Santé Ebola : l’OMS maintient l’urgence internationale, l’épidémie est devenue le 17 août la plus meurtrière de l’histoire de la RDC
Bunia

Ebola : l’OMS maintient l’urgence internationale, l’épidémie est devenue le 17 août la plus meurtrière de l’histoire de la RDC

Le Comité d’urgence de l’OMS a recommandé le 18 août le maintien de l’urgence de santé publique de portée internationale déclarée le 17 mai. La veille, avec 2 325 décès pour 4 945 cas confirmés arrêtés au 15 août, l’épidémie était devenue la plus meurtrière de l’histoire de la RDC, devant celle de 2018-2020.

Ebola : l’OMS maintient l’urgence internationale, l’épidémie est devenue le 17 août la plus meurtrière de l’histoire de la RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 20 AOÛT 2026 - 03:14 WAT · 5 min de lecture

Le Comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé, réuni le 18 août, a recommandé le maintien de l’urgence de santé publique de portée internationale déclarée le 17 mai, l’épidémie continuant, selon l’agence, de « faire peser une menace importante sur les populations en RDC et dans les pays voisins ». Le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé la décision le jour même. Des recommandations actualisées destinées au gouvernement congolais et aux pays exposés seront publiées dans les prochains jours.

La veille, l’épidémie avait franchi un seuil que la RDC n’avait jamais atteint. Avec 2 325 décès pour 4 945 cas confirmés, chiffres arrêtés au 15 août, elle a dépassé le 17 août le bilan de la flambée de 2018-2020 dans l’est du pays, qui avait tué 2 299 personnes sur 3 381 cas. Déclarée le 15 mai à Mongbwalu, en Ituri, la 17e épidémie du pays a donc fait plus de morts en trois mois que la précédente en deux ans, et sur un nombre de cas passé de 3 381 à 4 945. À l’échelle mondiale, elle se classe au deuxième rang, derrière celle d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016, qui avait fait quelque 11 000 morts sur près de 28 000 cas.

Six provinces atteintes, un risque de propagation jugé « très élevé »

L’OMS recense des cas dans six provinces et juge le risque de propagation « très élevé » à l’intérieur de la RDC, « élevé » en Ouganda et dans d’autres pays voisins, « faible » dans le reste de l’Afrique et à l’échelle mondiale. L’agence décrit une flambée qui progresse à une vitesse « sans précédent » : « L’insécurité, les déplacements de population et l’intensité des mouvements le long des routes, des cours d’eau et des zones minières compliquent encore davantage la riposte. »

« L’épidémie est loin d’être maîtrisée », a déclaré le Dr Tedros à l’ouverture de la réunion, estimant qu’elle « a pris une longueur d’avance considérable » sur les équipes engagées dans la lutte.

Les valeurs de 4 945 cas et 2 325 décès sont celles que l’OMS a communiquées le 18 août. Elles correspondent au rapport de situation N°093 du Centre d’opérations d’urgence de santé publique, arrêté au 15 août, qui établit la létalité à 47,0 %. Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a fait état le 18 août de chiffres supérieurs, non consolidés.

Cent épidémiologistes en renfort, 60 % des 115 millions de dollars réunis

L’OMS renforce ses effectifs de 100 épidémiologistes, appuyés par plus de 500 agents de santé communautaires chargés de rechercher les contacts, d’identifier les cas et d’encourager les personnes concernées à accepter un suivi. Quelque 400 lits ont été ajoutés dans les structures de prise en charge au cours des deux dernières semaines, quand l’agence avait fixé le 12 août un objectif de 3 000 lits en douze semaines. Environ 60 % des 115 millions de dollars nécessaires à la riposte ont été mobilisés.

Aucun vaccin n’est homologué contre la souche Bundibugyo, l’Ervebo ne ciblant que la souche Zaïre. Le gouvernement a néanmoins décidé le 5 août d’engager une vaccination de grande ampleur avec l’Ervebo, sur l’hypothèse d’une protection croisée dont l’efficacité clinique contre Bundibugyo n’est pas établie, et a saisi le 12 août le Groupe international de coordination pour obtenir les doses.

« La situation est assez difficile, mais les gens travaillent jour et nuit pour tenter de maîtriser l’épidémie et de suivre son rythme de propagation », a déclaré depuis Bunia Thierno Baldé, responsable de la gestion de l’épidémie à l’OMS. Il cite les localités de Lita et de Nizi, où les équipes étaient « submergées par le nombre de décès au sein de la communauté » il y a « environ six ou sept semaines » : « Aujourd’hui, nous ne signalons que quelques cas, quelques décès, et ces défunts sont enterrés en toute sécurité et dans la dignité, au moment opportun. »

À Kigonze, en Ituri, où des familles déplacées affrontent l’épidémie après avoir déjà fui les violences, un centre de transit de huit lits permet d’isoler et de tester les cas suspects. Esther, 19 ans, a survécu au virus après avoir perdu sa mère ; elle travaille aujourd’hui auprès d’enfants malades au centre de traitement. « N’ayez pas peur. Ne restez pas à la maison pour y mourir. Si vous ne vous sentez pas bien, allez à l’hôpital », dit-elle dans un témoignage recueilli par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.

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B
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