Ituri : les effectifs de la CRP/FRP chutent de 3 000 à près de 1 000 combattants (ONU)
Ituri : les effectifs de la CRP/FRP chutent de 3 000 à près de 1 000 combattants (ONU)
AFP
La Convention pour la Révolution Populaire/Force pour la Résistance Populaire (CRP/FRP) active en Ituri, connaît un important recul de ses capacités militaires, selon le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo.
Les experts indiquent que les effectifs du mouvement sont passés d’environ 3 000 combattants en novembre 2025 à près de 1 000 au moment de la rédaction du rapport, en raison d’une vague de défections ayant touché plusieurs responsables de l’organisation.
« Une vague récente de défections au sein de l’équipe dirigeante a fragilisé la cohésion interne de la CRP/FRP ainsi que la base sur laquelle elle s’appuyait », soulignent les experts onusiens.
Face à cette perte de capacités, le mouvement aurait cherché à renforcer ses rangs en développant des réseaux de recrutement au-delà des frontières congolaises.
Le rapport cite notamment Innocent Kaina, une personnalité sous sanctions internationales, qui aurait collaboré avec la CRP/FRP pour recruter de nouveaux combattants dans des camps de réfugiés situés en Ouganda. Parmi les recrues figureraient d’anciens membres de la rébellion du M23.
En Ituri, la CRP/FRP recrutait principalement au sein des communautés du « G5 », avec une forte représentation de combattants issus de la communauté Hema, dont d’anciens membres de la milice Zaïre. Selon les experts, le mouvement profitait également de la précarité des populations vivant dans les camps de déplacés internes pour attirer de nouvelles recrues.
Sur le plan politique, les experts estiment que les tentatives du groupe visant à renforcer sa légitimité n’ont pas produit les résultats escomptés.
Le rapport rappelle que Thomas Lubanga avait exprimé publiquement son soutien à l’AFC-M23/ en juillet 2025. Toutefois, les enquêteurs des Nations unies précisent n’avoir trouvé aucun élément établissant l’existence d’une coopération officielle ou opérationnelle entre l’ancien chef de guerre et ce mouvement armé.
Pour les experts, les difficultés de recrutement et les divisions internes ont considérablement affaibli la CRP/FRP. La perte de plusieurs cadres dirigeants aurait profondément ébranlé la cohésion du groupe, dont la capacité opérationnelle s’est fortement réduite en quelques mois, le plaçant dans une phase de net déclin.
Azarias Mokonzi