Économie Fraude aux frontières : au Conseil des ministres, Tshisekedi ordonne la tolérance zéro à Kasumbalesa
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Fraude aux frontières : au Conseil des ministres, Tshisekedi ordonne la tolérance zéro à Kasumbalesa

Fraude aux frontières : au Conseil des ministres, Tshisekedi ordonne la tolérance zéro à Kasumbalesa
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 AOÛT 2026 - 14:11 WAT · 3 min de lecture

Réuni samedi à Kaniama Kasese, dans le Haut-Lomami, pour sa 95e réunion, le Conseil des ministres s’est penché sur la fraude au poste frontalier de Kasumbalesa, le principal point de passage entre la RDC et la Zambie. Le président Félix Tshisekedi y a ordonné une tolérance zéro, instruisant plusieurs ministres de rétablir sans délai l’ordre dans les postes frontaliers du pays.

Le dossier, présenté par le ministre du Commerce extérieur, portait sur des pratiques frauduleuses désignées localement sous les noms de « Bamba roho » et « Bilanga », des mécanismes de fuite de recettes et de contournement des services de l’État. La fraude douanière coûte au pays une somme estimée à 2,5 milliards de dollars par an, un manque à gagner que le gouvernement dit vouloir enrayer pour restaurer l’autorité de l’État et assainir le climat des affaires.

Le chef de l’État a instruit les ministres de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice, des Finances, de la Décentralisation et du Commerce extérieur de remettre de l’ordre aux postes frontaliers, et a averti que les agents et fonctionnaires impliqués dans des réseaux de fraude s’exposeraient à des sanctions disciplinaires et judiciaires. Le gouverneur du Haut-Katanga est appelé à veiller à l’application des mesures. La décision fait suite à une mission d’inspection menée récemment à Kasumbalesa par les ministres du Commerce extérieur et de l’Entrepreneuriat.

Selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, l’assainissement de la frontière s’inscrit dans une stratégie plus large, associant la réforme de la gouvernance frontalière à la promotion de la production locale et de la transformation industrielle à Lubumbashi. « La politique de commerce extérieur ne peut produire pleinement ses effets que si elle est articulée à une politique industrielle cohérente », a-t-il expliqué, présentant l’industrialisation et la modernisation de Kasumbalesa comme une même logique visant à « réduire la dépendance extérieure du pays » et à « renforcer la souveraineté économique nationale ».

Ce n’est pas la première fois que Kinshasa promet la tolérance zéro à Kasumbalesa, un poste dont la modernisation, avec le projet de guichet unique partagé avec la Zambie, est annoncée de longue date. L’examen du dossier lors de cette réunion, tenue au cours de l’itinérance présidentielle dans le Grand Katanga, engage cette fois directement le chef de l’État. Reste à traduire l’instruction en résultats, dans un poste où les réseaux de fraude ont, jusqu’ici, résisté aux annonces.

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