Diplomatie Forum de Londres : Kinshasa demande des projets bancables et des mémorandums signés

Forum de Londres : Kinshasa demande des projets bancables et des mémorandums signés

Au pré-lancement du Forum économique RDC et Royaume-Uni, le 8 septembre à Kinshasa, Julien Paluku a demandé aux entreprises congolaises de venir à Londres avec des projets bancables et d’en repartir avec des mémorandums signés. Un comité préparatoire doit s’occuper des visas.

Forum de Londres : Kinshasa demande des projets bancables et des mémorandums signés
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 SEPTEMBRE 2026 - 14:28 WAT · 5 min de lecture

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a lancé le mardi 8 septembre 2026 à Kinshasa la cérémonie de pré-lancement du Forum économique République démocratique du Congo et Royaume-Uni, prévu du 2 au 4 novembre 2026 à Londres. Il a posé aux entreprises congolaises une condition d’entrée : venir avec des projets bancables, et repartir avec des mémorandums d’entente signés.

Un comité préparatoire doit être mis en place « dans les prochaines heures », avec pour première mission de faciliter l’obtention des visas de la délégation congolaise.

« Nous n’allons pas à Londres pour prendre des photoshops »

Le ministre a formulé l’exigence de résultat en des termes directs. « Nous n’allons pas à Londres pour prendre des photoshops. Nous allons à Londres, chacun dans sa gibecière, avec des projets. Nous voulons sortir de Londres avec des mémorandums of understanding, qui sont signés entre les entreprises congolaises et les entreprises britanniques », a déclaré Julien Paluku à Kinshasa le 8 septembre 2026, cité par Radio Okapi.

Le compte rendu diffusé le même jour par le ministère du Commerce extérieur reprend cette exigence. Les opérateurs économiques et entrepreneurs congolais y sont invités « à se munir de projets bancables, qui seront présentés aux investisseurs britanniques dans le but de décrocher la signature de mémorandums d’entente à l’issue de ce Forum économique ». Le ministère présente cette méthode comme « l’une des particularités de ce rendez-vous d’affaires ».

L’appel à mobilisation vise explicitement les jeunes et les femmes entrepreneurs, invités à s’inscrire massivement.

Le premier obstacle identifié par le gouvernement est le visa

Le comité préparatoire annoncé a pour mission déclarée de faciliter l’obtention des visas pour les membres de la délégation congolaise. C’est la deuxième fois en deux jours que la question des visas britanniques est posée par le ministère du Commerce extérieur.

La veille, lors d’une réunion technique avec la baronne Sandip Verma, membre de la Chambre des lords, Julien Paluku avait demandé l’installation à Kinshasa d’un bureau de délivrance des visas britanniques. BETO a rendu compte de cette rencontre et des deux demandes qui y ont été formulées, la seconde portant sur une liaison aérienne Londres-Kinshasa par British Airways, « surtout pour les cargos ». Selon le compte rendu du ministère, la responsable britannique avait promis d’être « l’ambassadrice de la RDC » auprès des investisseurs de son pays.

Deux services de visa accéléré ont ouvert en RDC le 7 septembre

La réponse est venue, en partie, d’ailleurs. L’ambassade du Royaume-Uni en République démocratique du Congo a annoncé le lundi 7 septembre 2026, sur ses comptes X et Facebook, le lancement de deux services payants de traitement accéléré, le Priority Visa et le Super Priority Visa.

Le premier prévoit une décision « dans un délai de cinq jours ouvrables », pouvant atteindre trente jours ouvrables pour certaines demandes de visa familial déposées hors du Royaume-Uni. Le second prévoit une décision « au plus tard à la fin du jour ouvrable suivant ». Le décompte démarre à la date du rendez-vous pour une procédure en présentiel, ou le jour ouvrable suivant la fin du téléchargement des documents.

Ces services sont facultatifs et payants. Les documents publiés par l’ambassade ne précisent pas leurs tarifs. Ils ne dispensent pas non plus du déplacement pour les données biométriques, et ne créent pas de bureau de délivrance à Kinshasa, qui était la demande congolaise.

Le marché britannique est ouvert à 99,8 % depuis novembre 2025

Le forum de Londres ne part pas de zéro. Un accord conclu le 25 novembre 2025 ouvre le marché britannique à 99,8 % des produits fabriqués en République démocratique du Congo, sans paiement de droits de douane.

Ce qui manque n’est donc pas l’accès tarifaire, mais la capacité d’acheminer. La demande d’une liaison cargo par British Airways, formulée le 7 septembre, portait précisément sur ce point. Elle figurait déjà, sous une forme plus large, parmi les quatre attentes énoncées le 4 mars 2026 au lancement à Kinshasa de la Chambre de commerce bilatérale entre les deux pays. Six mois plus tard, la liaison n’est pas ouverte.

Ce qui reste à établir

  • Le nombre d’entreprises congolaises attendues à Londres et les critères de sélection ne sont pas publiés.
  • Le coût de participation pour un entrepreneur congolais, transport et hébergement compris, n’est pas indiqué.
  • La composition du comité préparatoire et son calendrier de travail ne sont pas connus.
  • Les tarifs des deux services de visa accéléré ouverts le 7 septembre ne sont pas publiés par l’ambassade du Royaume-Uni.
  • Aucun bilan public n’a été établi des mémorandums signés lors des précédentes rencontres économiques entre les deux pays.
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B
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