Environnement & Climat Graben albertin : des ONG demandent à Kinshasa et Kampala de renoncer à l’expansion pétrolière

Graben albertin : des ONG demandent à Kinshasa et Kampala de renoncer à l’expansion pétrolière

Une coalition d'ONG congolaises, ougandaises et internationales, emmenée par Greenpeace Afrique, écrit aux présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni pour réclamer la transparence sur des discussions pétrolières autour du lac Albert et l'abandon de tout nouveau projet.

Graben albertin : des ONG demandent à Kinshasa et Kampala de renoncer à l’expansion pétrolière
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 8 JUILLET 2026 - 19:45 WAT · 3 min de lecture

Une coalition d’organisations non gouvernementales congolaises, ougandaises et internationales a adressé une lettre ouverte aux présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni. Portée par Greenpeace Afrique et rendue publique samedi 4 juillet, elle demande aux deux chefs d’État de garantir une transparence totale sur les discussions en cours autour du développement pétrolier dans le Graben albertin et de renoncer à tout projet d’expansion susceptible de menacer les communautés et les écosystèmes transfrontaliers.

La démarche intervient alors que plusieurs sources font état de discussions entre Kinshasa et Kampala sur une coopération dans les hydrocarbures autour du lac Albert. Les signataires réclament que toute décision affectant les terres, les droits humains et les moyens de subsistance des populations respecte le principe du consentement libre, préalable et éclairé des communautés concernées.

Le cœur de l’argumentaire est climatique. « Le Bassin du Congo constitue l’un des plus importants remparts contre la crise climatique mondiale. Étendre les projets pétroliers dans des écosystèmes aussi sensibles compromettrait non seulement les engagements climatiques de nos États, mais également les droits et l’avenir de millions de personnes qui dépendent directement de ces ressources naturelles », a déclaré Toussaint Molenge, chef de projet de la campagne forêt du Bassin du Congo chez Greenpeace Afrique.

L’ONG rappelle que les projets pétroliers déjà menés dans la région des Grands Lacs ont soulevé des préoccupations environnementales, sociales et de droits humains, et qu’une nouvelle expansion accentuerait la pression sur des milieux d’une valeur écologique exceptionnelle : le lac Albert, le lac Édouard, la rivière Semliki et le Parc national des Virunga. La liste des demandes est précise. « À travers cette lettre ouverte, la coalition demande notamment aux gouvernements de la RDC et de l’Ouganda de rendre publics les accords conclus, de clarifier la nature des discussions sur les hydrocarbures, de garantir des consultations inclusives avec les communautés concernées, de publier des évaluations indépendantes des impacts environnementaux, sociaux et climatiques, et de protéger durablement les écosystèmes transfrontaliers », a ajouté Toussaint Molenge.

La question dépasse le seul enjeu écologique. Le Graben albertin longe une frontière déjà fragilisée par l’insécurité dans l’est de la RDC, et le Parc des Virunga, classé au patrimoine mondial, est de longue date un point de friction entre conservation, exploitation des ressources et présence de groupes armés. À ce stade, ni la présidence congolaise ni son homologue ougandaise n’ont publiquement détaillé la teneur des discussions évoquées, ni confirmé un quelconque projet d’exploitation.

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B
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