MONUSCO : 9 083 casques bleus déployés sur 13 813 autorisés
La résolution 2808 autorise 13 813 hommes et femmes en tenue. Le dernier rapport du Secrétaire général en compte 9 083, et 504 millions de dollars sont suspendus au vote de décembre.
MONUSCO : 9 083 casques bleus déployés sur 13 813 autorisés
AFP
La résolution 2808 du Conseil de sécurité autorise la MONUSCO à déployer 13 813 hommes et femmes en tenue. Le dernier rapport du Secrétaire général en compte 9 083. Il manque 4 730 personnes à l’appel, soit un tiers du plafond.
Le mandat de la mission expire le 20 décembre 2026, dans cent trois jours.
Ce que le paragraphe 32 autorise
La résolution 2808, adoptée à l’unanimité le 19 décembre 2025, écrit à son paragraphe 32 : « Décide que la MONUSCO maintiendra un effectif maximum autorisé de 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées ».
L’addition des quatre catégories donne 13 813.
Ce que le rapport du 19 juin dénombre
Le rapport du Secrétaire général sur la MONUSCO publié sous la cote S/2026/507, le 19 juin 2026, écrit à son paragraphe 65 : « La MONUSCO a déployé 7 940 soldats (dont 599 femmes) et 294 experts militaires des Nations Unies en mission (dont 64 femmes), sur un effectif autorisé s’élevant à 11 500 soldats et 600 experts militaires. »
Son paragraphe 67 ajoute : « La composante Police a déployé 855 membres de son personnel, dont 161 policiers hors unités constituées provenant de 26 pays fournisseurs de personnel de police et 688 membres d’unités de police constituées. »
Catégorie par catégorie, l’écart n’est pas le même.
- Soldats : 7 940 déployés sur 11 500 autorisés, soit 69,0 %.
- Observateurs et officiers d’état-major : 294 sur 600, soit 49,0 %.
- Policiers hors unités constituées : 161 sur 443, soit 36,3 %.
- Unités de police constituées : 688 sur 1 270, soit 54,2 %.
La catégorie la plus dégarnie est la police individuelle, celle qui forme et accompagne la police congolaise. Elle est au tiers de son plafond.
Mille cinq cent cinquante militaires rapatriés, six cent quatre-vingt-quatorze postes supprimés
L’écart ne vient pas d’un manque de contributeurs. Il vient d’une coupe assumée, décrite par le rapport du 19 mars 2026 à son paragraphe 62 : « Au total, 1 550 militaires, 125 experts militaires, 180 membres d’unités de police constituées et 125 policiers hors unités constituées ont été rapatriés, de même que le matériel appartenant aux contingents. Par ailleurs, 694 postes civils ont été supprimés dans le cadre des mesures générales de réduction des effectifs. Ces réductions, qui correspondent à une baisse de 23,4 % du personnel en tenue, de 29 % du personnel civil et de 27 % du financement opérationnel, ont eu des répercussions sur les opérations dans les domaines de la protection, de la mobilité, du renseignement et de la coordination. »
Le renfort demandé tient dans le plafond existant
Le 27 février 2026, dans une lettre au président du Conseil de sécurité publiée sous la cote S/2026/105, le Secrétaire général a chiffré ce que coûterait la surveillance du cessez-le-feu. « La MONUSCO compte actuellement 8 131 militaires déployés sur un effectif autorisé de 11 500 », y écrit-il.
Et il précise : « la MONUSCO pourrait devoir déployer entre 1 500 et 2 500 militaires supplémentaires […] Le renforcement envisagé des capacités militaires de la Mission pourrait être entièrement pris en charge dans le cadre du plafond actuel autorisé pour les effectifs militaires […] Sans un financement adéquat, la Mission ne sera pas en mesure de s’acquitter pleinement de son mandat. »
Autrement dit, le renfort réclamé pour vérifier un cessez-le-feu ne demande aucune décision nouvelle du Conseil sur les effectifs. Il demande de l’argent et des contingents.
Cinq cent quatre millions suspendus au vote de décembre
L’Assemblée générale a adopté le 30 juin 2026 la résolution 80/278, qui finance la mission. Son paragraphe 15 ouvre « des crédits de 958 318 000 dollars » pour l’exercice allant du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027.
Mais la mise en recouvrement est coupée en deux, à la date d’expiration du mandat. Le paragraphe 16 répartit 454 216 500 dollars pour la période du 1er juillet au 20 décembre 2026. Le paragraphe 18 dispose : « Décide, sous réserve que le Conseil de sécurité décide de proroger le mandat de la Mission, de répartir entre les États Membres, au titre de la période du 21 décembre 2026 au 30 juin 2027, un montant de 504 101 500 dollars, à raison de 78 765 859 dollars par mois ».
Ces 504 millions représentent 52,6 % du budget annuel. Ils sont juridiquement suspendus à une décision que le Conseil n’a pas prise. Nous avions comparé ce budget à celui de l’aide au développement et de l’aide humanitaire pour la RDC.
Ce que Kinshasa demande
La République démocratique du Congo siège au Conseil de sécurité comme membre non permanent pour 2026 et 2027. Elle n’y demande pas le départ de la mission.
Le 26 juin 2026, devant le Conseil, son représentant permanent a fixé la position : « ma délégation insiste sur la nécessité de garantir la pleine liberté de mouvement de la MONUSCO, la levée de toutes les restrictions dans les zones sous contrôle du M23 et la mise à disposition de ressources adéquates pour lui permettre d’exercer pleinement son mandat. Sa transition doit dépendre de la réalité sécuritaire sur le terrain, pas d’un calendrier abstrait », déclare Zénon Mukongo Ngay.
Un mois plus tôt, le 29 mai 2026 à Kinshasa, le délégué du gouvernement chargé de la MONUSCO avait tenu le même propos sur les moyens. « Pour que les Casques bleus puissent fournir un travail durable, il convient de les doter des moyens nécessaires », déclare l’ambassadeur Noël Mbemba. Il ajoute : « La réduction du financement suscite des inquiétudes quant à l’impact qu’elle pourrait avoir sur les opérations en RDC. »
En septembre 2023, à la tribune des Nations unies, le chef de l’État congolais annonçait le retrait accéléré de la mission. En 2026, la demande porte sur les effectifs, le financement et la liberté de circulation.
Le Conseil examine la RDC en septembre, sans en faire une priorité du mois
La France préside le Conseil de sécurité en septembre 2026. Un exposé sur la RDC, suivi de consultations, est prévu au titre des réunions mandatées. Le rapport trimestriel du Secrétaire général est attendu le 19 septembre.
Lors de la conférence de presse de programme du 1er septembre, le représentant permanent français a désigné trois dossiers sur lesquels le Conseil viserait à agir : Haïti, l’Iran et le Soudan. Sur la RDC, il a annoncé une réunion trimestrielle sur la MONUSCO, au cours de laquelle le Conseil s’assurera que la mission remplit correctement son mandat.
Le mandat sera examiné avec 9 083 hommes et femmes en tenue sur 13 813 autorisés, et plus de la moitié du budget de l’exercice non encore mise en recouvrement.
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