Politique Le « non merci » de Denis Mukwege à Edem Kodjo

Le « non merci » de Denis Mukwege à Edem Kodjo

Dans une interview le 4 novembre dernier au journal belge Le Soir, le célèbre gynécologue congolais Denis Mukwege est longuement revenu sur les raisons l'ayant poussé à refuser de participer au Dialogue politique qui s'est terminé le 18 octobre à Kinshasa.

Le « non merci » de Denis Mukwege à Edem Kodjo
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 14 NOVEMBRE 2016 - 14:31 WAT · 3 min de lecture

Le Docteur Mukwege est de nouveau en Europe, après une d’une longue tournée qui l’a mené au Japon et en Corée, où il a notamment  remporté 13ème prix Prix de la paix de Séoul. En Belgique, le médecin chef de Panzi a accepté de commenter l’actualité congolaise de l’heure avec la journaliste Colette Braeckman du Soir.

Revenant sur son refus de participer au Dialogue politique initié à Kinshasa par le président Joseph Kabila, lequel a été également boycotté par une large coalition des opposants regroupés derrière Etienne Tshisekedi, le Docteur Mukwege affirme avoir été invité par le facilitateur de l’Union Africaine, Edem Kodjo, mais qu’il lui a dit: « non merci ».

« J’y étais invité par M. Kodjo, mais j’ai dit +non merci+ Il y a cinq ans que le président a tout fait pour aboutir à un tel résultat, une prolongation de fait de son mandat », a-t-il expliqué. Avant d’ajouter: « Je suis légaliste, la Constitution est claire. Elle prévoit que le chef de l »’Etat dispose d’un mandat renouvelable une fois. Pas deux. Donc, deux fois cinq ans, cela fait dix. Pas onze, par douze… C’est très clair. Pour moi après 1O ans le président est définitivement empêché par la Constitution… Tout le reste c’est de la tricherie. S’il y a empêchement définitif, constitutionnel, la loi est claire : c’est le président du Sénat qui doit assurer la fonction de chef de l’Etat. Point final. »

« Pourquoi faudrait-il, en lui permettant de rester plus longtemps au pouvoir, remercier un chef de l’Etat qui n’a pas tenu ses promesses constitutionnelles qui étaient d’organiser les élections ? » s’interroge le gynécologue congolais.

Quand on lui demande s’il pense se présenter à la prochaine présidentielle, Denis Mukwege botte en touche, préférant, selon lui, « Se battre pour les libertés fondamentales, pour la justice, lutter contre l’impunité« .

« Les gens ne cessent de penser au toit, alors qu’il faut d’abord construire les fondations. Se battre pour les libertés fondamentales, pour la justice, lutter contre l’impunité. Mon combat aujourd’hui porte sur la liberté, la justice, la paix et le développement durable qui vont permettre au peuple congolais de retrouver la dignité perdue. Lorsque ces valeurs sont mises en place on pourra mettre au sommet des gens qui auront des bases solides…Il faut d’abord éveiller la conscience, faire démarrer une révolution morale, éthique…« , explique le Docteur Mukwege.

 

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B
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