Business Ready : l’échéance du 1er septembre place les « Quick Wins » du gouvernement à l’heure du bilan
Le gouvernement vient d’adopter un nouveau projet d’ordonnance-loi sur le marché carbone, le quatrième texte majeur depuis 2023. Derrière l’arsenal juridique, une question devient centrale : combien la valorisation des forêts congolaises rapporte-t-elle réellement à l’État et aux communautés ?
Business Ready : l’échéance du 1er septembre place les « Quick Wins » du gouvernement à l’heure du bilan
AFP
Le compte à rebours est arrivé à son terme. Le 1er septembre 2026 constituait l’échéance fixée par le gouvernement pour la mise en œuvre d’une série de mesures prioritaires destinées à améliorer le positionnement de la République démocratique du Congo dans l’évaluation Business Ready (B-Ready) de la Banque mondiale.
Lors du Conseil des ministres du 10 juillet, le ministre du Plan, Guylain Nyembo, avait présenté une feuille de route de mesures qualifiées de « Quick Wins », devant impérativement être exécutées avant la clôture de la collecte des données. Elles concernent notamment la qualité des services administratifs, la transparence et l’accès des entreprises aux informations nécessaires à leurs activités. citeturn0news7turn0search9
L’enjeu est important. Dans l’évaluation précédente, la RDC avait obtenu 63,61 points pour le pilier consacré au cadre réglementaire. Un résultat présenté comme encourageant par le gouvernement. Mais cette performance révèle aussi le paradoxe du climat des affaires congolais : le pays peut disposer de textes relativement favorables sans que leur application quotidienne produise nécessairement la même expérience pour l’entrepreneur.
Du droit écrit à l’expérience de l’entreprise
C’est précisément la philosophie du Business Ready qui rend l’exercice intéressant. Le nouvel outil de la Banque mondiale, qui remplace Doing Business, ne se limite pas au cadre réglementaire. Il s’intéresse également aux services publics et à l’efficacité opérationnelle.
La différence est fondamentale. Une procédure peut être officiellement simplifiée mais rester lente dans la pratique. Une information peut être juridiquement publique sans être facilement accessible. Une taxe peut ne pas être prévue par les textes tout en continuant à être exigée sur le terrain.
Une précédente analyse de BETO.CD relevait déjà cette contradiction. Lors des Journées congolaises du droit des affaires organisées à Kinshasa, plusieurs praticiens avaient identifié parmi les obstacles persistants la lenteur dans l’application des réformes, la corruption, le harcèlement fiscal et la multiplication de taxes illégales.
L’échéance du 1er septembre doit donc permettre de changer de question. Il ne s’agit plus de demander ce que le gouvernement promet de réformer, mais ce qui a effectivement été réformé.
Vérifier les « Quick Wins » un par un
Un véritable bilan devrait désormais examiner les mesures de la feuille de route une par une : quelles administrations ont modifié leurs procédures ? Quels services ont été numérisés ? Quelles informations sont désormais accessibles aux entrepreneurs ? Quels délais ont réellement diminué ? Quelles pratiques dénoncées par les entreprises persistent malgré les instructions gouvernementales ?
Cette vérification est d’autant plus importante que l’amélioration du climat des affaires constitue un élément essentiel de la stratégie de diversification économique de la RDC. Attirer des capitaux dans les mines est une chose. Attirer durablement des investissements dans l’agriculture, l’industrie, les services ou les nouvelles technologies suppose un environnement administratif suffisamment prévisible.
Le résultat final au B-Ready sera donc important, mais il ne devrait pas constituer l’unique mesure du succès. Une amélioration statistique n’aura de véritable valeur que si elle correspond à une amélioration perceptible dans la vie quotidienne des entreprises.
À partir de ce 1er septembre, le débat sur les « Quick Wins » devrait donc quitter le terrain des intentions. Pour le gouvernement, l’heure du bilan documenté vient de commencer.
Odon Bakumba
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