Tshisekedi en Israël : sécurité, défense et le corridor de Lobito au menu
Deuxième déplacement officiel depuis 2021. La présidence annonce des entretiens avec Netanyahou et Herzog, l'évaluation des mémorandums du 27 juillet et l'investissement israélien dans le corridor de Lobito.
Tshisekedi en Israël : sécurité, défense et le corridor de Lobito au menu
AFP
Félix Tshisekedi est arrivé en Israël le lundi 31 août pour une visite de travail. C’est son deuxième déplacement officiel dans ce pays depuis 2021, et il intervient dans une séquence resserrée : la présidence congolaise annonce des entretiens avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le président Isaac Herzog, sur la sécurité, la défense, l’agriculture, les infrastructures, l’énergie et les hautes technologies.
Le déplacement doit servir à évaluer les mémorandums d’entente signés le 27 juillet par la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Il doit aussi porter sur les opportunités d’investissement israélien dans le corridor de Lobito.
Six ans de reconstruction diplomatique
La relation part de loin. Les liens entre Kinshasa et Israël avaient été rétablis au début de mars 2020, quand Félix Tshisekedi a nommé un ambassadeur en Israël, le premier depuis vingt ans. Un an et demi plus tard, en octobre 2021, il effectuait une visite d’État de cinq jours et recevait un doctorat honoris causa du collège académique de Netanya.
Le mouvement s’est accéléré en novembre 2025, avec la visite d’Isaac Herzog à Kinshasa. La coopération s’est depuis matérialisée sur un terrain concret : Israël a renforcé son appui médical à la riposte contre Ebola.
Le corridor de Lobito, terrain d’une autre compétition
C’est le dossier qui donne à cette visite sa portée économique. Le corridor de Lobito doit relier le cuivre et le cobalt du Katanga au port angolais de Lobito, sur l’Atlantique. La RDC en a signé la concession pour le rail Dilolo-Sakania, un projet chiffré à 1,258 milliard de dollars et confié à Mota-Engil. L’ambassade des États-Unis a annoncé un milliard de dollars de concours au projet.
Y adjoindre des investisseurs israéliens revient donc à élargir le tour de table d’un corridor que Washington présente comme sa réponse à l’influence chinoise en Afrique centrale. Ce que Kinshasa y cherche est simple à énoncer : de l’argent qui n’est ni chinois ni exclusivement américain, sur une infrastructure qui décidera de la valeur ajoutée que le pays retire de ses minerais.
Sécurité et défense, la ligne la plus sensible
Les deux premiers mots de la liste annoncée par la présidence sont sécurité et défense. Ils placent la visite dans le prolongement direct de la guerre à l’Est, où la RDC réclame l’application des résolutions du Conseil de sécurité et le retrait des forces rwandaises. Aucun contenu n’a été précisé, ni équipement, ni formation, ni renseignement.
Cette proximité comporte une contrainte diplomatique que Kinshasa a déjà eu à arbitrer. En septembre 2025, la RDC condamnait les frappes israéliennes à Doha et réaffirmait son soutien au Qatar, alors même que Doha héberge le processus de négociation avec l’AFC/M23. La RDC entretient donc une coopération croissante avec Israël tout en dépendant de la médiation qatarie pour sa propre sortie de guerre.
Quatre éléments manquent pour mesurer ce que cette visite produira. Le contenu des mémorandums du 27 juillet n’a pas été rendu public. La durée du séjour n’a pas été annoncée. La composition de la délégation congolaise n’a pas été communiquée. Et rien n’indique si des accords seront signés à cette occasion ou si la visite se limite à une évaluation des textes existants.
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