Le discours pamphlétaire de Fayulu sur le bilan annuel de l’administration Tshisekedi
Le discours pamphlétaire de Fayulu sur le bilan annuel de l’administration Tshisekedi
AFP
Dans un message adressé ce lundi 30 décembre à la nation, l’opposant Martin Fayulu a dénoncé la gestion «calamiteuse»du pays par le régime en place, soulignant les maux qui gangrènent la République Démocratique du Congo (RDC). Ce message, prononcé à l’occasion de fin d’année, met en lumière les échecs d’un pouvoir qui, selon lui, a conduit la nation vers une impasse politique, sociale et économique.
D’entrée de jeu, Fayulu a exprimé sa compassion envers les Congolais qui ont perdu des proches à cause de la maladie, des violences armées, de la pauvreté ou des accidents. Il a notamment rendu hommage à son directeur de cabinet, Jean-Claude Mwalimu Solo Sabiti, décédé en octobre dernier. L’opposant a également mis en avant la dégradation de la situation dans plusieurs régions du pays, notamment le Grand Kasaï, où les populations souffrent d’une grave crise humanitaire exacerbée par le manque de vision politique.
Une corruption endémique et une gestion calamiteuse des ressources
Fayulu n’a pas épargné l’administration Tshisekedi sur aucun aspect, dénonçant la corruption omniprésente au sein des institutions congolaises. Il a fustigé les détournements massifs de fonds publics, à travers des projets fictifs et des contrats léonins, qui ont conduit à la dilapidation des ressources du pays. « Le banditisme d’État d’une minorité prédatrice et le train de vie surréaliste des institutions doivent interpeller chaque Congolais », a-t-il martelé, appelant à l’indignation face à cette situation.
Le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle ainsi qu’a la précédente a également évoqué la situation sécuritaire catastrophique, citant la prolifération des groupes armés dans plusieurs provinces du pays, dont le M23 qui contrôle plus de 130 localités au Nord-Kivu, et les massacres perpétrés par les ADF dans l’Est du pays. Selon lui, le gouvernement reste inactif face à cette montée de l’insécurité, et l’armée, mal équipée, se trouve dans l’incapacité de protéger les citoyens.
La faillite diplomatique et la dérive tribale
En matière diplomatique, Martin Fayulu a dénoncé l’inefficacité du gouvernement face aux attaques mensongères du président rwandais Paul Kagame. « Nous sommes réduits à des salves lyriques qui frisent la comédie », a-t-il critiqué, ajoutant que la RDC est perçue à l’international comme responsable des violences attribuées aux FDLR. Il a également déploré l’absence de stratégie concrète pour répondre aux défis extérieurs.
Le tribalisme au sommet de l’État a également été un point d’attaque majeur dans son discours. Fayulu a accusé le régime de favoriser une seule tribu au détriment des autres, créant ainsi des divisions internes et des tensions sociales. Il a dénoncé des flux migratoires organisés pour renforcer une influence tribale à Kinshasa et Lubumbashi, nuisant ainsi à la cohésion nationale.
Les priorités de la nation et l’appel à l’unité
Face à ce constat accablant, Fayulu a appelé à une mobilisation nationale pour restaurer l’intégrité territoriale du pays et mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources naturelles. Il a souligné la nécessité de renforcer les forces armées, de réformer les institutions et de mettre fin aux violations des droits humains. Selon lui, la priorité doit être donnée à la reconstruction de l’État, à la révision de la loi électorale et à la mise en place de réformes ambitieuses pour garantir des élections libres et transparentes.
Le président national du parti politique ECIDé a réitéré son appel à un dialogue national, exhortant les pères spirituels à réunir toutes les parties prenantes pour œuvrer à la réconciliation et à la cohésion nationale. Fayulu a enfin exprimé son soutien à la libération des prisonniers d’opinion, dont Jean-Marc Kabund et Seth Kikuni, et a demandé la cessation des arrestations arbitraires et des intimidations à l’encontre des opposants politiques.
Gilbert NM