Opinion Kisangani : le complexe scolaire de l’Union africaine scellé sur la base d’un arrêté ministériel contesté
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Kisangani : le complexe scolaire de l’Union africaine scellé sur la base d’un arrêté ministériel contesté

L'institut du BASE , patrimoine de l'UA à Kisangani ©️ Serge Sindani / BETO.CD
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 2 MARS 2026 - 15:35 WAT · 4 min de lecture
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Depuis août 2025, le Complexe Scolaire Expérimental sur l’Enfant en Milieu Africain (COSEEMA), connu sous le nom du complexe scolaire du BASE, propriété de l’Union Africaine (UA) à Kisangani, dans la province de la Tshopo, est au cœur d’un imbroglio juridique et administratif. Entre arrestations musclées et soupçons de faux en écriture, les autorités de cet établissement de l’UA dénonce une spoliation orchestrée sous le couvert d’un arrêté ministériel dont l’authenticité est aujourd’hui formellement démentie par le Journal Officiel.

L’affaire, qui prend désormais une tournure diplomatique, a débuté brutalement le 20 août 2025. Ce jour-là, le calme de l’avenue de la Justice, non loin de l’athénée de Kisangani, est rompu par l’arrivée de quatre pick-up de la Police Nationale Congolaise. Sous les ordres d’un commissaire provincial adjoint, les forces de l’ordre procèdent à l’arrestation du Directeur de l’école et de deux enseignants, avant de placer l’établissement sous scellés.

Un arrêté ministériel « introuvable »

À l’origine de cette intervention, une réquisition de force sollicitée par le Ministre Provincial de l’Éducation pour exécuter l’arrêté ministériel N° 0783/2018 du 03 mars 2018. Ce document acterait la cession de gestion des établissements du BASE (ex-Bureau Africain des Sciences de l’Éducation) à une association d’anciens fonctionnaires. Pourtant, la Direction du COSEEMA crie au scandale et parle d’un « arrêté fantôme ».

Après vérification auprès des instances compétentes, BETO.CD est tombé sur un document daté du 25 septembre 2025, où la Directrice Générale du Journal Officiel de la RDC confirme par écrit qu’aucune trace dudit arrêté n’existe dans ses archives, de 2018 à ce jour.

Official document from the Democratic Republic of the Congo dated September 25, 2023, addressed to Monsieur Luc Ngongo Ntambwe regarding a request for information on a ministerial decree related to educational establishments.
Lettre du journal officiel consulté par BETO.CD

Violation des immunités diplomatiques ?

Le dossier est d’autant plus sensible que le COSEEMA n’est pas une école privée ordinaire. Créée en 1982, elle est régie par un « Accord de Siège » entre la République Démocratique du Congo et l’Union Africaine (UA). En tant que propriété de l’Institut Panafricain de l’Éducation pour le Développement (IPED/UA), l’école bénéficie, en théorie, d’immunités diplomatiques.

En mai 2025, rapporte des sources de l’établissement à BETO.CD, une délégation de l’UA conduite par (Son Excellence) Noubatour Adoumtar s’était d’ailleurs rendue à Kisangani pour solliciter la protection de ce patrimoine auprès des autorités provinciales. Une démarche qui n’a manifestement pas suffi à freiner l’action policière trois mois plus tard.

A document certifying exemption from value-added tax, issued by the General Directorate of Taxes in the Democratic Republic of Congo. The certificate includes details such as an official reference number, the director's signature, and mentions the organization represented.
Attestation de l’IPED, patrimoine de l’UA à Kisangani

Aujourd’hui, dresse l’école, au moins :

  • 52 agents se retrouvent dans l’incertitude la plus totale ;
  • Une somme de 7 435 USD, ainsi qu’un montant non évalué en Francs Congolais (frais d’inscription et de scolarité), auraient été confisqués lors de l’opération. Le Directeur Luc Ngongo Ntambwe craint que cet argent ne soit restitué alors que les parents réclament dorénavant ;
  • et les élèves finalistes sont les premières victimes de ce « bicéphalisme » administratif, craignant pour la validité de leurs futurs diplômes : Base 1 ou Base 2 , pour qu’elle soit professionnelle ?

Face au mutisme des autorités éducationnelles locales, qui semblent craindre des répercussions politiques, la direction de l’IPED a saisi le Ministère des Affaires Étrangères à Kinshasa. « On assiste à un usage de faux de nature à porter atteinte à la sûreté de l’État », déplore Luc Ngongo, l’exploitant principal du complexe, rapproché par BETO.CD

Ce dernier interpelle directement toutes les instances compétentes de la province de la Tshopo pour obtenir la levée immédiate des scellés et la restitution des fonds, rappelant que « le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a fait de l’État de droit le pilier de son mandat ».

À l’approche des épreuves certificatives, l’urgence est signalée. Si rien n’est fait, c’est l’image de la coopération entre la RDC et l’Union Africaine qui risque de sortir durablement ternie de cette crise scolaire. Pour l’heure, malgré toutes tentatives, BETO.CD n’a pas encore obtenu la réaction des officiels de la Tshopo. À suivre !

Serge SINDANI

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