Soixante-six portes brûlées à Bukavu, quatre-vingts commerçants à l’arrêt
Une galerie de 66 portes et huit dépôts ont brûlé le 6 septembre au quartier Nyamugo, à Bukavu. Quatre-vingts opérateurs économiques sont à l’arrêt, une centaine de familles à la rue, et des marchandises ont été volées pendant les secours.
Soixante-six portes brûlées à Bukavu, quatre-vingts commerçants à l’arrêt
AFP
Une galerie de soixante-six portes, quatre dépôts entièrement calcinés, quatre autres endommagés, quatre-vingts opérateurs économiques sans activité et une centaine de familles à la rue. C’est le bilan de l’incendie survenu le dimanche 6 septembre 2026 sur l’avenue Virunga, au quartier Nyamugo, dans le périmètre du marché de Kadutu, à Bukavu.
Trois jours plus tard, les commerçants disent n’avoir reçu aucune assistance, rapporte Radio Okapi le 9 septembre 2026.
Huit dépôts touchés, dont quatre entièrement détruits
La cheffe du quartier Nyamugo a dressé l’inventaire sur place. « Il y avait beaucoup de choses dans ces galeries-là. Et puis, nous avons trouvé 8 dépôts aussi, dont 4 calcinés et 4 dépôts aussi endommagés. C’est une situation-là très, très déplorable ! », a déclaré Claudine Mulengwa à Radio Okapi le 9 septembre 2026.
Les boutiques détruites relevaient d’une galerie unique, dont les soixante-six portes ont brûlé. Les dépôts et débits de boissons touchés se trouvaient dans le même alignement.
Des marchandises volées pendant l’opération de secours
Les commerçants ont perdu la totalité de leurs marchandises. Une partie n’a pas brûlé : elle a été dérobée pendant les opérations de secours, selon les constats rapportés par Radio Okapi.
L’espace, l’un des plus fréquentés du quartier, est décrit comme une zone désertée depuis le sinistre.
L’appel est adressé aux humanitaires, pas à l’État
« Nous lançons l’appel aux organisations humanitaires locales et internationales de voir dans les possibles commentaires. Est-ce qu’on peut venir au secours de ces familles, de ces opérateurs économiques qui sont sans abri, qui ont perdu tous leurs biens durant le cas de cet incendie ? », déclare Hypocrate Marume, habitant de Bukavu, à Radio Okapi le 9 septembre 2026.
Le commerce de détail reste, dans une ville coupée de ses circuits d’approvisionnement habituels, le principal amortisseur économique. Quatre-vingts opérateurs à l’arrêt représentent autant de chaînes de revenus interrompues.
La question des moyens anti-incendie n’est pas kinoise
L’incendie de Nyamugo survient dans la même semaine que celui de la salle Panacée, à Kinshasa, et il pose la même question de capacité de réponse. Dans une note technique ouverte adressée le 8 septembre 2026 au vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, l’expert en sécurité Bobo Ngonda relève un nombre limité de corps de sapeurs-pompiers et un déficit d’équipements spécialisés à l’échelle du pays, et préconise la création de directions provinciales de la Direction générale de secours et d’incendie.
« La sécurité est le premier des droits humains. La gestion de l’incendie est une matière de sécurité au même titre que la lutte contre le banditisme urbain », écrit-il dans cette note citée par l’Agence congolaise de presse le 8 septembre 2026. Le décret créant cette direction générale a été adopté le 12 février 2024.
Le constat vaut ailleurs qu’à Kinshasa : BETO relevait à Bunia un seul camion anti-incendie opérationnel et au moins quatre incendies en deux semaines.
Ce qui reste à établir
- L’origine de l’incendie n’est pas déterminée.
- Le délai d’intervention des secours et le nombre de camions anti-incendie disponibles à Bukavu ne sont pas publiés.
- Le montant des pertes n’a fait l’objet d’aucune estimation.
- Aucune autorité provinciale n’a annoncé de mesure de prise en charge des sinistrés.
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