Les combats gagnent les hauts plateaux du Sud-Kivu, où 99 % des besoins ne sont pas couverts
Le déficit de la réponse humanitaire atteignait 99 % à Fizi et 96 % à Minembwe en juillet 2026. C’est dans ces zones, et sur l’axe Masisi-Walikale où 335 000 personnes étaient déjà concernées par des alertes de déplacement, que les combats se sont portés cette semaine.

Les combats gagnent les hauts plateaux du Sud-Kivu, où 99 % des besoins ne sont pas couverts
AFP
Dans la zone de santé de Fizi, au Sud-Kivu, le déficit de la réponse humanitaire atteignait 99 % en juillet 2026. Quatre alertes de déplacement y portaient sur plus de 31 000 personnes. C’est dans ce périmètre, et dans celui de Minembwe où le déficit atteignait 96 %, que les combats se sont portés cette semaine.
Radio France internationale a rapproché, le 9 septembre 2026, la carte des affrontements en cours et les données humanitaires disponibles. Le résultat tient en une phrase : les combats atteignent des zones où l’aide était déjà presque inexistante.
Deux versions de la journée du 8 septembre à Minembwe
Les hauts plateaux du Sud-Kivu ont été le théâtre de combats le mardi 8 septembre. Dans une communication diffusée dans la nuit, l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda, accuse l’armée congolaise d’avoir bombardé Minembwe. Les Forces armées de la République démocratique du Congo affirment de leur côté conserver Mulima et avoir repris plusieurs positions dans ce secteur.
« Ces affirmations contradictoires ne sont pas vérifiées indépendamment », écrit Radio France internationale dans son article du 9 septembre 2026.
Minembwe est précisément le site où le mécanisme conjoint de vérification élargi devait faire la démonstration de sa capacité à établir les responsabilités. BETO a décrit le dispositif prévu et ce qu’il devait permettre d’établir.
33 000 déplacés à Minembwe, un déficit de réponse de 96 %
Les déplacements recensés à Minembwe touchaient plus de 33 000 personnes en juillet 2026. Le déficit de réponse humanitaire y était évalué à 96 %.
Dans la zone voisine de Fizi, quatre alertes portaient sur plus de 31 000 personnes, pour un déficit d’assistance de 99 %.
Ces valeurs proviennent de la fiche du Groupe de travail d’analyse de crises et qualité de réponse, produite par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies et l’initiative REACH. Son édition de juillet 2026 a été mise en ligne le 9 septembre 2026. Elle indique dans ses messages clés : « Sud-Kivu : Fizi et Kalehe basculaient dans une urgence critique, alors que plus de 78 000 personnes étaient touchées par les déplacements et que les gaps de réponse culminaient à 99 % et 83 %. »
Le nombre de zones de santé classées en point chaud au Sud-Kivu est passé de sept en juin à dix en juillet. BETO a documenté cette dégradation dans une analyse du passage de 45 à 52 zones de santé dégradées en trois mois.
Au Nord-Kivu, des familles déjà déplacées doivent repartir
Le second espace est le sud-ouest de Masisi et l’axe menant vers Walikale. En juillet, trois alertes de déplacement portant sur plus de 335 000 personnes avaient été enregistrées dans la seule zone de santé de Masisi. Pinga, dans le territoire de Walikale, figurait déjà parmi les points chauds humanitaires.
C’est vers cet espace que la pression militaire se déplace, après les prises de Humura et de Kazinga par l’AFC/M23. Des familles qui avaient fui Masisi vers Walikale doivent repartir une seconde fois.
Sur le terrain, les combats se sont intensifiés le dimanche 6 septembre dans les villages de Kibundi et Mwima, groupement Nyamaboko Ier, secteur de Katoyi, à la limite entre Masisi et Walikale. Au moins huit villages ont été vidés de leurs habitants, partis vers Ntoto, dans le groupement Waloa Uroba. Des bombardements ont été signalés autour de Mindjendje, à une dizaine de kilomètres de Pinga, et les positions gouvernementales se sont repliées vers Mpeti, rapportait Radio Okapi le 8 septembre 2026.
La même radio rapportait que les acteurs locaux « redoutent une nouvelle intensification des combats, avec de lourdes conséquences pour les populations civiles ainsi que pour le fragile processus de cessez-le-feu dans la région ».
Les chiffres disponibles sont ceux de juillet
Les données de déplacement et de déficit citées ici décrivent la situation de juillet 2026. Elles ne mesurent pas les conséquences des affrontements des 6, 7 et 8 septembre.
Elles établissent autre chose, qui suffit : les combats de cette semaine se déroulent sur des territoires où des dizaines de milliers de personnes déjà déplacées ne recevaient presque aucune assistance avant même que les tirs ne reprennent.
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