Opinion Il était une fois: César, Borgia et Kabila!
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Il était une fois: César, Borgia et Kabila!

Il était une fois: César, Borgia et Kabila!
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 JUIN 2017 - 15:04 WAT · 4 min de lecture
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Renaissance Italienne. César Borgia, l’homme sur qui un certain Nicolas Machiavel reposera l’une des plus grandes de ses œuvres, aujourd’hui consacrée « Bible » du tyran, veut tour à tour s’attaquer à Giuliano Della Rovere, aux Orsini et aux Colonna: trois adversaires  farouches de son père Rodrigo Borgia, à peine créé Pape Alexandre VI. Ce dernier, dans un élan de sagesse et surtout de matoiserie qui l’auront toujours caractérisé, recommande à son fils: « méfies-toi à te faire trop d’ennemis, personne ne l’emporte éternellement« . Pourtant, surnommé Le Prince, César Borgia était si puissant que, disent les mauvaises langues, Michel-Ange Buenarotti s’inspira de son visage pour peindre celui du Christ Jésus.

Cinq siècles après, le Maréchal Mobutu Sese Seko, un prince qui aura eu le mérité se s’être mis dans la peau de César Borgia mieux que ce dernier, commettra pourtant cette erreur fatale. Ainsi, alors qu’éclate la grande rébellion de l’Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo (AFLD) dans l’Est du Zaïre, Mobutu sera abandonné de tous. Il se serait ainsi fait trop d’ennemis… Le Prince de Machiavel, qu’il aura pourtant appliqué à la perfection durant trente-deux ans de règne absolu, le mettait certes en garde.

Le Prince, édition proche, un autre président en République démocratique du Congo aura bien pris soin de l’emporter: Joseph Kabila. Depuis un certain vendredi 26 janvier 2001 à 16h25, lorsqu’il prête serment pour succéder à son père à la tête d’un pays gangrené par l’un des plus grands conflits du vingt-et-unième siècle; alors Général des armées, le jeune Président s’est, lui aussi, mis dans la peau de César Borgia.

Ainsi, édifié par l’expérience et les erreurs Mobutistes, Joseph Kabila prit soin de « ménager » ses ennemis. Les Kengo wa Dongo sont adoucis par de morceaux de fromages depuis l’intérieur, alors que Vital Kamerhe est quant à lui troqué en caméléon. Au Rassemblement, grande union décrétée contre son troisième mandat, Kabila administre la même dose dès l’aube de la disparition biologique, mais ô combien calculée d’Étienne Tshisekedi. Quelques semaines à peine auront suffi pour dissiper en deux temps et mouvements la bande à Félix Tshisekedi.

Des ennemis en trop

Néanmoins, ni Rodrigo, ni César Borgia, encore moins Nicolas Machiavel n’auront réussi cette entreprise compliquée. Comme Hydre de Lerne, les opposants au Congo de Lumumba n’ont d’immortelle tête que la fin définitive de la dictature. A peine coupées, d’autres, encore plus farouches, poussent.

Ainsi, les Dokolo, depuis l’Angola, catapultent un cri, des cris. Rouspètent et s’énervent: trop c’est trop. Une liaison danseuse est vite mise en place. Entre fils d’immigrés, le Congo dans la peau, Moise Katumbi, Olivier Kamitatu et Sindika Dokolo s’affichent, discrètement, en ordre (dé)masqué : on veut à présent créer un nouveau bloque contre Kabila, beaucoup plus efficace, plus international.

« Garde tes amis près de toi et tes ennemis encore plus près« , disait un autre italien Mario Puzo, dans son célèbre film Le Parrain.  Sindika Dokolo, aujourd’hui très en colère, découle surtout d’une banale affaire de spoliation d’immeuble par les autorités de Kinshasa. Celui appartenant, comme un symbole à la Banque de son père. « Que le pouvoir actuel reconnaisse que ma famille a été spoliée et qu’on lui rende au moins les choses qui lui ont été prises. C’est cela, le baromètre. Or, aujourd’hui, le siège de la banque de mon père +appartient + toujours à une banque katangaise« , se plaint même l’homme qui se refuse toujours l’ambition politique.

Toutefois, depuis le Palais présidentiel, Sindika Dokolo serait ainsi à la base de l’énervement désormais visible de Luanda contre à Kinshasa. Les trois mousquetaires endossent donc habillement le costume de frondeurs anti-Kabila, au risque de faire réellement peur Kinshasa. Car, si Katumbi s’est avéré être grand artisan de la pression internationale contre le Pouvoir, un revirement de la situation dans la sous-région, où l’Angola détient visiblement les clés, serait fatal à Kinshasa, non sans rappeler la triste fin du maréchal Léopard.

L’opposition naît souvent de la frustration liée à l’oppression. Un peuple qui n’a plus rien à perdre finit toujours par se révolter et n’a, le plus souvent, pas besoin d’un leader pour s’exécuter. C’est ainsi que des régimes tombent, chutent, trépassent et emportent avec eux, des hommes qui ont pourtant régné en maître. Le plus souvent, ces derniers ne voient rien venir. Suivez mon regard, je sors par la gauche.

Litsani Choukran
Le Fondé.

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