Politique Lualaba: Plus de 400 agents assimilés à une société de gardiennage débusqués aux portes de l’aéroport de Kolwezi
Politique

Lualaba: Plus de 400 agents assimilés à une société de gardiennage débusqués aux portes de l’aéroport de Kolwezi

Des agents d'une société de gardiennage en détention préventive. © Photo ministère de l'intérieur et sécurité du Lualaba
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 14 AOÛT 2025 - 08:38 WAT · 3 min de lecture

L’image pourrait prêter à sourire si elle n’était pas si inquiétante : plus de 400 hommes en tenue quasi-policière, bottes aux pieds et boucliers en main, installés à quelques encablures de l’aéroport de Kolwezi. Ils s’identifient comme « agents de sécurité », employés d’une société de gardiennage baptisée Congo Astral Compagny (CAC), qui appartiendrait à un ancien député et actuellement PCA de l’ONEM Yannick Lumbu.

C’est un signalement du bourgmestre de Manika, Thierry Mujinga Sambumba, qui a mis la puce à l’oreille des autorités provinciales. L’information est jugée suffisamment sérieuse pour que la gouverneure, Fifi Masuka Saini, ordonne une descente immédiate sur le terrain. Le ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité, Roy Philippe Kaumba, a été chargé de comprendre comment une telle force parallèle a pu se déployer, quasiment au nez et à la barbe des forces régulières.

Tenues saisies, suspects en détention

Dans la résidence où ces agents étaient regroupés, les policiers découvrent un arsenal vestimentaire impressionnant : uniformes ressemblant à s’y méprendre à ceux de la police, bottes réglementaires, casques et équipements anti-émeutes. Tout est saisi. Les individus, eux, sont conduits en détention préventive, le temps que l’enquête révèle qui les a recrutés et dans quel but.

Le mystère reste entier : simple manœuvre commerciale d’une société de gardiennage ou pièce d’un échiquier sécuritaire plus vaste ?

La loi ignorée

En RDC, les sociétés de gardiennage sont tenues de déclarer leurs agents et leurs affectations aux autorités compétentes. L’usage d’effets militaires ou quasi-policiers, lui, est strictement prohibé pour éviter toute confusion avec les forces de l’ordre. Autant de règles que, dans ce cas, rien ne semble avoir respecté.

Un climat d’insécurité grandissant

Cet épisode survient dans un contexte tendu. Ces derniers mois, Kolwezi a vu se multiplier les signaux d’alerte : bandits armés non identifiés, incursions dans certains quartiers, montée des actes de banditisme urbain. Pour une certaine opinion, l’affaire CAC illustre la porosité du contrôle sécuritaire et la nécessité de renforcer la surveillance autour des sites stratégiques.

En attendant les conclusions de l’enquête, la population est invitée à signaler tout rassemblement inhabituel. Dans les rues de Kolwezi, la découverte de ces plus de 400 agents laisse planer une question : qui, derrière l’ombre, orchestre cette présence aux portes de l’aéroport ? La suite des évènements nous en dira plus.

Junior Ngandu

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…