Politique En RDC, vers un État de tous les droits pour l’UDPS !
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En RDC, vers un État de tous les droits pour l’UDPS !

En RDC, vers un État de tous les droits pour l’UDPS !
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 25 JUIN 2020 - 07:51 WAT · 8 min de lecture

Ni canne, ni toque. Ni Abacost, ni Sese Seko ! Ni Kuku Ngbendu, mais seulement Joseph-Désiré. En 1960, dans la salle d’une réunion tendue, croulant sous le poids d’une indépendance piégée par les Belges, Patrice Lumumba et tout son gouvernement font le bon choix de se tourner vers un homme assis dans le fond : il porte des lunettes, il est timide et, surtout, il est le seul d’entre eux ayant fait l’armée. Le Colonel Mobutu vient au monde. Il prend tout de suite la tête d’une armée en colère et arrive alors à la calmer.  Quel héros ! D’autant plus que, quelques mois seulement après ce 30 juin 1960 fondateur, Kasa-Vubu et son compatriote, futur héros national, finissent par exacerber leur monde. D’un côté, la virulence de l’anti-occidentalisme de Lumumba, de l’autre, un Kava-Vubu d’une voix d’ange mais d’un cœur compliqué, le Congo naissant plonge dans une crise grave au point de faire de ce jeune colonel un héros !

« Allo, Allo, ici le Colonel Mobutu qui vous parle depuis Léopoldville », cette allocution radiodiffusée du 14 septembre à 20h50, annonçant la « neutralisation » des deux dirigeants du Congo Indépendant, tombera à point nommé. La suite est une consécration. D’autant plus que notre militaire, fait Lieutenant-Général par un Kasa-Vubu à qui il rendit tous les pouvoirs ou presque, ne pourrait alors jamais être soupçonné d’envier le trône Royal au Congo. Oui ! Joseph-Désiré n’est pas né dictateur. Son second coup d’État en 1965 ne sera qu’une nécessité. Le Congo sera démocratique. Léon Kengo en sait quelque chose.

Un nouveau jour se lève. Le Congo devient Zaïre, vive le Président-Fondateur d’un mouvement qu’il ne crée pas seul ! Ya Tshistshi en sait quelque chose.  Joseph-Désiré, qui recourt à l’authenticité, n’est pas seul quand le Zaïre naîtra. Point donc question de dictature, mais d’une reconnaissance en ce grand leader. Le seul, dit-on, à savoir ce que le peuple veut. Le seul à conduire le cœur de l’Afrique vers la postérité. Kimba et Mahamba, qui tentent de rouspéter, sont conduits à la guillotine. Et Etienne Tshisekedi, ministre de la Justice, n’a guère de doute sur les faits. André-Guillaume Lubaya Ntalaja voit ses restes être dilués dans le majestueux fleuve Congo, jugé trop fougueux, trop complotiste.

Le dictateur croit toujours être le plus démocrate

À N’sele, entouré de ses frères, le Roi Mobutu naît, d’un Manifeste bantou : une seule mère, un seul père et, donc, un seul Chef.  Mais, toujours pas question de dictature ! Tant que le peuple mangera trois fois par jour, tant que Washington aura besoin de lui, il n’y aura pas de dictateur à la tête du Zaïre. Jusqu’au jour où le mur de Berlin tombe  et que, lui, Mobutu, au lieu de nommer son ami Etienne Tshisekedi au poste du président de ce qui servait d’Assemblée nationale, lui préfère  son « frère »  Nzondomio Adokpelingbo.

Tout à coup, treize Parlementaires surgissent et réveillent un peuple qui, en réalité, en avait marre de danser le ventre vide et de faire semblant. Un vent puissant arrive et secoue le cocotier MPR, que seul Laurent-Désiré déracinera 17 ans plus tard. Mais, pendant cette période, le Zaïre découvre le jeu politique et celui du débauchage, défiant les caméléons. Tous, Ya Mungul, ou Nguza qui bande, finissent par trahir la grande Union, celle pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) ; la mère des partis, dit-on.

Cependant, dans cette bataille épique, nul n’ose réclamer la démocratie au sein même de ce parti censé incarner ces idéaux. Kibassa et consorts,  qui oseront ouvrir leurs clapets, finiront dans le livre des traitres. La dictature étant contagieuse, Etienne Tshisekedi oublie de se faire dépister, lui qui a tant fréquenté le Maréchal.  Arrive, enfin, Mzee, et son inoxydable fils. Le Sphinx leur tient tête. Dans un pays aux abois, où les dirigeants ont fini par manger leurs populations,  leur retirant tout espoir, nul n’administre un bilan démocratique à l’UDPS pour savoir son état sérologique lorsque Joseph Kabila, cerné par un peuple en colère et qui n’a plus rien à perdre, est obligé de céder son pouvoir.

 Nous voilà arrivés à Canaan. Sans le Sphinx, qui a décidé d’imiter Moïse. Mais, avec qui ? Pas de temps de se poser de questions. C’est ainsi que Kabund et Kabuya, des pires-petits de la Cour Tshisekediste, arrivent à se faufiler au pouvoir. Ils sont à la grande table ! Ce sont eux les nouveaux dignitaires, éminences grises d’un Félix Tshisekedi qui réussit à nous convaincre difficilement de sa volonté. Mais, personne n’ose questionner les parcours de ces Rois de Limete, nouveaux propriétaires du Congo : un ancien parlementaire debout et un faux Katangais suffisent pour incarner la grande vision du Sphinx, celui qui a tenu tête au Maréchal Roi du Zaïre à Pont Cabu.

Alors oui, le combat est le leitmotiv de l’UDPS. Au pouvoir, tant à l’opposition, aucune bataille n’aura été gagnée sans elle. Mais, qui pourra se mettre à table armé ? Pour quel but ? L’arrivée au pouvoir du parti légué par Etienne Tshisekedi à son fils et à ses deux Conseillers stratégiques ressemble à un accident de l’histoire. Un peu comme si, dans une Afrique du Sud anti-apartheid, le fameux Umkhonto we Sizwe (MK), la branche armée de l’ANC, arrivait seule au pouvoir : les Blancs sud-aff n’ont qu’à bien se tenir. Aussi, au Congo, les Blancs sont les Kabilistes, qui ont eu la mauvaise bonne idée de s’allier à la branche armée de l’opposition. Mais, c’est aussi tout celui qui osera exprimer un avis contre l’UDPS et son impérium tant recherché !

La pensée unique de l’UDPS

La suite est vécue de nos jours ! Ainsi, sans être démocrate, l’UDPS veut se venger, mandatée par le Peuple, sa partie du Peuple. Elle se donne donc tous les droits, à nous tous les devoirs. Car, comme à sa naissance, la bonne vision du Congo ne peut être incarnée que par les Tshisekedi. Les autres sont des traiteurs, des voleurs, qui sont vomis par leur peuple. Les 80 millions des âmes congolaises doivent ainsi se conformer à sa vision d’un État des droits où Kabund pourra faire encercler le Parlement pour défendre son poste, ou faire saccager des résidences des diables Kabilistes pour se venger de l’avoir fait se noyer dans son propre fleuve. Peu importe ! De toute façon, ces Kabilistes sont indéfendables.

Mais, retenez donc que Mobutu, du fond de la salle d’où Maurice Mpolo, Joseph Okito et leur frère Lumumba l’extirperont pour en faire le Chef de l’Armée nationale, n’était pas un dictateur. Ni même lorsque l’homme décrétera la Zaïrianisation. Il ne sera dictateur que le jour où il crut qu’il était le Seul habilité à conduire cette Nation perdue vers Cannaan. Ce jour-là, le Congo et ses combattants de la liberté, emmenés par Etienne Tshisekedi, décideront d’ouvrir les yeux. À son tour, Laurent-Désiré Kabila, le libérateur, ne sera dictateur qu’en suspendant les partis politiques. Joseph Kabila n’a été dictateur que lorsqu’il vola, semble-t-il, le pouvoir d’un certain Etienne Tshisekedi en 2011. Ils ont tous incarné, à un certain moment, l’espoir à jamais perdu des peuples du Congo avant d’être vus, chacun, en tant que tel. Car en réalité, il ne saurait exister un Président qui a toujours raison, ni un  parti politique qui s’octroie tous les droits.

D’une moto à une milice, des menaces à la Wewacratie, en passant par le CPP de Mzee Kabila et les « gloire au Président-fondateur », chacun aurait pu se défendre ; car, l’enfer est pavé des bonnes intentions.  Mais, voilà ! Il s’agit de liberté, du droit de défendre ses idéaux et la démocratie. Avoir des droits ne saurait soustraire quiconque aux devoirs : les devoirs de respecter la liberté des autres. De ne pas s’octroyer le droit de brûler la maison d’un député que l’on a condamné à la culpabilité ; de s’octroyer le droit d’utiliser la justice et pas les autres.

Non! La liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres. La paix primant sur la justice, dans un pays poudrière, où les pouvoirs sont beaucoup plus apparents que réels, l’ivresse de l’impérium ne peut donner des ailes, au risque de finir affalés sur le pavé, après avoir prétendu pouvoir voler. L’histoire regorge de cadavres des dictatures qui se sont ignorées jusque dans leurs tombes, qui arrivent toujours rapidement.  Il est temps de nous réveiller, au risque de fabriquer une dictature démocratique au Congo-Kinshasa.

Litsani Choukran,
Le Fondé.

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