Politique Journée internationale de la femme : les femmes congolaises appelées à s’engager dans l’armée
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Journée internationale de la femme : les femmes congolaises appelées à s’engager dans l’armée

Journée internationale de la femme : les femmes congolaises appelées à s’engager dans l’armée
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 8 MARS 2025 - 21:59 WAT · 4 min de lecture

Face à l’insécurité persistante et aux violences sexuelles qui ravagent l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), des étudiantes congolaises lancent un appel à l’action. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce samedi 8 mars, elles ont plaidé pour une implication accrue des femmes dans l’armée et les forces de sécurité, afin d’assurer leur propre protection et celle des populations les plus exposées aux atrocités des groupes armés.

L’émancipation par la défense du territoire

Patricia Syalinae, étudiante en sciences économiques à Beni, dénonce l’indifférence généralisée face aux violences dont les femmes sont les premières victimes. Pour elle, il est temps que les Congolaises prennent une part active à la défense de leur pays et de leur dignité.

« Nous ne pouvons plus nous contenter d’être spectatrices et victimes. L’émancipation, ce n’est pas seulement revendiquer des droits, c’est aussi assumer des responsabilités. Nous devons prouver que nous sommes capables d’assurer notre propre sécurité et de défendre notre nation », affirme-t-elle avec conviction.

Elle appelle ainsi les jeunes filles à s’engager dans l’armée pour briser le cycle de la vulnérabilité et de la dépendance. « Si nous ne le faisons pas, qui le fera pour nous ? Nous avons des capacités que nous n’exploitons pas. L’histoire retiendra celles qui auront choisi de lutter plutôt que de subir », ajoute-t-elle.

Au-delà de l’enrôlement militaire, Patricia Syalinae propose l’instauration d’une formation obligatoire en autodéfense dès l’entrée à l’université. Elle estime que cette initiative permettrait aux étudiantes d’acquérir des compétences essentielles pour faire face aux menaces qui pèsent sur elles.

« Dans un contexte où l’insécurité gangrène nos campus et nos villes, pourquoi ne pas initier une formation physique et mentale à l’autodéfense ? Plutôt que de tolérer des pratiques dégradantes qui fragilisent les étudiantes, dotons-les des moyens de se défendre », suggère-t-elle.

Jemimah, une autre étudiante en économie, insiste quant à elle sur la nécessité de rendre l’armée plus attractive afin d’encourager un plus grand nombre de jeunes femmes à s’y engager. « Tant que l’armée ne sera pas perçue comme une institution valorisante, les femmes hésiteront à y entrer. Il est urgent que les autorités réforment l’institution militaire pour en faire un véritable levier de changement », soutient-elle.

Briser les stéréotypes et investir la sphère politique

Ces jeunes femmes dénoncent également la marginalisation des Congolaises dans les instances décisionnelles et appellent à un engagement plus marqué en politique.

« Nous devons penser à la relève. Notre classe politique est gangrenée par les antivaleurs. Si nous voulons du changement, nous devons nous engager, non seulement dans l’armée, mais aussi dans la politique, malgré les barrières qui nous sont imposées », martèle Jemimah.

Ces femmes encouragent également l’utilisation des réseaux sociaux comme un outil de sensibilisation et de dénonciation des violences, tout en alertant sur la nécessité d’une gestion responsable de ces plateformes. « Plutôt que de nous perdre dans des futilités, utilisons les réseaux sociaux pour informer, dénoncer et valoriser les compétences féminines. Ils peuvent être un véritable instrument de transformation sociale », souligne Patricia Syalinae.

Dans un pays où les femmes sont trop souvent reléguées au rôle de victimes, ces étudiantes proposent un nouveau paradigme : celui d’une femme actrice de sa propre sécurité et de l’avenir de sa nation. Leur appel dépasse la simple revendication de droits ; il incarne une volonté farouche de marquer l’histoire et de redéfinir le rôle des Congolaises dans la société.

Alors que les violences continuent de déchirer l’Est de la RDC, leur message résonne comme une injonction à rompre avec la passivité et à embrasser un engagement résolu pour la défense du pays et des plus vulnérables.

Azarias Mokonzi

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