Santé Ebola en RDC : 4 209 cas confirmés et 1 916 décès au 7 août, l’INSP relève des « attentes répétées » de vaccin contre une souche qui n’en a aucun
Santé

Ebola en RDC : 4 209 cas confirmés et 1 916 décès au 7 août, l’INSP relève des « attentes répétées » de vaccin contre une souche qui n’en a aucun

Le rapport de situation n°085 de l'Institut national de santé publique, arrêté au 7 août et mis en ligne le 9 août, porte le cumul de la 17e épidémie à 4 209 cas confirmés et 1 916 décès. L'Ituri concentre 86,4 % des cas. La surveillance reste sous-optimale et l'INSP relève des attentes de vaccin, alors qu'aucun n'est homologué contre la souche Bundibugyo.

Personnel médical en combinaison de protection dans un centre de traitement Ebola dans l’est de la RDC.

Ebola en RDC : 4 209 cas confirmés et 1 916 décès au 7 août, l’INSP relève des « attentes répétées » de vaccin contre une souche qui n’en a aucun
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 10 AOÛT 2026 - 07:46 WAT · 4 min de lecture

L’Institut national de santé publique a mis en ligne dimanche 9 août à 18 h 37 son rapport de situation n°085, arrêté au 7 août, qui porte le cumul de la 17e épidémie de maladie à virus Ebola à 4 209 cas confirmés et 1 916 décès, soit une létalité de 45,5 %. Le document recense 828 guéris, dont 18 déclarés ce jour, et 595 patients en isolement ou hospitalisés. « La transmission de la MVE reste active, avec 89 nouveaux cas confirmés et 29 décès (21 nouveaux et 8 intra CTE) enregistrés au cours des dernières 24 heures », écrit le Centre des opérations d’urgence de santé publique. Ces cas se répartissent entre l’Ituri (73), le Nord-Kivu (12) et le Haut-Uélé (4). Le bilan précédent, arrêté au 6 août, donnait 4 120 cas et 1 887 décès.

L’Ituri porte 3 636 cas et 1 551 décès, soit 86,4 % du cumul national, pour une létalité provinciale de 42,7 %. Le Nord-Kivu compte 470 cas et 315 décès, avec la létalité la plus élevée du pays, 67,0 %, devant le Haut-Uélé (91 cas), la Tshopo (9) et le Sud-Kivu (3). L’épidémie touche 53 zones de santé sur 140. Le suivi des contacts s’établit à 83,4 %, 14 923 personnes vues sur 17 896 à suivre, mais il recouvre trois réalités : 88,8 % en Ituri, 77,1 % au Nord-Kivu et 50,1 % au Haut-Uélé, dont le décrochage est installé. L’OMS et Africa CDC ont appelé le 6 août à porter ce suivi à 95 % au moins.

Un tiers des alertes validées, deux suspects sur trois investigués

Les équipes ont enregistré et vérifié 1 318 alertes le 7 août dans les quatre provinces ayant rapporté. 443 ont été validées comme cas suspects (33,6 %), dont 305 investigués (68,8 %) et 198 transférés vers les centres de traitement. Le rapport en tire son propre constat : « Faible performance de la surveillance épidémiologique, caractérisée par un taux d’investigation de 68,8 % et un suivi des contacts non optimal, compromettant la détection précoce des cas et l’interruption des chaînes de transmission. » Les laboratoires ont analysé 326 échantillons pour 89 confirmations, une positivité de 27,3 %, la Tshopo n’ayant transmis aucune donnée. En Ituri, une alerte sur deux n’était pas investiguée dans les 24 heures en juillet.

Trois centres saturés en Ituri, et aucun centre normé au Haut-Uélé

Les centres de traitement de Rwampara, de l’ISTM et de Nizi sont saturés et l’extension de ceux de Bambu, Nizi et Logo est demandée, ce qui prolonge la saturation déjà mesurée au Nord-Kivu. Le rapport signale aussi une « disponibilité insuffisante des moyens de référence (4 ambulances en panne en Ituri, absence d’ambulance dans 7 ZS du Nord-Kivu) », manque déjà relevé le 2 août. Au Haut-Uélé, aucun centre de traitement normé n’existe dans les six zones de santé touchées.

Au chapitre de l’engagement communautaire, l’INSP énumère ce qui, selon lui, est susceptible d’affecter l’adhésion des populations : « Persistance de défis communautaires : démotivation des acteurs liée au non-paiement depuis plus de deux mois au Nord-Kivu, déni de la MVE et opposition à un EDS à Isiro, attentes répétées sur la disponibilité du vaccin, susceptibles d’affecter l’adhésion des communautés aux interventions de riposte. » Cette attente reste sans réponse. Il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre la souche Bundibugyo, aucune vaccination ne fait partie de la riposte en cours et Ervebo ne cible que la souche Zaïre, l’OMS espérant en juillet quatre candidats vaccins d’ici trois mois. La létalité de 45,5 % reste provisoire, le ministère de la Communication et Médias précisant que les données peuvent être ajustées après consolidation, validation et harmonisation des remontées provinciales. Les autorités invitent à signaler tout cas suspect au numéro gratuit 151.

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B
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