Santé RDC : ce que les Congolais reprochent à la riposte Ebola
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RDC : ce que les Congolais reprochent à la riposte Ebola

Sur 213 retours communautaires recueillis fin août, 82 portent d’abord sur les soins, les centres de traitement et la gratuité. L’Institut national de santé publique écrit que répondre au récit sans corriger la rupture ne sert à rien.

Des agents d'hygiène décontaminent le personnel soignant à la sortie d'un centre de traitement Ebola

Hygiene agents disinfect medical staff after they finish patient rounds as part of doffing procedures at the MSF Ebola Treatment Centre in Lwiro, South Kivu.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 SEPTEMBRE 2026 - 10:07 WAT · 4 min de lecture

Un document de l’Institut national de santé publique, estampillé usage interne et mis en ligne le 8 septembre 2026, énonce ce que la riposte contre Ebola savait sans l’écrire : ce que les populations redoutent n’est pas la maladie, c’est le centre de traitement.

Sur 213 retours communautaires recueillis entre le 24 et le 30 août, 82 portent d’abord sur les soins, les centres de traitement et la gratuité. Soit 38,5 %, le premier thème.

Trois cent soixante-quinze contributions, une hiérarchie

Le bulletin hebdomadaire d’analyse des tendances infodémiques porte sur la semaine du 24 au 30 août 2026. Sa version 1.0 est datée du 5 septembre et il a été publié le 8 septembre.

Il agrège 375 contributions : 213 retours communautaires, 149 appels au numéro vert 151 et 13 réactions de médias.

La géographie de ces retours est déséquilibrée. L’Ituri fournit 188 des 213 retours communautaires, soit 88,3 %, contre 13 pour le Haut-Uélé et 12 pour le Nord-Kivu. Trois localités, Bunia, Nia-Nia et Aru, en concentrent 64 % à elles seules.

Ce que le document dit du mécanisme

La phrase centrale du bulletin ne porte pas sur la rumeur mais sur ce qui la nourrit.

« Le risque augmente quand un récit crédible est renforcé par une défaillance observable : retard, frais, indisponibilité, manque d’information ou comportement non respectueux. Répondre au récit sans corriger la rupture laisse le signal se régénérer », écrit l’Institut à la page 11 de son bulletin.

Autrement dit, une campagne de sensibilisation ne peut rien contre une expérience vécue. La défiance décrite n’est pas une croyance, c’est une conclusion.

Vingt et un retours sur les enterrements

Le deuxième foyer de tension est funéraire. Vingt et un retours portent sur les enterrements dignes et sécurisés.

Ils citent les retards, la question de la visibilité du corps, et ce que le document nomme une perception de monétisation des enterrements.

Cette perception a une traduction opérationnelle mesurable. Sur la période récente, la résistance communautaire a empêché le prélèvement de trente corps en Ituri, selon le rapport hebdomadaire de l’Organisation mondiale de la santé arrêté au 6 septembre.

Une question que les médias posent, et que les chiffres confirment

Le verbatim média dominant de la semaine est une question de répartition.

« C’est l’Ituri l’épicentre, mais vous débutez la vaccination à Kisangani : pourquoi cela ? », rapporte le bulletin. Neuf des treize réactions médias portant sur la vaccination demandent de prioriser l’Ituri.

Les chiffres de la vaccination leur donnent raison. Au 6 septembre, 2 007 personnes avaient été vaccinées, dont 1 083 à Makiso-Kisangani et 20 seulement dans la zone de santé de Gombe, en Ituri. La province qui concentre 80,2 % des cas cumulés a reçu 1 % des vaccinations.

Qui appelle le 151

Le second canal analysé est la ligne verte. Il donne un profil.

  • Les femmes ne représentent que 13 % des appelants.
  • Kinshasa, où l’épidémie n’a pas été déclarée, fournit 21 % des appels.
  • 45,6 % des appels demandent des mesures de prévention.
  • Seize alertes reçues au 151 restent à tracer.

Un dispositif d’écoute où huit appelants sur neuf sont des hommes, et où un appel sur cinq vient d’une ville non touchée, ne renseigne qu’imparfaitement sur ce que vivent les zones atteintes.

Un document interne devenu public

Le bulletin est rédigé par la Cellule de gestion de l’infodémie de l’Institut national de santé publique, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé.

Il porte la mention d’un usage réservé à la riposte. Il est accessible en ligne depuis le 8 septembre.

Ni le Centre d’opérations d’urgence de santé publique ni la direction générale de l’Institut n’ont commenté sa publication. Le bulletin de la semaine suivante n’était pas paru au 9 septembre.

Nous avions rapporté le décompte national arrêté au 30 août.

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B
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