jour de 4 381 cas confirmés et 2 011 décès, soit une létalité de 45,9 %, chiffres attribués aux autorités sanitaires congolaises. Le rapport officiel précise que « les données restent évolutives et peuvent être ajustées à la suite de la consolidation, de la validation et de l’harmonisation des informations rapportées par les provinces et les piliers de la riposte ».
Trois mois annoncés par le ministre, 30 % des cas détectés selon l’OMS
« Nous n’avons pas encore atteint le pic », a déclaré le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, dans un entretien retransmis le 11 août sur X par son ministère et rapporté par l’AFP. « Dans les trois mois qui viennent, on pense qu’on aura déjà maîtrisé la progression et qu’on va commencer à voir la diminution », a-t-il ajouté.
Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Yakub Janabi, a déclaré le 10 août, lors d’une conférence de presse à Bunia, chef-lieu de l’Ituri : « Nous ne voyons que 30 % des personnes, tandis que 70 % des personnes meurent chez elles. » Et d’ajouter : « C’est pour cela que cette épidémie d’Ebola est différente. » Le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe a jugé la riposte « lente et inefficace » dans un entretien au journal Le Monde publié le 11 août, évoquant « un problème interne, au niveau de la coordination nationale de la riposte ».
Cinquante-trois zones de santé, le Sud-Kivu à 75 jours sans cas
Les cinq provinces touchées restent le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo, pour 53 zones de santé sur les 140 qu’elles comptent. L’Ituri en concentre 28 sur 36, le Nord-Kivu 12 sur 34, la Tshopo 6 sur 23, le Haut-Uélé 6 sur 13 et le Sud-Kivu une seule, Miti-Murhesa, qui totalise 75 jours sans nouveau cas confirmé.
Au Nord-Kivu, la zone de santé de Lubero figure désormais dans la liste officielle, 51e zone atteinte au 2 août et troisième du territoire après Masereka et Musienene. « Cette maladie existe bel et bien. Ce n’est pas de la fantaisie, ce n’est pas Ebola business », a déclaré l’administrateur du territoire, le colonel Alain Kiwewa, à Radio Okapi le 10 août, en appelant la population à collaborer avec les équipes de riposte.
L’Ervebo proposé à l’évaluation, faute de vaccin contre Bundibugyo
Aucun vaccin homologué ni traitement spécifique validé n’existe contre la souche Bundibugyo, et aucune vaccination ne fait partie de la riposte en cours. Les experts de l’OMS ont recommandé le 7 août d’évaluer dans un essai clinique l’Ervebo, seul vaccin homologué contre Ebola, qui ne cible que la souche Zaïre ; les données de sécurité déjà accumulées permettraient, selon eux, une évaluation directement en phase 3. Gavi, l’Alliance du vaccin, a précisé que le stock mondial d’Ervebo, produit par Merck, compte environ 500 000 doses.
Trois candidats spécifiques restent en développement : le rVSV Bundibugyo de Hilleman Laboratories, présenté par l’OMS comme le plus prometteur, celui de l’université d’Oxford et du Serum Institute of India, dont le premier volontaire a été vacciné le 24 juillet, et celui de Moderna, autorisé en essai de phase 1 par Santé Canada le 30 juillet. Aucun n’a démontré son efficacité. Du côté des traitements, l’essai PARTNERS, parrainé par l’OMS, évalue depuis le 2 juillet un anticorps monoclonal, le MBP134, et le remdesivir ; vingt-deux participants avaient été inclus au 1er août et aucun résultat n’a été publié.
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